Un colloque international et pluridisciplinaire s’est ouvert le 6 novembre 2025 et ce pour 48 heures à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou. Il entend rendre hommage au Professeur Serge Théophile Balima, enseignant-chercheur et pionnier des sciences de l’information et de la communication au Burkina Faso. Organisé sous le thème « Peut-on former aux métiers de l’information et de la communication face aux défis de la digitalisation et des médias numériques ? », le colloque a rassemblé universitaires, professionnels des médias et étudiants autour de la réflexion sur l’avenir des formations en communication.
Organisé par le Laboratoire Médias et Communication Organisationnelle (LAMCO) en collaboration avec l’Institut Panafricain d’Étude et de Recherche sur les Médias, l’Information et la Communication (IPERMIC), ce colloque se veut un cadre de réflexion sur la manière d’adapter la formation aux réalités du monde numérique, tout en préservant les valeurs fondamentales du métier. En rendant hommage à celui qu’ils appellent affectueusement « le grand maître », le monde de la communication et du journalisme célèbre aussi l’héritage intellectuel du Pr Serge Théophile Balima, dont la pensée continue d’inspirer la recherche et la pratique de l’information et de la communication en Afrique.

C’est le Dr Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative de transition (ALT) et patron de la cérémonie qui a prononcé le discours d’ouverture de ce colloque international. Dans son discours, il a dit tout l’honneur qui le sien de patronner cet événement. Il a salué la fécondité d’une œuvre intellectuelle et d’un engagement citoyen qui ont profondément marqué plusieurs générations d’enseignants, de journalistes et de communicateurs. Pour lui, « face aux défis, la formation aux métiers de l’information et de la communication doit être repensée non comme une simple transmission de savoir-faire technique, mais comme un espace critique de construction du sens et de défense des valeurs démocratiques ».

Le Pr Serge Théophile Balima a exprimé sa gratitude à l’endroit des initiateurs et organisateurs, à l’endroits des anciens étudiants. « Je suis profondément ému par tous ces témoignages. J’en garde un souvenir très émouvant pour le restant de ma vie. Je ne savais pas que j’ai été autant utile à la société, autant utile au monde universitaire et utile à l’ensemble des acteurs que j’ai croisé dans ma vie », a-t-il dit. Il est revenu sur le thème du colloque en disant que c’est sûrement possible mais cela ne sera pas facile parce qu’on a aujourd’hui l’émergence des nouveaux métiers qui viennent perturber les métiers traditionnels. Pour lui, il va falloir adapter les cursus de formation en amenant les étudiants à être davantage en relation avec la diversité des contextes et à pouvoir s’en inspirer pour ne pas être en porte à faux avec les exigences des nouveaux environnements.
Le professeur, a lancé dans le développement de sa dernière leçon cette phrase : « si vous êtes journaliste et que l’on vous traite de communicateur, vous êtes comme un prostitué. Et si vous êtes communicateur et que l’on vous traite de journaliste, vous apparaissez comme un traître. »

Les axes pour cerner la communication et le journalisme
Dr Firmin Gouba a partagé les trois axes sur lesquels ce colloque va s’articuler. Les travaux sont portés sur les communications qui sont proposées par les enseignants chercheurs et les doctorants. Il s’agit de, la radioscopie des formations en information et communication dispensées dans les institutions universitaires et professionnelles en axe 1, la pertinence de la formation en info-com face aux mutations techno-sociétales en axe 2 et le dernier axe celui de la confusion ‘’incestueuse’’ entre journalisme, communication et cyber activisme. En plus des axes, des tables rondes devront aussi animer ce colloque. La première de la table ronde qui a regroupé les professionnels du journalisme a discuté sur le « journalisme d’hier à aujourd’hui’’. La deuxième table ronde qui a regroupé les professionnels de la communication pour le développement sur le même sujet et la troisième table ronde, celle des professionnels de la communication institutionnelle. La dernière table ronde a regroupé les responsables des instituts et écoles de formation en communication et journalisme.
Salimatou TIANABOU (Stagiaire)












