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ATTAQUES AU SAHEL : Les solutions de Crisis Group

30 janvier 2018 Auteur :  

Le dernier rapport de International Crisis Group sur le Burkina a été rendu public au début de ce mois d'octo­bre 2017. Dans ledit rapport, I'ONG explique certaines causes de la violence actuelle au Sahel burkinabè. Pour les experts de cette organisation, ce qui se passe dans le Sahel burkinabè n'est pas du djihadisme.

 

Presque toutes les attaques de ces derniers temps dans le Sahel, et le Soum, en particulier, ont été attribuées à l'ancien prê­cheur de Djibo, Malam Dicko, leader du mouvement Ansarul islam. Selon Crisis Group, Ansarul islam « exprime les doléances de la majorité silencieuse de la population qui ne détient ni le pouvoir politique, ni l'au­torité religieuse. L'islam devient alors un référent de contestation d'une société figée productrice de frustra­tions. » Mais, poursuit-il, « l'insécurité au Nord du Burkina ne résulte pas uni­quement d'un déficit de développement, d'une incompréhension entre un Etat central et un territoire lointain ou de l'influence négative d'un voisin en guerre. Elle est surtout le résultat d'une crise profonde qui agite les groupes humains qui habitent les ter­roirs du Nord. C'est sur ces fractures très locales entre maîtres et sujets, dominants et dominés, anciens et modernes que Malam Dicko a bâti sa popularité. »

Pour ce faire, il faut vite trou­ver la solution. Pour une réso­lution définitive, il faut retro­uver l'équilibre du dévelop­pement entre les populations de cette région qui s'estiment lésées et celles des autres régions du pays. « La résolu­tion définitive de la crise (...) viendra aussi et surtout de la création de nouveaux équili­bres sociaux et d'un règle­ment par les populations locales de leurs divisions actuelles. Partant de ce cons­tat, le gouvernement pourrait mieux prendre en compte les aspects suivants afin de s'at­taquer à la crise :

  • Développer des réponses qui tiennent compte des dimen­sions sociales et locales de la crise.
  • Réduire le fossé entre, d'une part, les forces de sécurité et les autorités étatiques et, d'autre part, la population. Plusieurs mesu­res peuvent y contribuer : améliorer le renseignement humain et mieux protéger les informateurs, etc.
  • Mettre davantage l'accent dans le programme d'ur­gence pour la région du Sahel - le volet développe­ment de l'action gouverne­mentale, sur la promotion de l'élevage, l'amélioration de la justice et la lutte contre la corruption.
  • Œuvrer, à long terme, au ren­forcement de la coopération judiciaire et policière entre le Mali et le Burkina, afin de faci­liter la conduite d'enquêtes qui ont des ramifications dans ces deux pays, la gestion des prisonniers et des suspects et leur comparution devant la Justice.

Source : Rapport n°254/Afrique du 12 octobre 2017/ « Nord du Burkina Faso : ce que cache le jihad

Le Reporter

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"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite