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SERVICES PAYES CRS/Ouaga : L’opacité fait toujours sa loi

Nous sommes en début d’année 2017, plusieurs services de la police, dont le camp de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) de Ouagadougou, sont perturbés par des mouvements de protestation. La hiérarchie policière est mise sur la sellette, accusée de gestion opaque des frais du service payé (SP), ces prestations de services payantes de la Police nationale au profit des particuliers. Des cas de malversations ont été décelés à la faveur d’une enquête diligentée par le ministre en charge de la sécurité d’alors, Simon Compaoré. Environ trois ans après, la crise de confiance demeure et ça grogne en sourdine. En plus du traitement peu juste qui leur est réservé, nombreux sont ces policiers qui dénoncent des coupures abusives effectuées sur leurs prises en charge par le service payé. Un comité de gestion du service payé (COGESP) est mis en place après les troubles et est censé permettre à la troupe de veiller à la répartition vertueuse des frais de missions. Mais la transparence tant souhaitée dans le milieu reste vraisemblablement un leurre. Le loup est toujours dans la bergerie. C’est le retour  des mauvaises vieilles pratiques.

Parler du traitement qui est réservé aux policiers dans le cadre des services payés s’avèrent un redoutable exercice pour beaucoup de flics. Ils sont nombreux ceux qui n’ont pas souhaité s’exprimer sur la question par peur de représailles, bien que la possibilité de garder l’anonymat soit garantie. Ceux qui ont accepté de se prêter aux questions, clandestinement, se disent soulagés d’avoir pu le faire. «Je me sens soulagé», «à vrai dire, je me sens libre à présent», dit l’un d’entre eux. Les autres espèrent que la dénonciation va porter du fruit : «vraiment, je vous remercie de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer sur ces problèmes», «j’espère que le message atteindra qui de droit et qu’il y aura un changement, voire de l’amélioration».

Les éléments de la Police nationale ne sont donc toujours pas contents du traitement qui leur est réservé à travers le SP. La plupart en service au Groupement des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) de Ouagadougou sont toujours victimes de coupures des frais de services. Ils fustigent alors la gestion peu orthodoxe des frais des différentes missions qu’ils exécutent dans le cadre de leur profession. Selon eux, une partie des frais ou la totalité n’arrive toujours pas comme il se doit, dans les mains de qui de droit.

«Sincèrement, quand tu laisses une famille derrière toi et tu dis que tu vas en mission, au moins à ton retour, tu dois pouvoir faire quelque chose qui montre que tu étais en mission. Mais quand tu reviens et qu’il y a toujours des problèmes que tu ne peux pas résoudre, vraiment ce n’est pas simple», marmonne Tanga (un nom d’emprunt, ndlr), policier en service au Groupement des CRS de Ouagadougou.

Des agents contraints au silence face au manque de transparence

Nos sources restent certaines que des coupures abusives sont effectuées sur leurs frais du SP. Mais «gare à l’agent qui va chercher à comprendre», ce sera le début de ses problèmes. Alors, «si tu reviens de mission, ce que l’on te donne comme frais, tu prends et tu disparais. Si tu cherches à comprendre, automatiquement, tu es considéré comme un indiscipliné et cela peut conduire à des affectations arbitraires.» De telles situations existent dans le corps, témoignent les policiers rencontrés, et cela laisse penser que les responsables veulent parfois jouer sur le temps pour faire oublier aux agents leurs frais de mission.

Il n’est pas rare que des mois après certaines missions, des missionnaires se voient rétorquer que le prestataire n’a pas encore réglé les frais. Mais en réalité, «c’est une supercherie», conviction d’un habitué du milieu. «Une fois, nous avons fait une mission et six (06) mois après, nous n’avions toujours pas nos frais de mission. Alors, nous sommes partis voir le prestataire. L’intéressé a tiré une copie des états et nous a montré la signature de celui qui est venu prendre l’argent. Quand nous sommes repartis voir l’officier dans son bureau, il a expliqué que l’argent n’était pas encore venu. Nous lui avons présenté les états. Il est parti alors voir le commandant. Ce dernier a saisi à son tour, le chef du bureau des opérations et l’argent était effectivement là. Nous avons donc compris qu’ils voulaient laisser traîner pour que nous oubliions et eux, ils allaient prendre cet argent pour eux-mêmes.» Finalement, les membres de cette mission ont été payés à 15.000 francs par personne. Certes, les frais ont été payés mais les membres de cette mission s’en sont sortis avec des menaces.

