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samedi, juillet 13, 2024
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AccueilMESSAGESituation nationale au Burkina : Le Front patriotique insiste sur le pacte républicain

Situation nationale au Burkina : Le Front patriotique insiste sur le pacte républicain

Ceci est une analyse du Front patriotique sur la situation nationale depuis le début de l’année 2024. L’évolution de la guerre au front, la création de l’AES (Alliance des Etats du Sahel), le retrait du Burkina Faso de la CEDEAO, les questions de liberté individuelle et collective, etc. sont autant de points abordés par le Front patriotique.

En ce début d’année 2024, le Front patriotique présente à tous les Burkinabè, et particulièrement à ceux qui ont été victimes des attaques terroristes, à ceux qui, comme les FDS et les VDP, se battent les armes à la main pour libérer notre pays des envahisseurs terroristes, aux familles de ceux qui sont tombés ou ont été blessés dans ce combat, ses meilleurs vœux de bonne année.

Que 2024 soit l’année de notre victoire définitive dans la lutte pour recouvrer la liberté, l’indépendance et la souveraineté de notre pays. Que 2024 consacre l’unité d’esprit et d’action de tous les patriotes burkinabè, afin que, par-delà les différences d’ethnies, de religions, d’idéologies et de projets politiques, ils parviennent à percevoir et à concrétiser ensemble la nécessité de refonder le Faso pour un avenir assuré de notre peuple.

Les premières semaines de l’année 2024 comme les derniers mois de 2023, ont été particulièrement riches en évènements dont la portée et les conséquences sont l’objet d’interrogations, de débats et de spéculations. Ces évènements concernent l’évolution du front de la guerre contre les terroristes, des décisions politiques affectant l’avenir du Burkina Faso au sein de l’Afrique de l’ouest, et des situations relatives aux libertés individuelles et collectives des citoyens.

I – EVOLUTION DU FRONT DE LA GUERRE CONTRE LES TERRORISTES

Depuis quelques mois, il est manifeste que notre armée dispose maintenant d’un arsenal nombreux, diversifié et adapté à notre situation de guerre. Dans cet arsenal, les « vecteurs aériens » (hélicoptères et drones de combat) tiennent une place particulière. Ils permettent de localiser et de suivre discrètement mais avec précision l’ennemi, et même d’identifier ses bases et sa logistique. Leurs interventions peuvent alors précéder et préparer, par des frappes aériennes précises et puissantes, le ratissage ultérieur de la zone par les fantassins. Ce fut le cas à Djibo, et dans toutes les zones où les terroristes se sont établies en chassant les populations.

Ces armes nouvelles, acquises grâce à la diversification de nos relations bilatérales, nous donnent actuellement un avantage certain sur l’ennemi. Nous devons chercher à en tirer rapidement le maximum, afin de l’affaiblir et de l’éradiquer, avant qu’il en trouve la parade.

Le Front patriotique note également les mesures de réorganisation des forces armées :

1- La réorganisation et la création de nouvelles unités (bataillons d’intervention rapide (BIR), brigades spéciales d’intervention rapide, Groupements d’unités mobiles d’intervention (Gumi) de la police, Unités spéciales d’intervention de la Gendarmerie nationale (USIGN), Unités spéciales des services des Eaux et Forêts ou de la Douane) ;

2– Nouvelles répartitions de ces unités à travers le territoire ;

3– Nominations de nouveaux chefs de régions ou d’unités militaires, etc.

Le Front patriotique espère que toutes ces mesures ont été prises, non seulement pour une plus grande efficacité de la lutte anti-terroriste, mais aussi en tenant compte de la nécessité de renforcer la cohésion au sein des forces de défense et de sécurité (FDS) car une armée divisée ne peut pas réussir sa mission.

Cependant, des rumeurs courent sur l’effritement de cette cohésion, illustré par l’arrestation de certains officiers dont on dit qu’ils seraient impliqués dans différentes « tentatives de déstabilisation », et par des radiations de soldats. Tant que des voix autorisées ne fourniront pas des explications crédibles sur ces faits, la rumeur comblera ces silences à sa guise.

II – DECISIONS AFFECTANT L’AVENIR DU BURKINA FASO AU SEIN DE L’AFRIQUE DE L’OUEST

Le Burkina Faso dans l’AES

Le 15 septembre 2023, les Burkinabè ont été surpris d’apprendre par un communiqué que leur pays était désormais membre de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), ou des Etats du Liptako-Gourma, formée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger ! Cette Alliance est officiellement présentée comme une « architecture de défense collective et d’assistance mutuelle », mais parfois aussi comme une nouvelle organisation d’intégration politique et économique, dont certains vont jusqu’à présenter des projets de nouvelle monnaie !

Le sentiment général, partagé aussi par le Front patriotique, est favorable à l’appartenance du Burkina Faso à l’AES.

