UN SYNDICALISTE CHASSE DE HOUNDE GOLD : Les travailleurs en grève de la faim illimitée

L’heure est grave sur la mine d’or de Houndé. C’est visiblement la décente aux enfers pour tous ceux qui osent revendiquer le minimum pour de meilleures conditions de travail. Nous avions à maintes reprises relevé ces pratiques dans nos parutions. Après les intimidations et autres répressions des représentants des travailleurs, recadrés par moment par la direction Régionale de travail et de la protection sociale des Hauts-Bassins, voici un autre scénario désarçonnant. Le Secrétaire général du SYNTRAMIGH, Kiema Hamadou est sommé, sans préavis, ni autre forme de procédure, de quitter la mine, illico presto.

Convoqué par la direction des ressources humaines de Houndé Gold Opération SA, ce mardi 14 avril 2020 pour affaire le concernant, Kiema Hamadou était loin d’imaginer qu’il allait être délogé de la mine ce même jour. Une fois au rendez-vous, surprise ! Le décor planté annonçait dans sa forme, un conseil de discipline en téléchargement. Surpris, il voulut appeler ses conseils pour ne serait-ce, les tenir informés, mais hélas ! Injoignables ! Il suggère à ceux qui l’ont convoqué de lui laisser le temps d’écrire une lettre d’explication. « Pas question, ce n’est pas toi qui vas nous montrer la procédure pour te chasser », rétorque le directeur adjoint des ressources humaines, Bourahima Moné. Face à l’insistance de Kiema Hamadou pour que ses justiciers suivent les textes, voilà le DRH adjoint qui revient à la charge : « si on n’a pas respecté la procédure ça t’arrange, tu vas aller parler de vice de procédure à l’inspection ». Le DRH adjoint, visiblement remonté, va dévoiler les intentions de l’administration en ces termes : « on veut te chasser, c’est un très beau plaisir pour moi de te chasser parce que j’en ai marre de vous finalement ». Les mots sont forts. Qu’a pu bien faire le secrétaire général du syndicat des travailleurs de la Géologie, des Mines et des Hydrocarbures (SYNTRAMIGH), Kiema Hamadou, pour que la mine veuille contourner les textes pour parvenir à sa fin et en le chassant ? Le DRH adjoint exhibe sur le champ un message vocal qui aurait été envoyé par le SG du SYNTRAMIGH, Kiema Hamadou à un de ses collègues, Zongo Ousmane, par ailleurs secrétaire général de la CNTB. Le message en question évoque des négociations en cours sur la mine et concernant la reconnaissance des heures supplémentaires des travailleurs bloqués sur la mine du fait de la maladie de Coronavirus. Que lui reproche-t-on au juste ? Un message vocal entre deux collègues au sujet des négociations concerne-t-elle l’administration ? Toujours est-il que c’est le seul élément brandi par le DRH adjoint pour pouvoir notifier la mise à pied à titre conservatoire, à Kiéma Hamadou, en attendant d’avoir l’autorisation de licenciement du fait de son statut. En outre, pour freiner la désapprobation du secrétaire général de cette manière de faire, il lança tout de go : « dis ce que tu veux, on doit te notifier une mise à pied conservatoire et si tu ne le prends pas, nous allons retirer ton badge, et te retirer l’accès et on va voir un huissier pour te notifier ». Sur place, son badge lui sera alors retiré et obligation lui sera faite de quitter la mine. A la fin de ce film, le DRH adjoint tout en reconnaissant que l’administration n’a que faire des textes, dit donner rendez-vous à l’intéressé en justice.

En rappel, les tractations concernant l’application du protocole d’accord imposé par la mine aux travailleurs ont révélé deux catégories de représentants des travailleurs : ceux qui seraient favorables à l’administration et ceux acquis à la cause de l’intérêt des travailleurs. Du coup, les travailleurs s’en trouvent divisés. Récemment, un délégué de personnel accusé à tort en avait aussi fait les frais de ces justiciers de Houndé Gold mais la direction Régionale du travail et de la protection sociale a refusé d’autoriser le licenciement de ce dernier. Bon nombre d’observateurs affirment que cela est monté de toutes pièces dans but de réprimer les délégués non signataires du protocole. Avec ces agissements, cette société minière est en passe de devenir une mine de non-respect des textes régissant le code de Travail. Au moment où nous traçons ces lignes, nous apprenons que les travailleurs ont décrété une grève de la faim illimitée pour exiger la réintégration dans l’immédiat des délégués abusivement licenciés et le départ immédiat de sieur Bourahima Moné, directeur adjoint des ressources humaines. Ces événements se déroulent dans une société minière au Burkina Faso. Nous y reviendrons !

Simplice ZONGO / Sié KAMBOU (Stagiaire)

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