Le Reporter

AFFAIRE RECRUTEMENT DANS L’ARMEE : «Béret» l’escroc condamné à 3 ans de prison

Écrit par  Aimé NABALOUM

bereDans l’édition n°201 du journal Le Reporter, nous faisions cas de candidats à l’entrée dans l’armée qui ont été victimes d’escroquerie par un jeune qui s’est fait passer pour un militaire et proche de certains hauts gradés. Il avait réussi l’exploit d’escroquer presque le million FCFA à des candidats. Disions-nous. Quelques jours après la parution de l’enquête rapide dans le journal, un procès a été programmé. Jugé, Béret, le faux militaire comme nous l’avons baptisé dans l’article, a été reconnu coupable et condamné. Il a écopé d’une peine d’emprisonnement de trois ans. Le problème est-il pour autant résolu ? Pas si sûr !

Le « faux militaire » qui escroquait les candidats à l’entrée dans les rangs de l’armée a écopé d’une peine d’emprisonnement de 3 ans. Le verdict est tombé à l’issue d’un procès en correctionnel, tenu le 9 novembre dernier au Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou. Appelé en début d’après-midi, le jugement a été rendu en un temps éclair. Mis aux arrêts en juin 2016, Béret a été incarcéré après un travail minutieux des fins limiers de la gendarmerie nationale. Au cours du procès, Béret a entièrement reconnu les faits à lui reprochés. Il a avoué avoir mis en place une stratégie pour prendre de l’argent à des citoyens. Il dit être manoeuvre, précisément tâcheron en temps normal, mais cela ne lui permet pas de subvenir à ses besoins ; d’où son choix de devenir « escroc ». Béret reconnait ainsi avoir fait usage d’un titre de proche d’un haut gradé de l’armée pour convaincre ses victimes afin de leur prendre de l’argent. Il devra purger une peine de trois ans d’emprisonnement et rembourser les sommes prises aux candidats. Mais le hic, c’est que dans sa stratégie d’escroquerie, il semble n’avoir pas travaillé seul (cf. Le Reporter 201).

3 actes de naissance à lui seul

Il y a donc des questions qui restent sans réponses. Si les complices de Béret n’ont pas été démasqués, il est important de poursuivre l’affaire afin de pouvoir mettre la main sur ces derniers et démanteler définitivement le réseau. A propos de réseau, il y en aurait. A ce qu’on dit et au cours des perquisitions effectuées au domicile de Béret lors de son arrestation, les découvertes ont été révélatrices qu’il ne travaille pas seul. Ainsi, il a été découvert trois actes de naissance, le seul Béret a donc trois identités différentes. Mais il n’y avait pas que les seuls trois actes de naissance de Béret. Une quarantaine de dossiers de candidatures a été retrouvée. En plus, une tenue survêtement aux couleurs de la gendarmerie était aussi en sa possession. Où a-t-il pu trouver une telle tenue ?

Mais au fond, cette affaire n’est pas isolée. De par le passé, bien d’autres personnes avaient déjà fait l’objet de condamnation par la Justice pour des faits similaires. Alors, existe-t-il un réseau oui ou non de recrutement parallèle de jeunes dans les rangs des forces armées nationales ? Rien n’est à exclure. Avec la persistance du phénomène, la fameuse « liste du commandement » n’existe-t-elle pas vraiment ? Si elle existe, comment fonctionne-t-elle ? Qui peut en bénéficier ? Sur quelle base l’a-t-on instaurée ? Béret n’aurait-il pas des complices dans les rangs ? Il ressort que Béret n’est pas un vrai militaire. Il aurait, dans un passé récent, échoué comme candidat à l’entrée dans l’armée ou aurait été radié, toute chose qui lui permet d’être au parfum d’un certain nombre de pratiques. Mais qui sont ces complices? Les victimes de Béret, combien sont-elles ? Manifestement, cette affaire est loin d’avoir livré tous ses secrets.

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