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CARNET DE ROUTE : De Ouaga des délestages à Shanghaï, la ville lumière !

15 avril 2018 Auteur :  

Un Arbollais en Chine ? Ç’aurait été le titre d’une œuvre littéraire. Mais non ! Il s’agit tout simplement des péripéties racontées, couchées dans un article de presse à propos du séjour d’un enfant du soleil dans un pays de froid : la Chine «pop».

Une  occasion faite de découvertes et  de surprises  partagées ici dans  ce carnet de route. Culture, repas, architecture, mentalité, les hommes  et les femmes, les nuits  et les jours,  mais  aussi la neige, etc. tout  montre que  les Chinois  sont ce peuple caché qui  se développe au point de ravir la vedette à bon nombre de pays  en Occident considérés comme  des références.

s1Parti avec une délégation d’hommes d’affaires burkinabè évoluant dans le secteur  des  transports, des engins lourds et du BTP pour des visites d’usines de fabrication de camions et de bus, nous avons eu la chance de découvrir un peuple, une culture, des hommes et des femmes de petite taille, mais grands dans l’esprit et qui vivent dans une ville de gratte-ciel. La Chine « pop », ce pays aux limites continentales est un véritable exemple d’hommes et de femmes qui se battent, pas plus. Plusieurs traits de leur quotidien ainsi que de leurs parcours l’attestent. La Chine d’il y a trente ans n’est pas celle de 2018. La population a pris conscience d’une seule chose : le développement ne saurait venir d’ailleurs. Au contraire, il faut se développer et attirer les autres. Voici où se trouve ce pays exemplaire aujourd’hui.

En s’envolant à partir de l’aéroport international de Ouaga, le 19 janvier dernier, l’unique précaution à prendre était de porter une « tenue chaude » pour être à l’abri du froid. Mais rien ne pourra contre la fraîcheur qu’il fait en Chine, une fraîcheur dont pareille aurait déjà eu lieu il y a 10 ans. Ce n’est pas fait pour rendre gais ceux qui sont habitués aux températures ouagalaises, même de décembre. La veste? Le blouson?  Le Faso Danfani? Rien de tout cela n’est la solution. Sentant le danger qui planait sur la vingtaine de Burkinabè du groupe, les « Chinois du Burkina » ont distribué des tenues spéciales afin de parer au danger. Malgré tout, beaucoup grelotaient.

Une ville lumière

Une certaine capitale, Paris, ne devrait plus porter le nom de « ville de lumières ». La Chine devrait prendre la tête. Une ville illuminée. Pas un immeuble sans des lumières colorées. Le premier constat qui frappe à l’œil est sans conteste l’envergure des villes. Jinan, par exemple cette province que nous avons eu l’occasion de visiter en premier ressemble à une ville en chantier. Sur les toits de la plupart des immeubles, il y a encore des outils de grands travaux : des grues et des échelles. On  veut encore atteindre le ciel. Et pourtant, il est difficile de faire 10 mètres sans voir un immeuble et pas de petits immeubles: 20 niveaux au minimum. Le pays s’est développé. Mais les Chinois ont encore soif de développement et de modernisation. Elle ne fait que bâtir et se bâtir une image unique au monde. Dans le bus qui sert de navette entre l’hôtel et les lieux des travaux, mon voisin (Burkinabè) interpelle son collègue homme d’affaires. «Regarde cet immeuble là-bas », lui dit-il. Sans tergiverser, il lui répond : «Ah, écoute-moi,  je suis fatigué d’admirer les immeubles. C’est trop !»

Accueil : avec de l’eau chaude !

Bienvenue au  pays des «Hi-hao». Tous les Chinois vous le diront instantanément ; c’est juste le bonjour ou salut. Comme dans la plupart des cultures, une soirée de bienvenue est généralement organisée pour les hôtes. Les Chinois ne failliront pas à la  règle. Mais contrairement à l’eau de bienvenue de Ouaga ou de Arbollé (chez moi) et selon l’adage « saan la koom » pour dire, c’est avec l’eau qu’on accueille l’étranger, en Chine, il faut plutôt s’attendre précisément à « saan la ko tuulga » comme pour dire c’est avec l’eau chaude qu’on accueille l’étranger. Tout le monde a son verre d’eau chaude comme eau de bienvenue.

Un menu rouge, jaune, vert à table

s2Ce sera également la première fois de goûter à la cuisine chinoise dans un grand restaurant de Jinan, au Jiao Dong Renjia (un restaurant). L’enthousiasme est là et la faim aussi !  Hâte de passer de la réalité culinaire de petit Mossi à une autre, il nous est d’abord servi les plats froids. Premier couac. Ah, mais non ! Pas ça ! Il fait frais déjà. On y va tout de même. Au premier goût du premier plat, la différence est nette. Les repas sont bien salés mais ça on en trouve également dans des cuisines ouagalaises et arbollaises aussi. Malheureusement, il y a ce goût sucré dans l’affaire. Conclusion, vous avez un goût salé sucré dans la bouche. Ça passe difficilement et il faut s’empresser d’avaler et accompagner par une gorgée d’eau chaude pour changer le goût sur la langue. Mais les Chinois sont encore exceptionnels. En quittant Ouagadougou, une grande sœur nous disait ceci : Ah les Chinois mangent tout hein ! Donc attention !» Nous ne tarderons pas à en faire l’expérience, une expérience difficile à tenter.  Le Chinois est capable de garnir ses tables à manger de tous les mets possibles : les fruits et les animaux de mer, les feuilles vertes, gluantes, les mets de couleur rouge, jaune, verte, blanche, blanchâtre, etc. La découverte de cette soirée-là fut le plat aux scorpions. Des scorpions frits, bien dressés dans le plat, toujours dans la position comme pour piquer une main ou un pied baladeur. Ça n’invite vraiment pas, ça fait peur. De la vingtaine de Burkinabè autour de la table circulante, un seul a eu le courage d’essayer. Difficile de dire ce qu’il  a ressenti et le goût qu’il a eu. En tout cas, il a refusé de le partager. Mais quand le riz bouilli avec quelques condiments verts arrive sur la  table,  c’est l’occasion pour se remplir le ventre en plus du thé chaud.