Ces types de mission s’exécutent parfois avec de grosses sociétés qui ne sont pas avares sur les montants des contrats. Les sociétés minières surtout sont le filon d’or de la hiérarchie pour les services payés.

Les sociétés minières, le filon d’or de la hiérarchie

ORBIS GOLD, un site minier situé à Boungou dans la Tapoa, à l’Est du Burkina, était l’un des sites de prestations des agents de la CRS. Un contrat de services payés liait les deux parties. Malheureusement, les termes sont tenus secrets. Les éléments concernés par les missions de sécurisation, notamment les escortes, ont fini par douter de la bonne foi de leurs chefs. Ils n’ont pas fait l’économie de mouvements d’humeur pour voir clair dans leur traitement. «Sur cette question de services payés, il est vraiment compliqué pour nous de faire confiance à une quelconque hiérarchie», fulmine un agent, membre d’une équipe d’escorte. Il en veut pour preuves les conditions qui entouraient les missions que lui et ses camarades effectuaient sur la mine ORBIS GOLD. Aucune fiche d’émargement n’est présentée après chaque répartition des frais de mission. Dès lors, il y a le doute qui s’installe. Les agents finiront par découvrir que chaque membre de l’escorte devait percevoir 10.000 francs par mission. Pourtant, «c’était 2.500 francs que percevait chaque élément à chaque mission. Quand les revendications ont commencé, le montant est passé à 10.000 francs, avec une réduction de distance», témoigne-t-il.

Un pactole au détriment des hommes de terrain

Selon les factures dont nous avons eu copie et dont l’objet porte sur «mission d’escorte de sécurité de Ouagadougou, province du Kadiogo, à Natougou dans la province de la Tapoa», il était effectivement mentionné une prise en charge de 10.000 francs par jour et par élément de sécurité. Il était aussi prévu 5.000 francs pour la communication et 10.000  francs pour la coordination. Sur un échantillon de six (06) factures correspondant à six (06) missions d’escorte effectuées en 2015, 2016 et 2017 que nous avons pu consulter, c’est un effectif de cinquante (50) agents de sécurité qui ont été mobilisés. Chaque agent devrait avoir pour l’ensemble la somme de 500.000 francs CFA. Malheureusement, ce sont 125.000 francs qui leur sont revenus, si l’on  s’en tient aux 2.500  francs versés selon les témoignages des flics. Où est donc passée la somme restante de 375.000 francs qui leur revenait, conformément aux termes des factures ?

Ce manque à gagner sur les six (06) missions n’est qu’une infime partie, puisqu’à en croire des sources au sein du Groupement, dans l’année, il peut y avoir plusieurs dizaines de missions de police sur ledit site minier. Ce sont donc des millions FCFA qui sont dans la nature, on du moins dans les poches de certains. Une pilule amère à avaler pour ces derniers, surtout quand les conditions difficiles de travail s’en mêlent. «Vous allez porter vos gilets de Ouagadougou jusqu’à traverser toute la forêt de Fada avec tous les risques possibles. C’est pourquoi, entre-temps, les éléments ont dit merde et que tant que les frais de mission n’augmentent pas, ils ne bougeront plus», se remémore l’un des missionnaires.

Le Commissaire Brice Hien, actuel directeur des unités d’intervention de la Police nationale, était le commandant du Groupement des CRS de Ouagadougou au moment des faits. Sollicité pour plus d’éclaircissements sur ces faits, il nous a orientés vers sa hiérarchie qui devrait l’autoriser à se prononcer. Une demande d’entretien a été déposée en décembre 2019,  auprès de la Direction générale de la police, mais aucune suite n’est jusque-là donnée.

