DE «CAPUCCINO» A «ISTANBUL» : Similitudes et dissemblances!

18 mois après la soirée noire du 15 janvier 2016 de l’avenue Kwamé N’Krumah, au cours de laquelle une trentaine d’innocentes personnes ont trouvé la mort dans des circonstances effroyables au restaurant Capuccino et à l’Hôtel Splendid, un scénario quasi similaire s’est reproduit à un jet de pierre de là, toujours sur la même avenue.

Même si certains détails opposent les deux scènes de crime, certaines ressemblances sont troublantes.

D’abord, l’heure et le mode opératoire des deux attaques sont quasi identiques. Les environs de 21 heures, en plein milieu de soirée, heure à laquelle la plupart des restaurants font le plein de leur clientèle.  Les assaillants arrivent en trompe sur les lieux, armes aux poings et ouvrent immédiatement le feu. Sans état d’âme, ils arrosent systématiquement tous ceux qu’ils trouvent sur place, font le maximum de dégâts, tant humains que matériels. Dans les deux cas, lorsque la riposte se met en place, sachant sans doute leur sort scellé, ils s’arrangent toujours pour opposer une longue résistance, de sorte à pouvoir faire le plus de victimes et de dégâts possibles, avant d’être neutralisés au bout de longues nuits de chassés-croisés avec les Forces de l’ordre. Ils résistent et tiennent toujours tête à leurs vis-à-vis, jusqu’à l’assaut final où ils tombent chaque fois les armes à la main. Ils sont tous de très jeunes gens, sensiblement du même âge. Les armements utilisés dans les deux cas sont aussi du même type. Le ratio assaillant-nombre de morts est aussi le même dans les deux cas : le 15 janvier 2016, ils étaient 3 et ont fait une trentaine de morts. Le 13 août, ils étaient 2 et ont fait une vingtaine de morts. Ce qui donne une moyenne de 10 morts par assaillant.

Toutefois, à l’opposé de 2016 où il a été fait cas d’usage de grenade et de liquide inflammatoire, cette fois-ci, ces deux éléments ont manqué au sinistre cocktail. Autre différence de taille au niveau des deux commandos, le premier était arrivé sur les lieux du drame à bord d’une voiture, tandis que le second s’est déplacé à moto. Aussi, la promptitude dans la réaction des FDS, le 13 août 2017, n’avait aucune commune mesure avec les atermoiements que l’on avait déplorés le 15 janvier 2016. Une situation qui avait été expliquée par le fait que les FDS auraient attendu un soutien français avant d’intervenir. Toute chose qui avait retardé la réaction et suscité beaucoup de critiques en son temps. Cette fois-ci, ce sont des FDS plutôt décomplexées et confiantes qui ont réagi dès les premiers moments pour circonscrire le périmètre des hostilités et se sont vaillamment illustrées jusqu’à parvenir à mettre hors d’Etat de nuire les deux criminels. Bien entendu, cela ne pouvait pas passer inaperçu des citoyens, qui ont reconnu la bravoure de leurs FDS et n’ont pas manqué de le leur témoigner, notamment à travers les réseaux sociaux. Autre élément positif, unanimement reconnu dans l’opinion, à propos de la gestion de ce douloureux évènement, la communication officielle. Une bonne dose de professionnalisme a été remarquée dans la gestion de cette communication,  avec surtout l’attitude du patron de la Sécurité qui, pour une fois, a su épargner les Burkinabè de ses sorties souvent à l’emporte-pièce et ravageuses.

Y. Ladji BAMA
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Y. Ladji BAMA

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