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Nomination de Chériff Sy: un début de réhabilitation de la Transition

10 juillet 2017 Auteur :  

Ceux-ci ont oublié déjà tous les déboires du Premier ministre de la Transition qui aura tout perdu en un an. Même son statut de militaire. Il est même contraint à l’exil. D’autres citoyens qui voient le diable partout estiment que toute collaboration avec le régime en place constitue un acte de haute trahison. Pour ceux-ci, il faut fuir ce pouvoir comme la peste. A leurs yeux, le pouvoir en place est une continuité du régime Compaoré avec ses pratiques et cultures politiques de la prédation et de la patrimonialisation de l’Etat.

Mais ce que tous ces parangons de la vertu ou prétendus tels oublient ou feignent d’oublier, c’est que le MPP et les tenants actuels du pouvoir ont apporté une contribution déterminante à la chute de Blaise Compaoré et à l’espoir du renouveau. Faut-il leur en vouloir d’avoir participé à chasser Blaise Compaoré pour récupérer le pouvoir ? Ne doit-on pas plutôt se demander pourquoi le peuple électeur a préféré les anciens compagnons de Blaise Compaoré à tous les autres candidats ?

Bref, comme à leurs habitudes, certains Burkinabè refusent de se poser les vraies questions. Quel est le contenu du Haut Représentant du président du Faso ? Quelles seront ses missions ? Chériff Sy a-t-il le profil requis au regard des missions ? Est-ce que la création de ce poste est compatible avec la Constitution ? Quelle plus value pour la gouvernance de l’Etat faut-il attendre ? Ce sont autant de questions qui devraient susciter des débats dignes d’intérêts. Mais sans attendre d’avoir le contenu exact du décret, certains sont tombés à bras raccourcis sur Chériff Sy qu’ils ont accusé de tous les péchés d’Israël. Ces derniers ne manquent pas d’exprimer leur déception, par le simple fait qu’il ait accepté cette nomination.

Sans vouloir jouer à l’avocat du diable, il apparaît important de se donner les moyens de pouvoir juger Chériff Sy sur la base des faits. Car, comme c’est au pied du mur que l’on reconnaît le vrai maçon, c’est dans l’exercice de ses fonctions de Haut Représentant du président du Faso que l’on pourrait apprécier son action. L’on pourrait alors, sur la base de faits précis, affirmer sans risque de se tromper, qu’il a trahi les espoirs. S’il a accepté le poste, c’est qu’il juge, à son âme et conscience, qu’il peut y poursuivre sa contribution au renforcement de l’Etat de droit. Car, si le souci c’est d’avoir un poste, il aurait pu négocier bien d’autres choses à la fin de la Transition.

Par contre, cette nomination de Chériff Sy pourrait être perçue comme une réhabilitation de la Transition. En effet, après toutes ces cabales dont la gouvernance de la Transition a été l’objet, cette nomination vient confirmer que l’ancien président du Conseil national de transition (CNT) a démontré sa stature d’homme d’Etat et peut continuer de servir son pays au plus haut niveau. D’autant plus que ces détracteurs se recrutaient aussi dans les rangs du MPP. Comme on le voit, le temps est l’autre nom de Dieu. Tous ces excités qui avaient commencé à égrener des chapelets d’actes de mauvaise gestion de la Transition doivent ressortir leurs statistiques et faire une analyse comparée avec la première année d’exercice du pouvoir par le MPP. C’est à peine si certains zélés du pouvoir ont conscience des sacrifices consentis par les dirigeants de la Transition pour parvenir à préserver le pays du précipice au cours de ces 13 mois de braise.

En tous les cas, plus que quiconque, le nouveau promu sait ce qui l’attend. Il sait certainement qu’il porte l’espoir de beaucoup de ses compatriotes. Il ne peut et ne doit décevoir ces espoirs. Jusque-là, il a montré qu’il est un homme que l’on n’embarque pas dans n’importe quel jeu politique. Bon vent au nouveau promu et vivement que son action apporte une plus value à la vie publique nationale.

Boureima OUEDRAOGO

Boureima Ouédraogo

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