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ATTAQUE TERRORISTE SUR KWAME N’KRUMAH: « J’ai pensé que les terroristes n’étaient pas assez fous pour revenir… » Témoin

29 septembre 2017 Auteur :  

ZA a un bureau non loin de l’avenue Kwamé N’krumah. Il a vécu les évènements de cette nuit dans la peur et l’inquiétude. Le début de l’attaque terroriste du Café Aziz Istanbul  l’a trouvé en train de travailler dans son bureau. Il a donc été pris au piège par hasard, dans son bureau dans l’angoisse, la peur et surtout dans l’impossibilité de mettre le nez dehors pour savoir exactement ce qui se passait, au risque d’être pris pour cible soit par les terroristes soit par les unités d’intervention. Il raconte sa galère de la nuit, dans l’anonymat.

 

Le Reporter : Où étiez-vous ce soir-là ?

ZA : Ce soir-là, je suis arrivé au bureau vers 16h pour préparer l’édition du lundi. Rien de suspect ! J’ai travaillé jusqu’à 21h. C’est à cette heure que je m’apprêtais à partir. Il faut dire que jusque-là, l’environnement est resté silencieux. A un moment, j’ai entendu un bruit de moto. Puis des coups de feu continus. Je ne sais pas si c’était l’effet des mûrs, mais j’ai cru que les coups de feu éclataient partout à la fois : Bravia Hôtel, Kwamé N’krumah, aéroport… J’ai cru entendre les tirs provenant d’un PA à proximité de mon bureau qui doit être à environ 200 mètres du Café Aziz Istanbul. 

A quoi avez-vous pensé à ce moment-là ?

J’ai d’abord pensé à une attaque terroriste. Mais j’ai trouvé cette idée absurde puisque dans mon entendement, les terroristes ne seraient pas assez fous pour revenir dans un endroit déjà attaqué et donc logiquement plus protégé. Mais je me trompais. Puis j’ai pensé à un braquage. C’était plus probable pour moi. Ou alors un mouvement d’humeur des Forces de sécurité ou de défense. Les hypothèses étaient  nombreuses.

Qu’avez-vous opté de faire ?

Ne sachant laquelle des hypothèses était bonne, j’ai décidé de suivre la voix de la prudence : portes closes et lumières éteintes. Sortir n’était pas prudent, puisque je ne savais pas qui était là dehors. Puis l’attente a commencé avec les bruits des armes qui ont continué de 21h à 4h.

Propos recueillis par AN

 

Aimé Nabaloum

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