FORUM DE PARIS SUR LA PAIX : Honneur à ceux qui osent de nouvelles opportunités d’un monde plus humain

Initié par le président français, Emmanuel Macron, le Forum de Paris sur la paix (première édition), s’est tenue du 11 au 13 novembre dernier, dans la continuité de la commémoration du centenaire de l’Armistice mettant fin à la première guerre mondiale (1914–1918). 65 chefs d’Etat et de gouvernement et une dizaine d’organisations internationales ont été mobilisés pour la commémoration du centenaire et de l’ouverture du forum. Un millier de participants venus de toutes les régions du monde ont répondu à l’invitation du Quai d’Orsay, maître d’ouvrage de ce forum. Pendant trois jours, on a parlé de paix à travers divers projets et offres de solutions à 5 grands enjeux de gouvernance mondiale : environnement, paix et sécurité, développement,  économies inclusives, nouvelles technologies.

Construire un monde de paix à partir d’un débat ouvert et inclusif sur les enjeux globaux de gouvernance mondiale, favoriser le dialogue entre Etats, institutions régionales et internationales, société civile, chercheurs, citoyens, jeunes et moins  jeunes,  du nord comme du sud, tel est le pari que se sont fixé les concepteurs du Forum de Paris sur la paix. Ce Forum se veut un nouveau rendez-vous annuel international de réflexion, de propositions sur la gouvernance mondiale. Il a pour ambition d’être le premier incubateur de solutions innovantes à ces enjeux internationaux. Il se distingue par son organisation indépendante et son financement par des acteurs non étatiques, notamment le privé qui a mobilisé environ 5 millions d’euros, soit près de 3,3 milliards de francs CFA pour l’opérationnalisation de cette idée présidentielle. La particularité du Forum de Paris sur la paix est qu’il s’est voulu innovant à la fois sur le fond que sur la forme. Aussi a-t-il placé au cœur de son organisation et déroulement, le partage et des discussions sur des solutions innovantes aux principaux défis relatifs aux 5 thématiques ou défis de gouvernance mondiale.

Pour la première édition de ce Forum, ce sont des dizaines de discussions, de dialogues multi-acteurs, de débats et de partages entre dirigeants du monde (notamment au cours de la première journée) mais aussi entre porteurs de projets et d’initiatives de changements dans les pratiques et la vie quotidienne, des partenaires techniques et financiers (institutions internationales, ONG, Fondations, etc.). Ces rencontres sont organisées simultanément en dizaines par jour. Au cours de ces trois jours,  plusieurs  sous-thématiques ont fait l’objet de débats intenses et parfois passionnants.

Multilatéralisme contre nationalisme et extrémisme, c’est assurément l’une des thématiques phares de cette première édition. Elle a d’ailleurs été au cœur des discours politiques à l’ouverture du Forum. D’abord, le Président Macron qui l’avait déjà évoqué dans son discours, plus tôt dans la matinée à l’occasion de la célébration du centenaire de l’Armistice, est revenu là-dessus, insistant sur l’impératif de rompre avec le repli sur soi pour réfléchir à une franche coopération entre Etats, à la recherche de solution globale aux problèmes globaux du monde. «Le nationalisme n’est pas le patriotisme». Il en «est la trahison». Avait-il martelé, suscitant le courroux du président américain, Donald Trump, qui a boycotté l’ouverture du Forum, à la différence de la soixantaine de ses pairs. Ensuite, la Chancelière d’Allemagne, Angela Merkel, lui a emboîté le pas en exprimant son «inquiétude d’être de nouveau face à un nationalisme à œillères (…). Nous voyons bien que dans la coopération internationale, il y a un équilibre pacifique entre les intérêts des uns et des autres, et même le projet européen de paix est de nouveau remis en question». Enfin, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, enfonce le clou : «Bien des éléments aujourd’hui me semblent emprunter et au début du XXe siècle et aux années 30, laissant craindre un engrenage invisible». En somme, tous les trois ont mis en garde contre le nationalisme et plaidé pour un renforcement du multilatéralisme dans un contexte où les courants nationalistes prennent de l’ampleur dans plusieurs pays.

