LABORATOIRE NATIONAL DE SANTE PUBLIQUE : Le contrat du Dr Bonkoungou remis en cause.

Dans notre parution numéro 242 du 15 au 31 juillet 2018, nous révélions une situation très embarrassante pour l’emblématique Laboratoire national de santé publique (LNSP), ses dirigeants, les employés et le Conseil d’administration (CA). Au cœur de la discorde, un contrat signé entre le Laboratoire et le Dr Bonkoungou, un agent devenu universitaire mais qui garde des liens à travers ledit contrat avec le Labo. Le silence du Conseil d’administration a inquiété certains acteurs. Les agents ont boudé le contrat, l’administration est restée muette avant de rencontrer le personnel sur instruction du Conseil d’administration. Mais finalement, c’est le Conseil d’administration qui se saisira du dossier. Il a décidé…

Aux origines, il y avait le Dr Bonkoungou, un agent qui a fait des pieds et des mains pour faire du Laboratoire national de santé publique (LNSP) une référence. Il a mis  à profit ses relations pour le Labo, apprend-on d’anciens collègues; et ses compétences lui ont servi de tremplin pour tisser une toile de relations professionnelles à travers le monde des scientifiques. Selon certains premiers responsables du LNSP, l’admission du Dr Bonkoungou à l’Université de Ouagadougou comme enseignant-chercheur sonnait comme un ralentissement des activités du LNSP. D’où le contrat entre le Laboratoire et le Dr afin de maintenir d’une manière ce dernier sur les lieux.

Mais depuis que le contrat a été rendu public, c’est là que les langues se sont déliées, sauf au Conseil d’administration où les membres ne cachaient pas leur division. La question était timidement évoquée. Et lors des premières tentatives de prendre les choses en main au niveau du Conseil d’administration, certains disaient ne pas vouloir s’y mêler, prétextant qu’il s’agit d’une gestion interne de la Direction générale. Par la suite, le Conseil, sous la pression, demandera que la Direction générale, assurée par un intérimaire, «rencontre le personnel» pour en savoir davantage.

Même si cela a mis du temps, la rencontre aura finalement lieu. Elle a regroupé les directeurs, les chefs de services centraux et les représentants des deux syndicats du LNSP, à savoir le SYNTSHA et le SNTL/SH. A l’ordre du jour : «1-la poursuite des concertations sur le contrat de prestation conclu entre le LNSP et le Docteur Bonkoungou Isidore, 2- divers». Rencontre de vérités ou course contre la montre ? Les choses semblaient se coincer dans tous  les cas, car, pour sûr, les missionnaires devaient rendre compte au Conseil d’administration dont une des sessions avançait à grands pas. Au cours de la rencontre avec le personnel, beaucoup de choses ont été dites, apprend-on. Il nous est revenu en effet que de grosses révélations ont été faites à propos du contrat. De quelles révélations s’agit-il? Mystère et boule de gomme !

Le CA  se décide enfin…

Le compte rendu de cette rencontre avec le personnel a alors été fait au Conseil d’administration lors de sa session du 1er août dernier. A l’issue des échanges et des différentes appréciations du compte rendu, les membres du Conseil ont commencé à faire route ensemble. Les points de vue ont commencé à converger. Visiblement, les choses dites au cours de la réunion avec le personnel ont convaincu les membres du Conseil à devoir définitivement prendre à bras-le-corps le dossier et décider. Les farouches défenseurs du contrat ont même fait profil bas à ce stade. L’une des décisions a donc été déjà de statuer. C’est ainsi que le contrat de prestation de service signé le 22 janvier 2018 et qui liait le Dr Bonkoungou au Laboratoire national de santé publique a été remis en cause. Il faut surseoir à ce contrat afin d’y voir plus clair.

Qu’est-ce qui a pu bien faire changer d’avis aux membres du Conseil dont certains étaient de défenseurs du contrat? Si certains pensent que le contrat sera relu, d’autres par contre, plaideraient pour son annulation. Dans tous les cas, les choses ne pourraient pas rester en l’état. Visiblement, l’on court vers une relecture du contrat. A défaut, s’il s’agira d’une annulation et beaucoup de choses risquent d’entrer en ligne de compte. Entre autres, quid de l’Accord-cadre signé entre l’UO-Ouaga 1 et le LNSP en vue de faciliter la présence du Dr au Laboratoire? Le CA n’en dit pas mot en tout  cas.

En outre, par lettre datée d’avril 2017, le vice-président de l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo désignait, sur demande du DG du LNSP de l’époque, un référent en la personne du Dr Bonkoungou «pour les activités de recherche dans le champ de la bactériologie-virologie» et ce, dans l’esprit de l’Accord-cadre qui les liait. Le Conseil d’administration en tiendra-t-il compte ?

Par-delà tout, on apprend que le Laboratoire national de santé publique (LNSP) devrait, dans les prochains jours, être piloté par un nouveau Directeur général. En effet, depuis le départ du précédent Directeur général, le Pr Maxime Drabo, la maison était conduite par un intérimaire en la personne du DRH. Un nom circule déjà. Dans les petits carnets, Pr Elie Kabré, l’un des doyens de l’UFR SDS de l’Université Ouaga 1, figure en bonne place et il pourrait avoir pour mission de conduire une maison qui ne lui est pas totalement étrangère. Si  ce choix prospère, ce serait un retour à la maison et les missions seront bien évidemment lourdes, au regard des enjeux du moment. Affaire à suivre !

Aimé NABALOUM
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