Internet, de l’huile sur du feu ?

Outre les belles architectures et les immeubles qui tutoient le ciel, les Chinois reconnaissent à l’Internet une grande capacité. La connectivité parfaite est très loin de celle connue au Faso. Il suffit de lancer un téléchargement et vous avez votre document en quelques secondes. Quant aux réseaux sociaux, les autorités chinoises s’en méfient. Une fois en Chine, ne cherchez pas Facebook, Twitter, YouTube, etc.  Non,  vous  ne  les aurez pas. Comme un réflexe, nous allumons notre téléphone pour avoir les nouvelles du pays sur Facebook. Que devient le bras de fer entre le gouvernement et les enseignants ? A quelle sauce a été mangé le maire de Ouaga par les conseillers de l’opposition?  Qu’est-ce qui fait encore les buzz inutiles? Que nenni ! La page Facebook reste intacte, aucun téléchargement. Nous posons la question à un jeune Chinois qui se débrouille tant bien que mal avec la langue de Molière.  « Ici, on ne connait pas ça », répond-il. Mais avec quel réseau social vous arrivez à échanger ? «C’est avec WeChat». Et pourtant, il nous faut Facebook au moins. Il a fallu faire appel au génie d’un jeune Burkinabè pour nous aider à contourner le pare-feu et trouver Facebook. Et même là, l’on  vous signale sur votre téléphone que «le réseau peut être surveillé ».

24 millions de personnes dans une seule ville

sangaiShanghaï est une ville vieille de quelques 200 ans d’histoire maximum. Sa population est estimée à 24 millions  d’habitants et il est la ville la plus dense, la ville la plus peuplée ayant une population de 33 millions d’habitants. Les embouteillages, vous ne les verrez que les matins avant l’heure de service et les soirs. Chose curieuse, malgré la densité de la population, les rues restent désertes en cours de journée. Mais où sont passés les gens? Demandons-nous à notre guide.  «Oui, mais les gens travaillent, vous voulez qu’ils soient où?» Répond Ni. Shanghaï abrite également le temple de Shaolin, devenu un site touristique qui ne désemplit point. Sous la neige, les touristes affluent de partout à travers la planète. Dans ce temple également, les jeunes appelés dans l’armée ou la police y font un séjour pour apprendre les arts martiaux.

Si nous avons pu avoir une idée de Shanghaï le jour, il faut bien tenter une virée nocturne pour se faire une idée de ce qu’est la ville. Un bon journaliste doit découvrir une ville la nuit, disait un aîné. Mais là, la température est très basse : -7°C. Nous tentons tout de même le coup. Dès la devanture de l’hôtel « CROWNE PLAZA » où nous avions notre chambre, la neige qui tombe et le vent glacial qui vous fouettent le nez et les ongles, vous enlèvent toute envie d’aller vous amuser. Vous perdez progressivement la sensibilité sur toutes les parties du corps. Il ne faut pas aller plus loin donc au risque de se ramollir entièrement. Nous décidons donc de renoncer. Des amis à leur tour font une tentative. Ils se renseignent pour trouver un coin de nuit, un endroit chaud. Exemple: une idée d’une boîte de nuit dans les environs. C’est trouvé. Le taximan est également là. Ils s’engouffrent mais reviendront très vite, chassés par le même froid et le handicap de la langue : impossible de placer un mot dans le coin qu’ils ont trouvé. Ce ne fut donc pas convivial là-bas. Retour à l’hôtel ! A Ouaga,  on peut faire le show en décem- bre mais pas à Shanghaï, même en janvier.

Shanghaï-Paris

Sur la route du retour ! Toutes les formalités sont faites. Nous voilà dans l’avion.  Mon voisin me souffle quelques mots à l’oreille, « de plus en plus, on tend vers Ouaga », pour marquer sa grande joie de retrouver la chaleur du pays, loin du froid et de la neige. Le pilote du grand oiseau annonce qu’il est prêt avec tout l’équipage à prendre le contrôle des airs. Mais ce sera un faux départ. En effet, après avoir roulé quelques minutes, le même pilote annonce qu’il lui est interdit de s’envoler. Silence dans l’œuf. Que se passe-t-il ? Y a-t-il un problème ? Ce sont les responsables de l’aéroport qui refusent que l’oiseau vole. On serait quelque part en Afrique, on aurait pensé à un danger à l’intérieur de l’avion ou même au terrorisme. A chacun ses problèmes. Mais non ! Il n’est juste pas l’heure de s’envoler, même si l’avion est prêt. Ouf ! A présent, on peut prendre les airs en direction de Paris puis Ouagadougou. Un vol qui durera plus de dix heures. Quelle galère ! L’aéroport de Pudong à Shanghaï accueille chaque année, un milliard de passagers selon notre guide touristique, Ni. C’est loin de la réalité de l’aéroport de Koulouba à Ouaga. Hi-Hao* : Bonjour

Aimé Nabaloum

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