Pauvreté, changements climatiques, dette, aide au développement …

La pauvreté, l’autre menace de la paix mondiale, a été au cœur des discussions de  ce Forum. Les riches ne veulent plus payer pour les pauvres et les seconds refusent de laisser mourir. Les discussions sur cette problématique ont pointé des épicentres qui seraient les pays fragiles (Yémen, Afghanistan, Haïti ou République centrafricaine, les pays du Sahel-Burkina, Mali, Mauritanie, Niger – etc.) et ont relevé l’impératif d’actions concrètes face aux institutions défaillantes dans ces pays et l’inaccessibilité des  services de base en quantité et qualité suffisantes (éducation,  santé, justice) par leurs populations.

Sur l’environnement, notamment les changements climatiques, plusieurs sessions ont été organisées présentant des initiatives novatrices et incitant à de nouvelles alternatives face aux hésitations ou à l’incapacité des Etats à assumer leurs responsabilités. Entre autres alternatives, l’on peut noter la nécessité de mobiliser les collectivités territoriales qui sont plus proches des réalités et du vécu des populations contre les changements climatiques.

Les migrations, l’aide au développement et son impact réel dans la construction de développement durable ; la question de la dette qui devient de plus en plus une préoccupation de gouvernance mondiale (avec un surendettement des Etats et des entreprises qui peut entrainer un effondrement de l’économie mondiale); les inégalités générées par la mondialisation ont également fait l’objet de discussions.

121 projets présentés aux 12 000 visiteurs

Sur l’aide au développement, par exemple, le Forum de Paris a été l’occasion de lancement du Fonds à Impact pour l’Afrique (IFFA) qui se veut «un nouvel instrument financier au service des arts, de la mode et de la création en Afrique». Parmi  les moments forts de ce premier Forum, l’on peut noter également le lancement de l’«Initiative pour une démocratie durable» qui est un ensemble de principes visant à assurer la mise de la technologie au service de la démocratie, de la bonne gouvernance. En prélude au Forum, un appel à projets innovants visant l’amélioration du bien-être individuel et collectif en rapport avec les 5 thématiques centrales du Forum a été lancé. Un Conseil d’orientation et un comité de sélection ont été mis en place pour choisir les meilleurs.

Plus de 900 projets ont été reçus du monde entier.  121 d’entre eux ont été retenus et analysés par le comité de sélection. A la Grande Halle de la Villette, les porteurs de ces projets, tous invités à participer au Forum, ont pu présenter leurs initiatives aux 12000 visiteurs et participants. Au soir du 13 novembre 2018, lors de la cérémonie de clôture, le président du Forum, Justin Vaïsse, et le président du comité de sélection ont présenté les 10 meilleurs qui ont été retenus. Ces projets bénéficieront d’un appui du Forum pendant un an pour leur mise en œuvre concrète. Une évaluation sera faite à la prochaine édition du Forum qui se tiendra du 11 au 13 novembre 2019 à Paris.

Au terme de 3 jours de réflexions, de partages et de propositions, les rideaux sont tombés sur la première édition du Forum sur la paix. Le Président Macron a donc réussi son pari. Rendez-vous est donc pris pour la prochaine édition, pour vérifier les apports concrets de ce nouveau rendez-vous dans la construction d’un monde plus en phase avec les aspirations  des peuples à la paix et au progrès partagé. Nous y reviendrons.

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Le Président Roch Marc Christian Kaboré à la découverte des projets de jeunes

Le président du Faso, Roch Marc Kaboré, faisait partie de la soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement invités par le Président Macron pour la commémoration du centenaire et l’ouverture du Forum. Après l’ouverture, il a fait le tour des stands pour s’imprégner des projets. Nous l’avons retrouvé dans deux de ces stands : celui des jeunes pour l’interdiction complète des essais nucléaires et de ceux de l’Union africaine. Le Secrétaire exécutif de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), le Burkinabè Lassina Zerbo, que nous avons rencontré d’ailleurs, s’est dit honoré du soutien présidentiel. Il nous a accordé une interview que nous vous proposons dans nos prochaines éditions.

B.O

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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