Le dispositif sécuritaire d’Essakane levé malgré des promesses d’espèces sonnantes et trébuchantes

ORBIS GOLD n’est pas la seule société où les services payés ont créé des gorges chaudes. Il y a également la mine d’Essakane SA qui a vu son dispositif sécuritaire assuré par les éléments de la CRS voler en éclats pour des raisons d’incompréhensions autour des fameux frais du SP, entre les éléments de la police et leur hiérarchie. En effet, les éléments qui assuraient la sécurisation du site ont souhaité une amélioration de leurs conditions. Payés à moins de 3.500 francs par jour, ils ont entamé des négociations avec la hiérarchie et entendaient faire bouger les lignes. Un accord a été trouvé en décembre 2018. Selon la hiérarchie de la police, la Mine a consenti à prendre de nouvelles propositions qui seront appliquées à partir de janvier 2019. C’est alors que la proposition de 150.000 francs au lieu de 50.000 francs pour les 15 jours de garde, à raison de 10.000 francs par jour pour les agents et 15.000  francs pour le chef de mission a été faite. Pour l’escorte, les éléments ont demandé 15.000 francs et 20.000 pour le chef de mission.

La hiérarchie de la police consent à son tour à ces nouvelles propositions applicables à partir de janvier 2019. Seulement, en janvier, les frais de mission tombent et à la surprise générale, les agents constatent qu’il s’agit toujours des 50.000 francs pour les deux semaines. Idem pour les mois de février et de mars 2019. Scandale !

Les flics décident alors de protester et de libérer le poste d’Essakane. Une rencontre tripartite entre les policiers, la Direction générale de la police et les représentants de la Mine est convoquée en urgence. Elle n’aura pas lieu et le dispositif sécuritaire d’Essakane a été levé en juin 2019 ; les éléments étaient excédés par le comportement de la hiérarchie, relate un témoin de la situation.

250.000 FCFA, le prix du silence ?

Mais bien avant d’en arriver à la levée du poste, des éléments envoyés pour les négociations auraient fait l’objet d’une cour assidue avec parfois des propositions de leur offrir des espèces sonnantes et trébuchantes afin qu’ils convainquent leurs camarades à abandonner les nouvelles propositions. «On nous a dit que si on arrivait à calmer les éléments pour qu’ils ne lèvent pas le poste d’Essakane, une grosse récompense nous serait offerte», raconte l’un des représentants des hommes de terrain. Parmi la douzaine d’éléments qui représentait leurs camarades, tous n’auraient pas pu résister à la tentation d’une «offre d’environ 250.000 francs chacun pour ne plus parler des histoires du poste d’Essakane et de dire aux éléments que les négociations n’ont pas abouti». Foi d’un concerné qui soutient que c’est suite à ces propositions indécentes que les négociations ont pris un coup. Il ne restait plus aux éléments que de lever le dispositif à Essakane SA.

«Vouloir manger seul, c’est ça qui a conduit à la mise à terme du contrat entre la Mine et la police. On a levé, tout le monde a perdu », peste un agent de police, visiblement partagé entre joie et regret.

Un trou d’environ 13 millions FCFA dans le SP de la BSIC

Outre les sites miniers, certaines institutions financières bénéficient de prestations des éléments de la CRS/Ouaga dans le cadre du SP. Des prestations interrompues pour plusieurs raisons, certes, mais le flou qui entourait le contrat signé avec une institution comme la Banque sahélo- saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) constitue la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En effet, conformément au «Contrat de prestation de service» entre le Groupement des CRS représenté par son commandant d’alors, le Commissaire Brice Hien, et la BSIC, les frais du traitement forfaitaire mensuel en compensation de la rétribution du service de sécurité s’élèvent à 2.900.000 FCFA. Ce contrat dont nous avons eu copie date du 1er juin 2016 et «est établi et conclu pour une durée d’un an renouvelable par tacite reconduction».

Seulement, sur les «états de paiement du service payé» mis à la disposition de l’ensemble des agents de police du Groupement, les frais du traitement forfaitaire mensuel qui y figurent sont largement en deçà de ce que présente le contrat. Dans l’état de paiement du mois de janvier 2017 que nous avons pu consulter, il est mentionné 1.608.000 FCFA comme la part de recettes de la BSIC. C’est autour d’avril – mai 2017 que les éléments vont se rendre compte, à la faveur de ce qu’on pourrait appeler le «printemps des mouvements d’humeur à la police», pour exiger la transparence autour du SP.  «Je me rappelle bien que quand la totalité du SP de la BSIC est venue, le montant mensuel qu’on prenait qui était autour de 10.000 francs est passé à 26.000  francs par élément», se réjouit un agent qui se demande néanmoins «où était bloqué tout cet argent».

