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LITTERATURE: Boureima Jérémie Sigué parle du chef de l'Etat

31 janvier 2018 Auteur :  

«La faillite morale du chef d'Etat africain», tel est le titre de la nouvelle œuvre, la troisième du genre, du fon­dateur des Editions « Le Pays », Boureima Jérémie Sigué. Dans cet essai politique de 267 pages, l'auteur jette une « lumière crue » sur le comportement du « chef d'Etat africain » et propose «une décolonisation de l'imagi­naire des princes régnants, des élites stipendiées, repues et poltronnes». En somme, le journaliste-écrivain, Jérémie Sigué, prône dans son ouvrage, un nouveau visage du chef d'Etat africain.

 

Editorialiste et écrivain, le journaliste Boureima Jérémie Sigué dont la plume dansante et unique en son genre vient de mettre un point final à une nou­velle œuvre. La cible, cette fois-ci, ce sont les « dignitai­res » des Etats africains incapables de mener le peuple vers un réel dévelop­pement et une démocratie vraie. L'auteur ne passe pas par quatre chemins pour condamner le comporte­ment de certains chefs d'Etat africains qu'il dit emmaillés « d'entêtements bovins », « d'absolutismes stériles, d'égoïsmes, d'abdi­cation et de lâcheté ». C'est cette belle fresque compor­tementale du chef d'Etat africain qui est la raison principale du retard du continent, fait remarquer l'auteur.

Cependant, à ceux-là qui justifient le retard du continent africain par des raisons qui sont à la fois d'ordre anthropolo­gique et politique, Boureima Jérémie Sigué démontrera, dans un style direct, que ces raisons ne sauraient non seulement dédouaner le continent noir, mais aussi et surtout ne sauraient le condamner à la fatalité. Pour lui, la solution est tout proche. Le continent « peut et doit s'abreuver à la source prométhéenne, du nom de ce mythique person­nage qui, dans sa quête juste et effrénée du bonheur, a osé voler du feu aux Dieux », et l'Afrique doit le faire. Aussi, dénonce-t-il, le mode de désignation des représentants de l'Assemblée nationale qui serait aux antipodes des règles démocratiques, et les armées des pays africains qui seraient au service, non de la République, mais des prédateurs de la démocratie .

Aucune véri­table poli­tique de rete­nue des jeu­nes sur leur terroir n'est implémentée de façon pérenne et intégrée, même s'il y a des indices qui suscitent des espoirs. La société civile, la jeu­nesse, le syn­dicat par la puissance, la sacralité et la constance dans l'engage ment, engen­dreront des bouleverse ments heureux qui réhabilite­ront l'Afrique. Foi de l'auteur. Le journaliste-écrivain énu­mère égale­ment dans ce tout dernier né, les trois bêtes noires des chefs d'Etat africains : les militants des droits de l'Homme, les scolaires et les journalistes privés indépen­dants.

Pour terminer, l'auteur dresse une liste qu'il juge non exhaustive de préda­teurs de la démocratie en Afrique noire depuis ces dix dernières années et qui res­tent de parfaits contre- exemples. Ce sont, entre autres, Biaise Compaoré du Burkina Faso, Faure Essozimna Gnasingbé du Togo, Mamadou Tandja du Niger, Pierre Nkurunziza du Burundi, Paul Bya du Cameroun, etc. A côté de ceux-là, il rend hommage à ces vaillants chefs d'Etat ou de gouver­nement, des person­nalités africaines, qui ont consacré leur vie à la démocratie, au panafricanisme et à la dignité de l'Afrique. Il cite Thomas Sankara et Nazi Boni du Burkina Faso, Jerry John Rawlings et Kwame Nkrumah du Ghana, Ahmed Sékou Tou ré de la Guinée, Patrice Emery Lumumba de la République démocratique du Congo, etc.

Alors, si le conti­nent africain veut réellement aller au développement, il lui faut des chefs d'Etat qui accep­tent de faire cette reconsidération que l'auteur appelle de tous ses voeux : «la cul­ture comme base matricielle du développement, comme matériau essentiel de (notre) construc­tion démocra­tique et écono­mique ».

Yameogo Frederic

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