AFFAIRE CHARBON FIN D’ESSAKANE : Le rapport de la contre-expertise est tombé

Dans Le Reporter n°299 du 1er au 14 décembre 2020, nous alertions sur de fortes suspicions de pressions sur les experts en charge de la contre-expertise sur le dossier charbon fin d’Essakane. Le lendemain de la parution, soit le 2 décembre, une réunion avait été organisée par le juge Zono en compagnie des parties, les conseils et l’un des experts, Joël Ilboudo. Il s’agissait pour les parties de s’entendre sur la suite de la contre-expertise. En plus, le délai imparti aux experts était épuisé. Il fallait y remédier. Aujourd’hui, il nous revient que le rapport de la contre-expertise serait prêt.

En décembre 2020, le délai dans lequel les experts devaient travailler et livrer leur rapport était épuisé. Selon les explications reçues, le juge devrait, au regard de la situation, prolonger ce délai s’il estime que les experts ont besoin de plus de temps pour livrer leur rapport. A l’époque, il était question, par ordonnance, que le juge prolonge ce délai de trois autres mois. En principe, de début décembre 2020 à la fin du mois de février, ce nouveau délai serait lui aussi expiré. En voulant savoir s’il y a une nouvelle ordonnance pour prolonger « encore » le délai de dépôt du rapport, c’est là que l’on apprend que le rapport aurait été déposé. Alors, même si le contenu du rapport n’est pas encore disponible, certaines sources expliquent qu’il est prêt et aurait même été déposé dans la semaine du 15 au 21 février 2021.

Revendiquée à cor et à cri par la défense, cette contre-expertise pourrait la desservir. En rappel, le travail de contre-expertise débuté à Bobo-Dioulasso était pratiquement terminé en décembre 2020. Selon nos sources, l’une des informations les plus attendues de ce rapport de contre-expertise reste la teneur ou la quantité d’or contenu dans le charbon fin. Déjà, en décembre 2020, l’on apprenait que la teneur forte en métaux précieux se confirmait. Dans ce second rapport, il serait question d’une forte teneur en or. Des quantités même seraient évoquées. Dans le premier rapport contesté par la défense, il était question de 6 tonnes d’or. Cette fois-ci, l’on évoque une quantité de 8 tonnes
d’or. Si cela se confirme, la présomption de fraude à la commercialisation de l’or que le ministère des Mines et la BNAF (Brigade nationale anti-fraude de l’or) n’ont pas voulu concéder se confirme. Les anciennes gesticulations vont-elles se poursuivre ?

Rapport rédigé au Togo ?

Au regard des pressions qui seraient exercées sur les experts avec des propositions indécentes mais alléchantes, il nous est revenu que les deux experts commis par la Justice ont dû s’éloigner de Ouagadougou et même du Burkina Faso en vue de pouvoir rédiger dans la plus grande sérénité leur rapport, la destination choisie aura été un pays à la fois voisin du Burkina : le Togo. Aux frais de qui ? Le contribuable ou la mine mise en cause ? Quoiqu’il en soit, le plus important sera que ce rapport puisse être remis au juge le plus tôt possible afin que le procès puisse commencer.

En rappel, c’est en fin d’année 2018 que le scandale a éclaté avec la saisie de plusieurs containers d’Essakane SA à  Bobo-Dioulasso. Plus de deux ans après, l’opinion attend que la vérité sur cette affaire éclate devant les juges. Affaire à suivre !

Aimé NABALOUM
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