A en croire nos sources, c’est effectivement en avril 2017 que le vrai montant du contrat a commencé à figurer sur les états de paiement. A s’en tenir à cela, le manque à gagner pourrait s’estimer à 12.920.000 FCFA, correspondant à dix (10) mois de coupures. Qui a donc empoché toute cette somme ? Difficile d’y répondre, mais ce qui est certain, c’est le Commissaire Brice Hien qui est signataire du contrat en sa qualité de commandant du Groupement des CRS de Ouagadougou.

Des émargements fictifs au compte de supposés bénéficiaires du SP ?

D’autres situations concourent également à jeter des suspicions sur la hiérarchie policière. En fait partie, cette découverte digne d’un détournement. Un témoin en parle : «Après notre prise de service, précisément en mars 2018, nous avons demandé à la hiérarchie de nous fournir l’effectif général nominatif du Groupement, mais nous n’avons rien reçu. Nous décidons alors de mener une petite enquête sur les éléments qui perçoivent le SP sur trois ans, notamment en 2016, 2017 et 2018. A notre grande surprise, nous dénichons près de 50 noms d’éléments affectés, certains depuis un an, d’autres depuis trois ans. Et tenez-vous bien que depuis tout ce temps, la répartition du SP tenait compte d’eux, alors que ces éléments auprès de qui nous nous sommes renseignés, avouent n’avoir  plus perçu le SP depuis leur départ.

Paradoxalement, on nous montre des émargements devant leurs noms. En clair, ce sont des bénéficiaires fictifs, puisqu’après notre interpellation, les noms des concernés ont été retirés des listes. Le SP du mois en cours qui leur revenait était environ 576.000 FCFA.»

Le comité de gestion du service payé n’existe que de nom

Lorsque les mouvements d’humeur contre la gestion des services payés avaient pris de l’ampleur, en 2017, l’idée d’un comité de gestion de ce service a été émise ; le Comité de gestion du service payé (COGESP) avait donc vu le jour. Toujours dans le but de décompresser le climat et dans un souci de transparence, le comité était initialement constitué des représentants de la troupe et de la hiérarchie. Ces derniers étaient annuellement élus par leurs collègues. «Dès son instauration, le COGESP a amélioré la transparence dans la gestion du SP. Il a travaillé à l’union entre la hiérarchie et les éléments. Il a aussi évité beaucoup de crises entre ces deux entités», nous explique un agent bien avisé. Mais aujourd’hui, soit environ trois ans après sa naissance, le COGESP ne rayonne plus de ses mille feux. Il y a péril sur le SP. A en croire une source interne de la police, après la crise qui a secoué l’UNAPOL (le syndicat Union Police Nationale), les cellules du SP seraient détruites par la hiérarchie du fait que les représentants des agents sont affectés au cours de leur mandat et leur remplacement n’a pas été automatique. Et notre source de renchérir qu’avec les dysfonctionnements que connait le COGESP, la gestion du SP est redevenue comme avant.

En effet, au cours de leur mandat, le doyen d’âge qui coiffe l’équipe de fait va démissionner pour des «raisons personnelles». Et depuis août 2019, il ne reste qu’un seul membre parmi eux au sein du Groupement CRS/Ouaga. Les quatre autres membres ont tous été affectés. Le seul élément de la troupe dans le COGESP ne pourrait être en mesure de suivre les différentes missions prestées par les trois camps CRS. Il faudra donc compter sur la bonne foi de la hiérarchie. Pourtant, même au moment où le COGESP était au complet, leur collaboration avec la hiérarchie n’était pas très fructueuse. «Depuis notre prise de service en décembre 2018, nous avons cherché à voir les contrats des différentes prestations, mais la hiérarchie refuse de nous les communiquer. Cette situation concerne surtout les lieux comme les hôtels, la SONABEL, les casinos, les espaces de jeux Ludic Lydia, en général, les points fixes de prestations», déplore un membre du COGESP.

