Le Reporter - Bimensuel d'enquêtes et de reportages

Dans notre dernière édition de l'année 2017, nous faisions un bilan sécuritaire de l'année 2017. Ledit bilan essentiellement mettait l'accent sur les attaques terroristes dont le Burkina a été victime. Attentats, assassinats ciblés, menaces des fonctionnaires, enlèvements ont marqué le quotidien des Burkinabè. Mais faisons une halte sur les chiffres macabres de cette année 2017.

Après le départ préma­turé et inattendu des bénévoles américains au Burkina Faso, place est maintenant faite au licencie­ment du personnel de l'or­ganisation. La procédure de licenciement déclenchée à cet effet est non seulement entachée de tergiversations, mais aussi et surtout ne respecte pas la législation burkinabè, notamment le code du travail en vigueur. Tout semble laisser entrevoir une intention de tordre le cou aux textes en matière de licenciement. Le principal chemin emprunté par l'or­ganisation Peace Corps pour se débiner de sa responsabilité civile est celui de l'immunité diplomatique, qui suppose l'inaptitude des juridictions du pays d'ac­cueil à juger les représen­tants d'un Etat étranger.

Dans plusieurs de nos précédents numéros, nous nous sommes fait l'écho de cette rocam- bolesque affaire de malver­sations financières portant sur plus de 250 millions FCFA au SIAO.

Dans notre édition N°225 du 1er novembre der­nier, nous révélions les pratiques dignes d'un délinquant primaire auxquelles s'adonnait le maire Dieudonné Ido, à la tête de la com­mune rurale de Pouni, dans la province du Sanguié. Depuis le 12 décembre        dernier, l'homme médite son sort à la MACO, en attendant son procès.

Dans notre numéro 225 du 1er novem­bre dernier, nous nous demandions, au regard d'un certain nombre de pratiques biscornues, en cours au ministère de la Santé, si celui-ci était un département « hors la loi ».

L'affaire défraie la chronique depuis fin décembre 2017, précisément le 29 décembre. A cette date, en effet, les Burkinabè apprennent avec beaucoup de surprise, l'interpellation du Colonel Denise Barry, ancien ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité sous la Transition et directeur exécutif du Centre d'études stratégiques en défense et sécurité (CESDS).

Les scandales ne finissent pas à la tête du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B), anciennement Fonds d'en­tretien routier du Burkina (FERB), situé boulevard Kadafi de Ouagadougou. Après l'affaire des 400 millions jetés aux vents, que nous avons révélée dans nos éditions N° 214 et 216 des 15 mai et juin 2017, la grosse boîte à sous est une fois de plus empêtrée dans un vaste scandale de plusieurs milliards FCFA.

L'année 2018 risque d'être celle de tous les dangers pour le Burkina Faso. Le pouvoir donne, de plus en plus, des signes inquiétants de son impuissance face aux maux qui minent la société et menacent la paix et la stabilité politique et insti­tutionnelle.

L'incivisme rampant semble être un problème face auquel les autorités burki­nabè sont désemparées. Depuis des années que ce phénomène est en train de gagner du terrain à une vitesse exponentielle dans la société burkinabè, aucune esquisse de solution sérieuse ne pointe à l'horizon.

Comme nous l'avons écrit dans notre précédente édition, l'année 2017 a été très éprouvante pour le Burkina Faso sur tous les plans. Point n'est besoin de revenir sur les décomptes macabres des actes terroristes ni sur les bras de fer entre gouvernement et syndicats qui ont plombé bien des secteurs de la vie publique nationale, encore moins sur les actes de défiance de l'autorité de l'Etat, et d'incivisme vio­lents, etc.

Diagnostic

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite