Le Reporter - Bimensuel d'enquêtes et de reportages

Au cours d’une conférence de presse en début d’année, le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) menaçait déjà d’aller en grève. Cette menace allait être une réalité suite au mot d’ordre de grève lancé pour 72 h, du 14 au 17 mars 2017, quand le ministère de la Santé a initié des concertations. Un accord sera signé in extremis le 14 mars 2017, entre les parties à l’issue des concertations.

Dans plusieurs régions du Burkina, la question des frais de vacation des enseignants et de scolarité des élèves affectés dans les établissements privés est toujours d’actualité. Les retards de paiement des frais de vacation ou des heures supplémentaires de collèges du continuum sont sources de remous dans le Centre-Est, Plateau central, Nord... «Depuis janvier 2016, le post-primaire n’a pas reçu ses frais de vacation, ce qui oblige les professeurs concernés à cesser les cours, les avancements, les corrections. Le manque de bâtiments, de bancs, le manque de formation des agents éducatifs et autres sont autant de choses qui me désolent dans notre très cher Burkina Faso», propos du directeur d’un établissement dans le Centre-Est.

Il y a quelques mois, une forte rumeur inondait Ouagadougou et les réseaux sociaux sur une interpellation par la gendarmerie de 4 cadres des impôts, d’une opératrice économique et d’un homme d’affaires. Cette information a fini par être confirmée. En effet, les cadres des impôts et les deux autres ont été interpellés par les services de la gendarmerie pour avoir mis en place un réseau d’escroquerie et de détournements d’impôts. Cependant, selon certaines informations, l’opératrice économique interpellée aussitôt a été libérée, toute chose qui a provoqué une incompréhension et la colère dans le milieu des agents des impôts. Pour certains, cette libération ne se justifie pas car, vraisemblablement, elle fait partie des réels bénéficiaires du réseau impliquant les agents des impôts. Pourquoi une libération sélective, se demandent certains qui sont bien au parfum de l’affaire ?

Les recrutements, détachements ou autres mouvements de personnel vers les sociétés d’Etat sont réglementés dans l’administration publique. Ils doivent être préalablement autorisés par le Conseil d’administration de chaque société. C’est du moins ce que prévoient les textes. Mais voilà qu’à la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS), une situation contraire s’est présentée. Le Directeur général (DG) de ladite société y fait détacher des agents en provenance de son ministère de tutelle, sans autorisation préalable du Conseil d’administration. Ledit Conseil prend une délibération en vue du retour des agents concernés dans leurs structures d’origine. Mais le DG ne l’entend pas de cette oreille. Et cela crée une polémique qui ne finit pas d’enfler.

Ils sont jeunes, ils sont de différentes couches sociales, ils sont sur les réseaux sociaux et notamment sur WhatsApp Messenger, application mobile incorporant un système de messagerie instantanée. Leurs endroits de prédilection, les échanges dans des groupes de discussion. Ce qui les y réunit généralement : le sexe. Sous toutes ses formes ! Très vite, les actes sont joints aux paroles. Sur WhatsApp, les rendez-vous sont donnés, dans la réalité, des rencontres sont organisées dans des lieux dits discrets. Partouze, proxénétisme, alcool, drogue, tout y passe. Les faits décrits dans les lignes qui suivent se passent à Ouagadougou. Bienvenue dans le monde d’une autre génération de jeunes.

La clôture du 2e congrès du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès) est intervenue le 12 mars 2017 dans un palais des Sports plein de militants et d’invités d’honneur. Ouvert le 11 mars dans une ambiance surchauffée, avec des militants qui attendaient de pieds fermes les conclusions, le congrès s’est achevé avec la confirmation de Salifou Diallo en tant que président du parti. Des recommandations et des réorganisations ont été faites et les messages ont été lancés à l’endroit aussi bien du gouvernement que des militants. Pour le nouveau patron du MPP, il est important que les militants fassent de la place pour la formation politique et idéologique.

Par Aimé NABALOUM

L’UEMOA est-elle au bord de l’implosion ? La question mérite d’être posée, au regard de l’envergure que prend la profonde crise dans laquelle cette institution sous-régionale est engluée depuis belle lurette. Dans notre dernière édition, nous relations les tractations en cours pour la nomination du nouveau président de la Commission de l’UEMOA, sans président depuis la démission du Sénégalais Cheick Adjibou Soumaré, en décembre dernier. Nous annoncions que le Sénégal venait de nommer le successeur de ce dernier, en tant que commissaire, représentant le Sénégal dans cet organe de l’institution. Et déjà, du côté de Dakar, on tentait de faire croire que ce nouveau commissaire devrait être de facto le président de la Commission en remplacement du démissionnaire. Toute chose qui est en porte-à-faux avec les engagements pris par l’ensemble des Etats membres. Ces engagements qui veulent que ce soit au tour du Niger d’occuper à présent ce poste. Cet engagement a été pris lors du sommet des chefs d’Etat de Lomé en 2011 et matérialisé par un acte additionnel engageant tous les membres. Le Sénégal n’a jamais caché ses intentions de ne pas respecter cet engagement et de continuer à garder une main haute sur ce poste qu’il a toujours partagé avec le Mali. Mais visiblement, le Niger n’entend plus se laisser faire cette fois-ci. Et il l’a fait savoir de façon retentissante, à travers son ministre des Affaires étrangères qui appelle sans ambigüité les chefs d’Etat au strict respect des engagements auxquels ils ont librement souscrit. Inutile de dire que le niveau de mercure est en train de monter vertigineusement au sein de cette organisation qui n’a que trop souffert de l’inconséquence de ses plus hauts dirigeants.