La complicité de certains policiers

Mais il n’y a pas que la hiérarchie qui ne joue pas franc jeu dans cette affaire. Des voix s’élèvent pour dénoncer le manque d’honnêteté de certains éléments du Groupement qui ne contribuent pas, comme il le faut, à promouvoir la transparence, estime un membre du COGESP. Il  explique que des collègues effectuent parfois des missions et c’est quand ils constatent qu’il n’y a rien en retour comme frais ou si ces frais tardent à venir, qu’ils reviennent vers le COGESP pour se plaindre. Par contre, quand la mission a été bien payée et que cela les arrange, ils ne pipent mot à personne.

«On aurait voulu qu’à chaque fois qu’un élément constate que le régisseur a signé une expression de besoin, qu’il mette le COGESP au courant pour qu’il en tienne compte. Sinon, comprenez qu’ainsi, il y a des missions de prestations de services payés qui restent sans traces», précise-t-il. Le COGESP est à ce jour presqu’une coquille vide. Les choses auraient pu bien marcher si la hiérarchie décidait de collaborer, en ce sens que son représentant dans le COGESP est le régisseur, auprès de qui passeraient, en principe, les expressions de besoin de toutes les missions de prestations de services payés.

Selon les témoignages, la hiérarchie policière voit d’un mauvais œil l’existence du COGESP et travaille à le contourner autant que possible. Le bureau dudit comité qui avait été doté du système de permanence dans l’enceinte du  Groupement CRS qui lui permettait d’être au parfum des différentes missions n’est à ce jour qu’un souvenir.

Dasmané NIANGANE

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25 dossiers envoyés en Justice, toujours le silence

En 2017, la gestion scandaleuse des services payés à la Police nationale a suscité des mouvements de protestations dans plusieurs services de police, dont le camp CRS de Ouagadougou. Le rapport d’investigation a révélé plus de 259 millions FCFA engrangés par la CRS/Ouaga dont 14 millions FCFA n’ont pas été justifiés. Le rapport révèle, par ailleurs, que les malversations financières découvertes constituent une perte de plus de 2.166.877.541 FCFA au budget de l’Etat entre janvier 2016 à février 2017. En 14 mois, il ressort que 28 hauts gradés de la police ont empoché à eux seuls 131 millions FCFA des SP des sociétés minières. Le Directeur général de la Police nationale d’alors, Lazare Tarpaga, a reçu 22.105.000 FCFA, son adjoint et actuel Directeur général de l’institution policière, Jean-Bosco Kiénou, s’en sort avec 14.470.000 FCFA, le directeur de la sécurité publique, 19.320.000 FCFA, le directeur des unités d’intervention, 10.675.000 FCFA, les Directeurs régionaux de la police du Sahel, du Centre, du Nord, du Plateau central, des Cascades, du Sud-Ouest, du Centre-Ouest ont empoché 13.375.000 FCFA. Suite à ces révélations, le rapport a été transmis à l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE/LC). Cette dernière a indiqué dans son rapport annuel 2017, avoir saisi la Justice avec 25 dossiers concernant la gestion par la Police nationale des services payés. On constate dans ledit rapport, que ce sont 24 juridictions qui ont été saisies, toutes en juillet 2017. Depuis lors, les regards sont tournés vers l’appareil  judiciaire.

DN

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Où sont passés les 350.000 FCFA du CFOP

Il n’y a pas que la gestion des frais de missions qui fait des gorges chaudes au sein des éléments du Groupement. Celle des dons poserait aussi problème. Un mystère y règne. En effet, après certaines missions, des particuliers offrent des dons aux agents, en général, de l’argent. En pareilles circonstances, le chef de mission fait le point à la hiérarchie et lui remet l’argent.

La marche du Chef de file de l’opposition politique (CFOP), organisée en septembre 2018,  est citée en exemple. En effet, à l’issue de la marche, l’opposition aurait offert une somme d’environ 350.000 FCFA aux éléments de sécurité pour qu’ils « boivent de l’eau avec », dit-elle. « Mais en fin de compte, à ma connaissance, aucun élément n’a reçu un copeck de cette somme jusqu’à ce jour », selon un agent ayant participé à cette mission.

DN

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