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APPEL AU SURSAUT REPUBLICAIN : Armand Ouali et ses camarades persistent, « notre analyse est juste »

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Ceci est une déclaration des signataires de l’Appel au sursaut républicain du 22 décembre 2015. Dans cette présente, Louis Armand Ouali et ses camarades cosignataires de l’appelle estiment que le temps leur a donné raison. Lisez! 

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" AINSI DONC, NOTRE ANALYSE EST JUSTE…

 I – INTRODUCTION

En politique, plus qu’ailleurs, le leadership rime avec clairvoyance. Un leader politique c’est essentiellement, un responsable politique qui a la capacité de faire une juste analyse des situations conduisant à une vision prospective juste.

Le 22 décembre 2015, les signataires de l’appel au sursaut républicain ont pris date avec l’Histoire.

Convaincus que leur vision est juste, ils ont, sagement, attendu que les faits, le déroulement de l’Histoire confortent leur position.

Moins d’une année après, la quasi-totalité de la presse d’investigation confirme la justesse de leur analyse.

Lecture croisée de l’appel du 22 décembre 2015 et de la presse.

II – LA FAUSSE JUSTIFICATION DU POSITIONNEMENT DE L’UPC

« Exiger de l’UPC ou de toute autre parti membre de l’ex CFOP de se coaliser avec tout ou partie des partis politiques que l’ex CFOP a combattus et vaincus, pour que le Burkina Faso vive une démocratie (vraie ? moderne ?) exemplaire, relève d’un raisonnement politique singulier » ( cf l’appel au sursaut).

Dans sa livraison n°900 du lundi 10 octobre 2016, Bendré s’interroge : « Les insurgés et les victimes de l’insurrection, côte à côte, dans la même institution, en train de se battre pour l’enracinement de la démocratie, pour l’avènement d’une justice indépendante et d’une presse libre au Burkina ? ». Idrissa Ouédraogo conclut : » A l’allure ou vont les choses aujourd’hui, ceux-ci (les nombreux burkinabè qui n’y ont jamais cru) semblent bien avoir eu raison ».

Avant Bendré, Le Reporter ne disait pas autre chose dans son numéro 197 du 1er au 14 septembre 2016 : « l’opposition politique dans son ensemble est aujourd’hui un énorme piège pour son chef de file. En effet, comment continuer à prétendre être à la fois le porte étendard authentique des insurgés et en même temps de ceux qui ont été à la base de l’insurrection ? Comment être celui qui rassemble l’opposition dans toutes ses composantes tout en prétendant être un fidèle défenseur de l’insurrection que certains partis membres qualifient de coup d’Etat ?.... Cette gymnastique risque de lui porter fortement préjudice ».

III – LE CDP N’EST PAS MANIPULABLE

Pour les signataires de l’appel du 22 décembre 2015 : « Il ne faut pas se faire d’illusions. Dans toute alliance contre nature aucun parti politique, membre de l’ex CFOP, ne peut faire de l’ombre au CDP seul, à fortiori, au CDP et ses alliés ».

Pour nous donc, il a toujours été évident que « le CDP n’est pas dans la posture de jouer les seconds rôles » (L’Evénement n°334 du 25 septembre 2015). Pour Mutations, la situation est même plus grave : « La stratégie de rapprochement avec le CDP et ses alliés n’a visiblement pas profité à l’UPC…Zéphirin Diabré avait une marge de manœuvre étroite… Sa stratégie politique, profitait plus au CDP qu’à l’UPC. Le président de l’UPC ne veut plus prendre donc des risques pour compromettre ses chances et a certainement compris qu’il s’est laissé longtemps manipuler… » (numéro 111 du 15 au 31 octobre 2016).

Zéphirin Diabré s’est trompé lourdement. Sauf à croire que son objectif final consistait à utiliser le CDP et ses alliés pour la « conquête commune de certaines communes » (interview au Quotidien n°1745 du mercredi 7 septembre 2016).

Sur le positionnement de l’UPC et la force du CDP, les signataires de l’appel du 22 décembre 2015 soulignent « Il faut donc savoir raison gardée en respectant le CDP et ses alliés. Ils n’ont besoin d’aucun parti de l’ex CFOP pour constituer à l’Assemblée nationale, l’opposition parlementaire solide tant souhaitée par nous tous ».

C’est même mieux avec la naissance  du « troisième pôle du paysage politique burkinabè, la CODER (Coalition pour la Démocratie et la Réconciliation Nationale)(L’Evénement n° 336 du 25 octobre 2016).

IV – LA « CHUTE » DU MPP

« La chute »  du MPP, avec ou sans la complicité de tout ou partie des partis politiques de l’ex CFOP, ne profitera à AUCUN desdits partis et évidemment ne sera d’aucun bénéfice pour la sauvegarde de la mémoire des insurgés ».

Trois jours après, L’Evénement répond en écho à l’appel au sursaut : « L’échec du MPP ne profitera pas » à  l’UPC  (numéro n° 317 du 25 décembre 2015).