Par Y. Ladji BAMA

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti au pouvoir, a tenu les 10, 11 et 12 mars derniers, son deuxième congrès ordinaire. Au terme de ce congrès, le Président-Fondateur, Roch Marc Christian Kaboré, devenu président de tous les Burkinabè au sortir de la présidentielle de novembre 2015, a cédé, sans surprise, son fauteuil du chef de parti à Salifou Diallo, jusque-là commandant en second du navire MPP et président de l’Assemblée nationale. Mais au fond, c’est juste une confirmation pour ce dernier qui assurait l’intérim depuis l’accession de Roch Kaboré à la magistrature suprême. En cela, il n’y a pas eu de surprise. La seule surprise est que tous ceux qui ont rêvé de voir le parti présidentiel se disloquer au sortir de ce congrès que l’on annonçait être celui de tous les dangers, vont devoir déchanter. Bien au contraire comme voulu par le thème, ce congrès semble en apparence ramener tous les dirigeants du MPP à la raison. Tout porte à croire que chacun a compris que seul, il ne représente pas grand-chose et que le parti n’est pas la propriété de ses seuls dirigeants. Mais c’est maintenant que les choses sérieuses commencent pour le MPP qui doit assumer sa stature de parti au pouvoir, avec tout ce que cela implique comme valeurs, rigueur et exemplarité.

Par Boureima OUEDRAOGO

En sa séance du 9 mars dernier, le Conseil des ministres a adopté un décret portant création, attribution, organisation et fonctionnement d’un Haut Représentant du président du Faso. En attendant d’en savoir davantage sur le bien-fondé de cette trouvaille qui tombe à la surprise générale, l’on ne peut s’empêcher de s’interroger sur son opportunité. Si l’on en croit le compte rendu du Conseil des ministres, le Haut Représentant du président du Faso est « chargé de l’exécution des missions de représentation du président du Faso, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national et de toutes autres missions à lui confiées par le président du Faso ». La question qui s’impose tout de suite est celle de savoir quelles peuvent bien être ces missions de représentation du chef de l’Etat que, ni ses nombreux conseillers spéciaux et non spéciaux, ni ses nombreux chargés de missions, ni son directeur de cabinet, ni son Premier ministre, ni ses ministres, ni même le président de l’Assemblée nationale, dans une certaine mesure, ne peuvent assumer, au point de nécessiter la création d’un tel poste ? Quelle urgence de représentation dans le contexte sociopolitique national et international impose-t-elle la création de ce poste ? Les priorités du moment dans ce pays ne sont-elles pas ailleurs que dans de pareilles créations ? Dans un contexte de rareté des ressources, dans un contexte où on clame constamment que les finances publiques vont mal, un contexte où on manque de moyens pour faire face à des besoins existentiels des plus pressants, le budget qui sera alloué au fonctionnement d’un tel haut poste n’aurait-il pas pu servir plus utilement ailleurs ? Bref, sans doute que nous allons trop vite en besogne. Attendons de voir le Haut Représentant à l’œuvre. Sa raison d’être est peut-être plus importante que nous ne le croyons. Bon vent donc au Haut Représentant !

Par Y. Ladji BAMA

 Après la nomination de Chériff Sy comme Haut Représentant du chef de l’Etat au cours du Conseil des ministres du jeudi 9 mars dernier, les débats se sont emballés sur les réseaux sociaux. L’on aura tout entendu. Avant même que l’on ne sache exactement le contenu et les missions précises de cette fonction de Haut Représentant du président du Faso, certains se sont lancés allègrement dans des procès en sorcellerie. Et revoilà tous les détracteurs de la Transition qui voient en cette nomination, la traduction de la complicité entre les dirigeants de la Transition et le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).

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Diagnostic

  • CONGRES DU MPP La lucidité a pris le dessus sur les égos surdimensionnés
    • lundi 10 juillet 2017

    Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti au pouvoir, a tenu les 10, 11 et 12 mars derniers, son deuxième congrès ordinaire. Au terme de ce congrès, le Président-Fondateur, Roch Marc Christian Kaboré, devenu président de tous les Burkinabè au sortir de la présidentielle de novembre 2015, a cédé, sans surprise, son fauteuil du chef de parti à Salifou Diallo, jusque-là commandant en second du navire MPP et président de l’Assemblée nationale. Mais au fond, c’est juste une confirmation pour ce dernier qui assurait l’intérim depuis l’accession de Roch Kaboré à la magistrature suprême. En cela, il n’y a pas eu de surprise. La seule surprise est que tous ceux qui ont rêvé de voir le parti présidentiel se disloquer au sortir de ce congrès que l’on annonçait être celui de tous les dangers, vont devoir déchanter. Bien au contraire comme voulu par le thème, ce congrès…

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  • GOUVERNEMENT THIEBA II L’espoir du renouveau s’éloigne dangereusement !
    • lundi 10 juillet 2017

    Le gouvernement de Paul Kaba Thiéba a subi depuis le 20 février dernier, un léger lifting. Annoncé deux mois plus tôt, le premier remaniement gouvernemental du régime Roch Marc Christian Kaboré n’a finalement pas été qu’un simple réajustement avec 5 entrées, deux départs, deux mutations et deux ministères scindés en deux. L’on n’attendra donc pas le congrès du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès), le parti au pouvoir, avant d’opérer ce réajustement tant attendu. Ceux qui avaient espéré un véritable chamboulement doivent déchanter. Du reste, l’important c’est moins le changement d’hommes que le renforcement de la réactivité, des capacités et l’efficacité du gouvernement dans la recherche de réponses aussi bien conjoncturelles que structurantes aux immenses attentes sociales. Par Boureima OUEDRAOGIO « La rupture c’est maintenant ou jamais ! » Ainsi écrivions-nous dans notre édition du 15 au 31 janvier 2017, en partant du constat que « sur presque tous…

    in Diagnostic
"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite