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UNIVERSITEDEKOUDOUGOU : Les enseignants, l’administration et les 19 millions

05 avril 2017 Auteur :  

Aujourd’hui encore, des enseignants sont à couteaux tirés avec l’administration à propos de l’organisation de la relecture des curricula. Une relecture qui suscite des gorges chaudes, avec notamment des enseignants visiblement triés sur le volet pour proposer des contenus de cours qu’ils ne dispensentpas. En plus, la répartition d’un pactole de 19 millions FCFA prévu comme prise en charge des enseignants et des organisateurs de cette relecture de curricula n’a pas arrangé les choses.

L’Université de Koudougou s’est engage, au cours de cette année universitaire 2016-2017, dans la relecture des curricula des différents établissements. Cette relecture, apprend-on, vise une adaptation des contenus des enseignements et des outils aux exigences du moment. Elle est aussi une des décisions de la rencontre gouvernement-syndicat de septembre 2016. sousMais voilà que pour cette relecture, de nombreuses voix divergentes se font entendre. Les reproches vont une fois de plus à l’encontre de la gouvernance de l’Université de Koudougou. D’abord, des enseignants ont été désignés pour prendre part aux activités de relecture. Pour ces enseignants concernés par cette relecture, des rencontres de 72 heures ont été organisées depuis le23 janvier 2017. La finalité est de redéfinir ou de décliner le contenu des enseignements de six à dix semestres etce, en trois jours.

Malheureusement, l’affaire semble avoir été mal ficelée, provoquant une fois de plus la colère de certains acteurs. Il nous revient que le choix des enseignants souffre d’insuffisances criardes. Tenez! Pour relire le contenu des cours des Licences 1, 2 et 3 ou même de Master, trois enseignants par établissement paraissent insuffisants pour la charge du travail. Pire, leurs qualités sont aux antipodes des curricula demandés. L’exemple le plus frappant est celui de l’UFR/LSH. Là, les trois enseignants désignés sont deux historiens et unjuriste pour relire les curricula du département des Sciences de l’information et dedocumentation de l’UFR-LSH. Pour beaucoup d’enseignants, ils’agit là ni plus ni moins d’une manière de bâcler le travail. Selon des informations précises auprès de certains acteurs de la vie universitaire à Koudougou, la section locale de la F-SYNTER a donné des consignes à ses militants. En résumé, le syndicat, tout en fustigeant la mauvaise gestion qui est faite de l’université par la présidence, fait remarquer qu’il y a des pratiques contraires à l’idéal de formation conséquente pour les étudiants. Il souligne le refus de la présidence de choisir les hommes qu’il faut pour le travail qu’il faut et demande à ses militants pris en compte dans les choix de ne pas se prononcer sur un curriculum qui n’est pas du ressort de compétence de chacun. Voilà qui craint pour les conclusions !

Ensuite, la question des finances s’ajoute à la colère des enseignants. Pour certaines situations précédentes au sein de l’Université de Koudougou, laprésidence a toujours brandi le manque d’argent. Mais là, 19 millions FCFA sont disponibles pour la relecture des curricula, une relecture dont le procédé laisse à désirer. Plus que cela, les participants à ces différentes rencontres de relecture de curricula ne seront pas logés à la même enseigne. Les prises en charge diffèrent selon le grade de l’enseignant. Ainsi, nous apprenons que pour le même atelier de relecture, le taux de prise en charge des professeurs titulaires est supérieur à celui des Assistants, des enseignants en temps plein (ETP) et autres. La décision a été donc prise de payer les participants selon le grade. Ce qui a, à nouveau, soulevé le courroux d’une partie des enseignants.

Trois jours de travaux et huit heures par jour ont été arrêtés mais la paie se fera pour juste cinq heures au lieu de huit heures comme le préconisent les textes en lamatière. Pourquoi ? Même si ce procédé de prise en charge est contraire aux textes, il faut faire avec, puisque l’ordre serait venu de la présidence, disent certains. Affaire à suivre!

Le Reporter

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