V – LE VRAI FAUX DEBAT SUR LA QUESTION DES PROGRAMMES

Nous avons tranché très clairement dans la déclaration datée du 22 décembre 2015 : «  …   Si c’est la volonté de servir les intérêts du peuple qui prédomine sur toutes autres considérations, une plateforme minimale pour gouverner ensemble peut être trouvée comme ce fut au CFOP ».

« Sur des questions fondamentales, ces deux partis (UPC et MPP) n’ont pas de divergences, ont vite conclu de nombreux insurgés…L’UPC n’allait pas faire mieux si elle était à la place du MPP » (Mutations n°108 du 1er au 14 septembre 2016).

VI – LE SERMENT DU CANDIDAT DIABRE

C’est le premier point de l’appel du 22 décembre 2015. Il est constitué des déclarations du candidat DIABRE relativement aux valeurs défendues par les martyrs de l’insurrection et au rôle historique des partis politiques qui s’en réclament. Les signataires l’ont supplié, sans succès, de s’en souvenir.

            Au lendemain de sa défaite, il a fait fi de ses propres déclarations et ce qui devait arriver arriva : « Lors des conférences de presse du CFOP, on sentait l’inconfort de Zéphirin Diabré face à certaines questions. L’homme hésitait entre l’adoption d’une posture qui pourra plaire aux insurgés et celle qui ne froissera pas ses nouveaux camarades issus de l’ex front républicain » (Bendré n°900). Pour Le Reporter : « Avec cette sortie, la coalition Zeph 2015 ne fait pas mieux que le pouvoir MPP. Tout comme le MPP, ils sont en train de verser la figure des insurgés par terre. Peut-on raisonnablement organiser une conférence nationale des insurgés sans le MPP ?... En quoi cette coalition incarne plus la défense des acquis de l’insurrection populaire que le MPP ? En tous les cas, la sauvegarde des acquis de l’insurrection ne saurait constituer un programme politique d’autant plus que le MPP soutient être engagé dans ce sens. Les insurgés dans leur grande majorité commencent à s’inquiéter de l’incapacité des acteurs à penser le changement en dehors de leur propre personne » (numéro 197). Dans son numéro 108, Mutations annonce ce « nouveau virage de Zeph » et le journaliste pose la question de savoir si avec cette conférence des insurgés annoncée le 26 août 2016, l’UPC arrivera à rompre son isolement dans la galaxie des insurgés. « Zéphirin Diabré reprend sa casquette d’insurgé. C’est une posture tellement rare chez lui qu’elle suscite de la curiosité  et des interrogations… Autre impaire politique commise par Zeph et son parti a consisté à s’éloigner des acteurs clés de l’insurrection populaire et de la défense des idéaux pour lesquels l’ancien pouvoir a été chassé… Avec cette annonce phare des vacances, organiser une rencontre des acteurs  de l’insurrection… Zéphirin Diabré tente d’inverser la tendance en sa faveur. Il essaie surtout de sortir d’un triple isolement dans lequel il a placé son parti depuis des mois. D’abord vis-à-vis de ses anciens alliés du CFOP… Autre isolement, c’est vis-à-vis de l’opinion publique…De nombreux insurgés, membres ou non des OSC reprochent à l’UPC d’avoir aussi déserté le terrain de la lutte…Enfin, un autre isolement et non des moindres, c’est avec une bonne partie des militants et cadres du parti qui sont mal à l’aise avec le positionnement de l’UPC dans l’espace politique actuel…Même si les instances du parti ont tranché en faveur du maintien du parti dans l’opposition, la question a beaucoup ébranlé le parti…Maintenant, il reste à savoir si Zeph pourra réellement rassembler autour de lui les acteurs clés de l’insurrection… La plupart des OSC ne semblent pas enthousiastes. Elles se voient vilipendées par le président de l’UPC qui les accuse toutes de rouler pour le pouvoir. Il insinue même qu’elles ont été achetées ».

La grossière tentative de récupération politique du président de l’UPC a échoué. Encore un échec.

VII – ALORS QUID DE 2020 ?

Zéphirin Diabré lui-même a tranché.

La douzaine de partis et de formations politiques qui constituent avec l’UPC la Coalition des Forces Démocratiques pour un vrai Changement (CFDC) a présenté des listes dans 22 communes sur les 365 et obtenu…. Dix-sept (17) sièges sur les dix-neuf mille cent cinquante-deux (19.152).

Aucun de ces partis n’a présenté de candidat à l’élection présidentielle du 29 novembre 2015 et aucun n’est représenté à l’Assemblée nationale.

Avec une telle puissance de frappe politique (en voie d’élargissement ?), le candidat naturel de l’UPC, Zéphirin Diabré, est assuré de remporter l’élection présidentielle en 2020.

