Le Reporter

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Encore une foire aux bonnes intentions ? Du 24 au 28 mars 2015, se sont tenus à Ouagadougou, les états généraux de la Justice. Annoncés comme le prétoire dans lequel devait se discuter les grands maux qui minent la Justice au pays des Hommes intègres et surtout d’où devait être prise la sentence définitive contre l’impunité des crimes économiques et de sang, ces états généraux ont accouché d’un « Pacte national pour le renouveau de la Justice ». Mais ça change quoi au fond ?
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Les choses semblent revenir lentement à l’endroit dans cette Transition. On commençait à craindre un nouveau autre rendez-vous manqué avec la démocratie, la justice ou tout au moins avec la fondation pour la reconstruction du pacte républicain. On commençait aussi à s’inquiéter du silence de certains acteurs. Les autorités de la Transition s’étaient lancées dans des slogans et des discours qui avaient convaincu les acteurs de l’insurrection qu’ils pouvaient vaquer tranquillement à leurs occupations. Le gouvernement de la Transition devait faire le nécessaire pour redresser le pays et le conduire vers un renouveau démocratique. Mais à l’épreuve du terrain, elles ont montré leurs limites. Il faut remercier le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) dont les agitations ont réveillé les acteurs de l’insurrection pour, d’une part, protéger la Transition, et d’autre part, lui mettre la pression pour la prise de mesures…
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Inclusion et réconciliation nationale d’accord, mais vérité et justice d’abord Décidément, la Transition a mal à sa gouvernance et à l’impunité ambiante. Plus le temps passe, plus le duo Kafando – Zida montre des signes inquiétants d’impuissance et d’incapacité à répondre aux attentes citoyennes de plus de justice et de gouvernance éthique. Jusque-là, la publication des déclarations des biens des membres du gouvernement (qui ont pourtant été faites par tous les ministres) semble buter à une certaine volonté de se défiler du devoir de transparence exigé par la Charte de la Transition. Ensuite, aucun acte visible n’a été posé jusque-là dans le sens de traquer les biens mal acquis des anciens dignitaires. Bien au contraire, certains continuent de chiffonner les caisses de leurs entreprises en transférant par des moyens détournés des fonds hors du pays. Pendant ce temps, que fait le gouvernement ? Au contact de la réalité, il se serait…
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La grosse déception du REN-LAC Au lendemain de l’insurrection populaire, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), conscient du grand pillage des ressources publiques par les dignitaires du régime corrompu de Blaise Compaoré, avait lancé un appel aux autorités de la Transition en vue du gel et du recouvrement des avoirs volés au peuple. Un appel qui semblait avoir eu un écho favorable auprès des premiers responsables de la Transition. A maintes reprises, ceux-ci s’étaient engagés publiquement à tout mettre en œuvre pour recouvrer ces biens spoliés. Mais dans la pratique, que de déceptions ! Près de 4 mois après, les responsables du réseau notent avec amertume qu’au-delà des déclarations de bonnes intentions, rien de concret n’a été fait sur le terrain dans le sens de ce recouvrement. Pire, les chances de parvenir à un recouvrement optimum de ces avoirs s’amenuisent avec le temps qui s’écoule. Face à cette préoccupante situation,…
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La communauté internationale et certains observateurs se satisfont du bon déroulement de la Transition au Burkina Faso. Mais attention, les racines du mal-être burkinabè qui avait conduit à l’insurrection semblent restées intactes, ou du moins, toujours susceptibles de repousser. Le baobab est tombé mais pas complètement déraciné. Assommés par le réveil du peuple, Blaise Compaoré et ses courtisans et autres sicaires, ont mis du temps (deux mois) avant de tenter de relever de leur chute brutale. La gouvernance de la Transition avec l’oubli de la vérité et de la justice, semble leur redonner progressivement confiance. Ils sortent du bois pour reprendre de l’initiative. Loin de tirer les leçons de la déstructuration de la société voulue et réalisée par leur champion, certains anciens caciques du pouvoir Compaoré continuent de faire dans la provocation. Mais ce n’est pas surprenant. Ils ne savent pas faire la politique autrement que de chanter les louanges…
