Le Reporter

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Suite aux violences survenues dans l’arrondissement 8 de Ouagadougou le 6 décembre dernier, consécutivement au vote de défiance contre le maire dudit arrondissement, le MPP, parti au pouvoir, a enfin décidé de taper du point sur la table. Dans un communiqué rendu public dès le lendemain, le président par intérim de ce parti a dit condamner « avec énergie cette dérive barbare antidémocratique qui est aux antipodes des valeurs républicaines prônées et défendues par le parti ».
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Il est maintenant clairement établi que certains des nouveaux anciens hommes au pouvoir, malgré le message fort envoyé à travers l’insurrection, malgré leurs promesses de changement, n’entendent pas renoncer à certaines vieilles et vilaines pratiques. Ces gens qui se réclament des insurgés croient toujours pouvoir continuer de ruser avec leurs concitoyens. La réalité incontestable selon laquelle le Burkina a radicalement changé et que les Burkinabè entendent désormais être gouvernés autrement semble être une vue de l’esprit pour ces gens.
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Le Burkina est sans nul doute lancé dans le combat contre le terrorisme. Auparavant pays de négociation, souvent de refuge pour djihadistes, le Burkina était ce pays où de nombreux Etats en conflit venaient reconstruire leur paix, faisant de son président, le médiateur ès-qualité de la sous- région. La dernière médiation assurée par l’ex-Président Blaise Compaoré a été celle de la crise au Nord-Mali entre les groupes terroristes et l’Etat malien.
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L’on avait cru l’affairisme dévergondé au sommet de l’Etat révolu avec la chute du régime corrompu de Blaise Compaoré. Mais que nenni. Le scandale que vient de révéler à l’opinion publique le REN-LAC, à travers une conférence de presse, le 12 octobre dernier, relatif au différend entre la Douane et l’ONATEL SA, vient rappeler avec fracas la persistance de ces pratiques hideuses ayant sapé les bases du développement de ce pays des décennies durant.
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Décidément, la libération de l’information au Burkina Faso, ce n’est visiblement pas demain la veille ! Présentez-vous devant dans un service public quelconque et demandez le plus banal des documents qui soit et vous comprendrez. Contrairement au discours officiel d’ouverture au grand public, souvent tenu pour se donner bonne conscience, la réalité de terrain dans la quasi-totalité de l’Administration publique est la fermeture, sinon le verrouillage total. Dans notre dernière parution nous faisions cas des misères d’une de nos journalistes à la présidence du Faso, pour obtenir un simple organigramme. Mais il ne s’agit pas là d’un cas isolé.
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La gratuité des soins pour la mère et l’enfant est présentée aujourd’hui comme une grande « prouesse » du régime Kaboré. Cette promesse de campagne de Roch Marc Christian Kaboré, mise en oeuvre tant bien que mal depuis quelques mois est chaque fois brandie par les gens du pouvoir comme étant un grand exploit et la preuve de ce que le pouvoir travaille pour les populations. Mais à y voir de près, la réalité de la mise en oeuvre de cette mesure de gratuité ne manque pas de susciter des incompréhensions, voire des gorges chaudes. Les complaintes en sourdine se font de plus en plus persistantes. Annoncée au départ comme une gratuité intégrale, cette mesure n’a fait que maigrir comme une peau de chagrin pour ne rester finalement que sa simple expression, de l’avis de certains observateurs.
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Il y a lieu de s’interroger si les Burkinabè savent ce qu’ils veulent. On pourrait se laisser convaincre que la réponse est non. Que de cérémonies organisées où des femmes prennent plaisir à se trémousser devant des caméras, devant leurs enfants et à la face du monde. Des cérémonies pareilles, le Burkina en a organisé. Des élections de miss, le Burkina en connait où des jeunes filles défilent en « tenue de vérité ». Les plus belles femmes, les plus grosses, les plus lourdes, etc. Ce qui dégrade l’image de la femme, ce sont ces filles qui se dénudent sur les avenues de nos villes,une fois la nuit tombée. Ce qui dégrade l’image de la femme, ce sont ces racoleuses, cette prostitution à outrance. Ce qui dégrade l’image de la femme, ce sont les nouveau-nés jetés dans les poubelles, emballés dans des cartons. Ce qui dégrade l’image de la femme,…
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On en vient parfois à se demander s’il ne faut pas désespérer finalement pour ce pays. A voir les réflexes les plus en vogue dans la société. Le vice est de plus en plus célébré au détriment de la vertu. La réussite sociale à la courte échelle, l’affairisme dévergondé, la ruse, le brigandage à col blanc sont des pratiques qui montent en flèche dans la société. Et le plus inquiétant c’est que c’est la jeunesse qui est en train de passer maître dans l’art de ces flétrissures.
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Qui va sauver les étudiants du Master de médiation et management des conflits de l’Université de Ouagadougou ? Ces infortunés qui se sont saignés pour injecter toutes leurs économies et consentir de grands sacrifices pour s’engager dans cette aventure et qui se retrouvent visiblement pris en otages depuis des années par les responsables de cette formation. Ce Master porté sur les fonts baptismaux en 2011 est à sa 3e promotion mais n’a toujours pas délivré ses premiers diplômes.
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