Sauf que le candidat lui-même ne se fait aucune illusion. A plusieurs reprises, Zéphirin Diabré n’a cessé de souligner que : « si à part moi, deux ou trois autres candidats de l’ex opposition avaient réussi à fidéliser un électorat à hauteur de seulement de 5% des suffrages, il y aurait eu un deuxième tour » (Le Quotidien n°1745 du 7 septembre 2016). Au mois d’octobre, le même Diabré (sans égards pour ses alliés) enfonce le clou : »Quand on regarde le score à la présidentielle, ça dégringole avec des zéros ou des « un virgule quelque chose ». Cela dénote d’un manque de représentativité… » (L’Observateur Paalga n°9226 du 21 au 23 octobre 2016).

Quel membre de la coalition peut « fidéliser un électorat à hauteur de seulement 5%  des suffrages? »  Lequel peut éviter que les scores à la présidentielle ne dégringolent avec des zéros ou des « un virgule quelque chose » ? Par ailleurs, pourquoi Diabré a-t-il choisi un chef de parti qui a obtenu zéro conseiller  municipal pour représenter l’opposition extra-parlementaire à la CENI ? Pourquoi a-t-il ignoré ses soutiens extra-parlementaires qui ont obtenu les 17 sièges ?

Comme en plus Zéphirin Diabré, dans l’interview reconnait que du point de vue de l’implantation, l’UPC est « en retard vis-à-vis de MPP qui a récupéré 80% du CDP », que l’UPC  était « en deçà du niveau du MPP » en matière de mobilisation financière, etc, autant dire que pour 2020, les jeux ne sont pas loin d’être faits, à moins  d’un …miracle.

VIII – EN GUISE DE CONCLUSION

A moins que les directeurs de publication et les journalistes de Bendré, L’Evénement, Mutations, L’Opinion, Le Reporter ne « s’agitent pour des raisons alimentaires » ou que « les responsables du MPP n’aient « fermé  leur gueule » (cf l’Opinion n°962 du 08 au 14 septembre 2016), il faut se rendre à l’évidence :

8-1 : « L’UPC ne fait plus rêver la jeunesse et tous ceux qui croyaient à la ligne de rupture de ce parti » (Mutations n°102). « Le parti du lion » ne fait plus rêver avec ses élus et ses militants épinglés dans des scandales financiers, dans des fautes de gestion » (Mutations n°107).

8-2 : « Zéphirin Diabré est dans une posture politique très difficile, voire délicate….un véritable dilemme ; une posture qui engage son avenir politique » (Le faso.net du 08 septembre 2016).

8-3 : L’Opinion est impitoyable dans son numéro 962 : « On le pensait plus politique, réfléchi et rassembleur, mais Zéphirin Diabré ne cessera de dérouter les burkinabè, démocrates convaincus, baladant les uns et les autres sur la stature réelle à lui conférer ».

8-4 : « Au risque de provoquer la colère de certains politiciens qui n’existent que par les déclarations et les conférences de presse, l’on peut affirmer que Zéphirin Diabré n’a pas encore tiré leçon de son échec à la présidentielle de 2015. Il n’y a pas l’ombre d’un doute ! Il faut craindre qu’il ne continue à détruire le peu de crédibilité qui lui reste…Avec une telle coalition, Zéphirin Diabré ne peut espérer mieux que d’être un expert de la critique et de l’opposition systématique » (Le Reporter numéro 197), autrement dit « un docteur es management des oppositions » (Journal du jeudi n°1302 du 1er au 06 septembre 2016).

8 -5 : Pour rebondir, Zéphirin Diabré peut-il espérer une sortie honorable sous la forme d’un hypothétique gouvernement d’union nationale ? Raisonnablement, rien de moins sûr car « la nation n’est pas en péril » (Le Reporter numéro 199).

8 – 6 : Pourra-t-il se transcender et avec humilité entendre et écouter les sages conseils de Boubacar Elhadji (Bendré numéro 899 du 03 octobre 2016) ?  

8 – 7 : « Absence de véritable vision politique, obsession du pouvoir, maladresses, hésitations, ruses, passivité, inconséquence, incohérence, inconstance, manque de lisibilité, refus de s’assumer, double langage, précipitation, etc » Bref, l’UPC est devenue un…immense gâchis politique.

8 -8 : « Sauf à vouloir entrer dans l’Histoire à reculons, la place de l’UPC est et demeure aux côtés du MPP », ont conclu les signataires de l’appel au sursaut républicain. Comme le MPP au pouvoir, c’est le faux changement, logiquement  l’UPC œuvrera à le vaincre pour asseoir le vrai changement. La tâche s’annonce titanesque. Le doute commence à s’installer. Pour les plus lucides, le découragement n’est pas loin.

8 -9 : L’appel au sursaut républicain du 22 décembre 2015 avait pour seul objectif de prévenir et éviter cet énorme gâchis politique qu’est devenue l’UPC.

L’Histoire a acquitté les signataires de l’Appel. Ils sont donc plus déterminés que jamais à continuer le combat pour l’avènement d’une démocratie républicaine et citoyenne.

Ils ont élargi la réflexion et l’action à TOUS les démocrates et progressistes qui aiment le Burkina Faso."

Ouagadougou, le 7 novembre 2016

Pour les signataires : Louis Armand Mihyemba OUALI

Aimé Nabaloum

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