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Manipulations, tentatives de complots ou de prise d’otage ! Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) s’est tiré une balle dans le pied, le mercredi 4 février. Nous avons, maintes fois, évoqué l’incompatibilité entre cette unité de l’armée telle qu’elle est aujourd’hui (voulue et formatée à l’image et à l’aune des intérêts de Blaise Compaoré) et l’ordre républicain. Elle ne peut donc rester dans la république sans des réformes en profondeur pour la réorienter. En perturbant le fonctionnement des institutions de la transition au prétexte de revendications d’ordre hiérarchique, certains officiers et éléments du RSP ont simplement défié le peuple et exprimer leur volonté de d’imposer par la force des hommes de leurs choix dans le gouvernement et la hiérarchie de leur unité. C’est l’interprétation que l’on peut avoir de l’exigence de la démission du premier ministre et du chef d’Etat-major particulier de la présidence du Faso, tous deux nommés par décrets…
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La Transition piégée par les survivances du système Compaoré Faut-il s’inquiéter de l’évolution de la transition ? La question mérite d’être posée, tant l’euphorie née de l’insurrection populaire est en train de se muer progressivement en désillusions. Plus le temps passe, plus l’impression qui se dégage est que (n’ayons pas peur des mots) l’exécutif de la transition ne semble pas à la hauteur de la tâche, à moins qu’il n’y ait des agendas cachés. Du point de vue de la gestion quotidienne de l’Etat, l’on a encore du mal à sentir la différence avec les pratiques du régime déchu, excepté quelques « mesurettes » sans effets significatifs sur les conditions de vie des Burkinabè. Passé le temps des promesses, voici venu celui du silence incompréhensible, même lorsque les situations exigent une prompte réaction. Sans doute affaibli par ses choix hasardeux des hommes et surtout par les remontrances de sa base sociale, le Premier…
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Vite, il faut sauver la Transition Plus rien ne sera comme avant ! C’est désormais la chanson de tous les Burkinabè, aussi bien des gouvernants que des citoyens. Mais les attitudes et pratiques des principaux animateurs des organes de la Transition (gouvernement et Conseil national) laissent transparaître que tout le monde n’est pas si convaincu qu’effectivement plus rien ne devrait être comme avant. Pour certains, c’est juste un slogan pour faire plaisir. Heureusement qu’il y a d’autres, plus nombreux d’ailleurs, qui croient fermement que tout doit être mis en œuvre pour tourner définitivement la page des 27 ans de règne de la gabegie, de la corruption, de la concussion, du déni de justice, du pouvoir personnel et des réseaux de coterie, bref, de la patrimonialisation de l’Etat. Les premiers croient qu’il faut laisser les autorités de transition aller dans tous les sens avec des nominations de complaisance, l’opacité et le flou…
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Un ex-prisonnier dans le gouvernement Zida Nul ne devrait faire partie du gouvernement de transition s’il ne jouit d’une probité et d’une moralité irréprochables.la charte de la transition est pourtant bien claire sur la question, en son article 15. Au regard de ces exigences, on peut légitimement s’interroger sur la présence de certaines personnes dans ce gouvernement. C’est le cas du ministre des infrastructures, du désenclavement et des transports, Moumouni Dieguimdé. Ce monsieur est d’une moralité visiblement douteuse. il a été maintes fois épinglé dans des cas manifestes de faux et usage de faux (cf. le Reporter n°79 du 1er au 14 octobre 2011 et n°81 du 1er au 14 novembre 2011). Mais il n’y a pas que ça. Moumouni Dieguimdé est un repris de justice. Dans une autre vie aux Etats-Unis d’Amérique, dans les années 90, il a été condamné à une peine de prison ferme par la Justice…
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