Le Reporter

ACTEURS POLITIQUES AU FASO : Anges ou démons ?

Écrit par  Aimé NABALOUM

carDiantre, qu’est-ce qui se passe dans la tête des fils du Faso avec ce verbiage sombre, lugubre ? C’est à se demander si Cerbere* n’a pas lâché du lest, nous livrant à des envolées diaboliques des acteurs du monde politique et des leaders des organisations de la société civile. Le constat, loin des intentions lugubres, est clair, limpide. Les archanges ne semblent plus être en odeur de sainteté avec les habitants du pays des Hommes intègres. Mais savent-ils exactement à quel saint se vouer ?

Les Burkinabè végètent dans un jardin de bonheur mais se plaisent à appeler de tous leurs voeux la nuit noire, la nuit de toutes les indicibles intentions aux antipodes des prés d’herbes fraîches dont tout le monde rêve. Bon Dieu, nous les observons dans leur pénombre et levons nos mains vers le Ciel pour implorer sa juste Clémence pour eux. Depuis deux ans, et même un peu plus, ils n’ont d’autres mots à la bouche et dans leurs déclarations que de la négativité : un vocabulaire sordide, souvent morbide. Si ce n’était que ça. Ils ont un « langage d’enfer », une logique verbale répugnante et nocive pour les esprits saints.

Un intellectuel de cette terre bénie, le Pr Laurent Bado pour ne pas le nommer, avait fait le serment que « bientôt les portes de l’enfer vont s’ouvrir » devant ses compatriotes. Cette prophétie s’est-elle réalisée ? Nous n’en savons rien mais croyons que non. Sinon… Plus tard, un autre de ses fils, en l’occurrence Blaise Compaoré, affirmait tout de go : « Je ne suis ni un ange ni un démon ». Aussitôt après avoir été chassé du pouvoir par le peuple dont une bonne partie le considérait comme un « monstre froid ». Il y a eu le feu ; il y a eu le sang et il y a eu aussi l’eau, précisément la pluie, pour l’éteindre juste après l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014. Mais, le feu s’est emmené avec son lot de malheurs : oui, trop de malheurs. A peine le temps de boire à la source de l’eau de vie, la source de l’espérance, de retrouver des herbes fraîches dans un pays paradisiaque que les mêmes enfants ressortent. Ils veulent passer à table.

Passons à table !

blaiseC’est visiblement le temps tant adoré par tous : manger. Après l’accession de certains, le MPP et ses alliés au trône de « la gloire », ils nous donnent l’impression d’être vraiment passés à table. Le temps du repas est convivial. Mais quoi au menu ? Il semble être malheureusement celui adoré par les hommes des ténèbres : « les vampires ». On nous informe avec une virginité de prostituée à peine voilée que « nous avons chassé le diable pour laisser la place aux vampires ». Hervé Ouattara, leader du CAR, dans une interview, n’a pas hésité à emboucher la même trompette. Les vampires devront se faire de la place et souper. Et qui ne connait pas le menu du vampire ? Très peu d’ailleurs pour avoir regardé mille et une projections cinématographiques ; on se rend compte que les vampires ne mangent pas. Ils boivent. Où trouver cette source pour s’abreuver ? A table, on ne boit pas sans manger et donc, le plus important c’est l’outil. Des convives ont été appelés à la table du « diable » auparavant, dit-on. Ils y sont allés mais avec la manière. « Nous avons diné avec le diable mais avec de longues fourchettes », confiait le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo. C’est du ni vu ni connu. D’autres également avaient été invités mais ont refusé de « diner avec le diable ». Mieux, ils ont chassé le diable de la table du festin. Pourquoi faire ? Changer de menu ?

Changer nécessairement

Il faut nécessairement changerle menu de la table. Tous lesconvives ne seront satisfaitsque quand le menu aura varié. Et il a été annoncé une variation, sinon un changement même du menu. Sur le papier du cordon bleu, c’est indiscutablement un beau menu. Place est faite au garçon de courses pour le marché. Malheureusement, lui-même ne sait pas où prendre l’argent pour faire le marché. Las d’attendre, il décide alors de prendre ses responsabilités. « S’il plaît à Dieu, je vais prendre mes responsabilités », rassurait le Premier ministre Paul Kaba Thiéba. Pour ce faire, et « s’il le faut, j’irai même en enfer pour mobiliser les fonds ».

Malheureusement, il sera recadré par le président de l’Assemblée nationale qui a montré ses inquiétudes. Pour ce dernier, il faut éviter de contracter avec des « mafieux ». Mais les mafieux sont-ils en enfer ? En tous les cas, il faut que le menu change et que le capitaine dans le cockpit réussisse l’atterrissage. A-t-il le choix ? « S’il échoue, il sera mangé vif », prévient l’intellectuel Laurent Bado. Que faire ? En attendant, il faut changer la rhétorique. Anges ou démons ? Qui êtes-vous au juste ? Dieu seul sait l’impact que ce langage a sur notre vivre ensemble. Pacifions nos langues ! Là, Michel Kafando, président de la Transition, a compris et a vite fait de tirer la sonnette d’alarme : « Il faut exorciser ce pays » …

*Cerbère : Gardien des portes de l’enfer, il est dit de lui qu’il est sévère et intraitable selon une certaine mythologie.

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