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DEVELOPPEMENT DURABLE AU BURKINA : Effet de mode ou ferme engagement ?

29 novembre 2016 Auteur :   Aimé NABALOUM

Les différents intervenants au débat ont été unanimes que la notion du développement durable est souvent employée dans les discours sans que beaucoup ne s’interrogent sur sa pertinence. Pour eux, le développement durable ne saurait rimer avec un effet de mode au Burkina Faso. Le pays n’a d’ailleurs pas d’autre choix que de s’engager résolument et de renforcer ses actions sur cette lancée. Ainsi, le développement durable est cette action qui consiste à amener les peuples vers un développement véritable en alliant et l’environnemental, l’économique et le socio-culturel. En outre, toute action de production ou de développement devra tenir compte non seulement de la génération présente, mais aussi de celle à venir. Mais qu’en est-il du cas du Burkina ? Pour le représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) Omar Ndiaye, la coordination des Nations unies au Burkina Faso a fait de la question du développement durable son cheval de bataille.

Ainsi, de nombreux projets et programmes sont accompagnés par l’organisme international qui n’entend d’ailleurs pas en rester là. C’est dans ce sens qu’il dira que le développement durable au Burkina est un ferme engagement au regard des missions assignées à l’organisme mondial. De l’élaboration de la Politique nationale de développement durable (PNDD) au Programme national de développement économique et social (PNDES), en passant par la gestion durable des terres, l’Initiative pauvreté environnement (IPE) et le Programme d’investissement forestier (PIF) etc, le PNUD y a sa touche. Il a en outre annoncé que le PNDU avait initié une étude sur l’industrie verte dont les résultats pourraient être connus bientôt. Pour Rasmané Ouédraogo du Conseil national pour l’environnement et le développement durable CONEDD, s’il faut que le développement durable soit le fait d’un effet de mode, il faudra que les acteurs oeuvrent au changement positif des indicateurs actuels. Sinon, il a embouché la même trompette que le PNUD pour dire que les actions faites par le Burkina Faso poussent à accepter que le développement durable n’est pas un vain mot mais un engagement matérialisé sur le terrain.

Quant à l’économiste Issaka Sombié, enseignant-chercheur à l’Université Ouaga II, il a émis des bémols. Des doutes existent quant au réel engagement, surtout le manque d’implication du budget national et du secteur privé. Pour lui, si les puissances et les organismes soutiennent toujours les actions du développement durable, la question qui se pose est de savoir jusqu’à quand ces soutiens dureront-ils ? Il a dans ce sens appelé à une implication plus accrue des budgets de l’Etat et du secteur privé. Le ministère de l’Environnement, à travers Roger Barro de la Direction générale de la préservation de l’environnement, dira que le développement ce sont des actions au quotidien, individuelles et collectives, c’est aussi l’éducation. Il est également ressorti au cours des débats qu’une étude est en cours sur la fiscalité environnementale afin d’amener les sociétés minières à s’inscrire également dans la logique de la préservation de l’environnement, un des pans du développement durable. Quant au PNUD, il promit des séminaires, gouvernemental et parlementaire afin de sensibiliser ces derniers et de plaider pour une meilleure prise en compte des paramètres du développement durable dans toutes les décisions.

En définitive, la réponse à la question « effet de mode ou ferme engagement » est positive. Toutefois, il faudra encore faire plus dans la sensibilisation et la prise de mesures coercitives pour embarquer toute la communauté. Le directeur exécutif de Naturama, Idrissa Zéba, et le président de l’association Média’Vert, Georges Sawadogo, entendent rééditer d’autres « débats sur l’environnement ».

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