Mais le moins qu’un « démocrate panafricaniste » puisse exiger, c’est qu’une telle décision ne soit pas prise de manière « clandestine », sans consultation libre des organisations dans lesquelles la majorité du peuple peut se reconnaitre. Il n’est pas juste pour les chefs d’Etat d’agir comme s’ils disposaient à leur guise de leur pays, ou comme si les peuples devaient se soumettre à toutes leurs décisions, comme des moutons de Tabaski. Ce qu’on peut en outre légitimement craindre, c’est que de telles décisions, prises sans consultation véritable du peuple, puissent être facilement remises en cause demain par une nouvelle équipe politique.

Le Front patriotique estime qu’un régime qui veut privilégier sa liaison avec le peuple et travailler dans l’intérêt exclusif de ce dernier, ne devrait pas craindre de le consulter et de le mobiliser sur les grandes questions. Ces consultations et mobilisations ne doivent exclure à priori aucune force sociale organisée, légitime et représentative soucieuse de la stabilité des institutions et du respect de la souveraineté du peuple

Le Burkina Faso s’est retiré de la CEDEAO

Par communiqué diffusé le 28 janvier 2024 par les chaines de télévision nationales, les chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont fait savoir que leurs pays se retiraient « sans délai » de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Le communiqué dénonçait avec véhémence à la fois l’incapacité de cette organisation à respecter les idéaux panafricains de ses pères fondateurs, ses sanctions illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables contre les peuples des pays membres, l’abandon par la CEDEAO de ces peuples dans leur lutte contre le terrorisme, et l’influence exercée sur cette organisation par des puissances étrangères hostiles.

La procédure suivie pour cette décision est la même que celle qui a prévalu pour l’entrée dans l’AES : sans consultation libre d’organisations représentatives. Elle emporte donc les mêmes critiques de fond !

En quittant la CEDEAO, les Etats de l’AES peuvent avoir toute liberté pour donner à l’AES la consistance d’une organisation sous-régionale d’intégration politique et économique. Avec une structuration, une organisation et une articulation plus appropriées, l’AES pourrait même assez rapidement aboutir à une fédération d’Etats, voire même à une confédération. Il n’est pas non plus interdit de penser que l’AES, dans ces conditions, pourrait être d’un attrait singulier pour d’autres pays de la sous-région qui viendraient à constater que « l’attelage » de la CEDEAO, dominé par des pays sans volonté panafricaniste et soumis à des influences extérieures hostiles, reste pour longtemps englués dans les mêmes ornières.

Il convient cependant de souligner que les conséquences à court terme, d’un retrait « sans délai » sont loin d’être anodines pour beaucoup de Burkinabé. Car si l’on peut trouver insuffisant le bilan d’une telle organisation, près de 50 ans après sa création (1975), il n’en demeure pas moins que dans certains domaines, la CEDEAO a apporté quelques avantages à nos populations : libre circulation des personnes et des produits d’origine des pays membres, droit d’établissement, harmonisation des tarifs douaniers, etc.

Mais en quittant « sans délai » la CEDEAO, certains pensent et disent tout haut (et c’est le cas du Conseil ministériel de médiation et de sécurité (CMS) de la CEDEAO) que les chefs d’Etat des trois pays ont eu essentiellement en vue le fait que ce départ les affranchissait des obligations auxquelles ils ont dû souscrire avec elle, malgré la persistance de la situation d’insécurité. Ils s’étaient engagés en particulier à céder le pouvoir aux civils à la fin programmée des périodes de transition, soit février 2024 pour le Mali et juillet 2024 pour le Burkina. Pour le Niger, la date de fin de la transition n’avait pas encore été convenue.

Le Front patriotique estime que les trois chefs d’Etat ne devraient pas se soucier d’une telle préoccupation, car la confiance dont ils paraissent jouir auprès de leurs peuples, leur aurait permis d’obtenir de ces derniers l’accord et le soutien pour un nouveau délai raisonnable nécessaire à l’achèvement de leurs plans de sécurisation des territoires. A la condition d’en discuter et de consulter loyalement leurs peuples !

III – SITUATIONS AFFECTANT LES LIBERTES INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES

Dans le dernier trimestre de 2023 et le mois de janvier 2024, plusieurs faits ont affecté la jouissance par tous les citoyens, des libertés individuelles et collectives :

  1. Les décisions prétendument basées sur le Décret du 19 avril 2023 portant mobilisation générale et mise en garde :

Sous prétexte des besoins de la défense, par décision du Commandant du Commandement du Théâtre national (COTN), un certain nombre de personnes (dirigeants de partis, d’OSC, journalistes ou encore analystes politiques des chaines de radio ou de télévision privées), ont été réquisitionnées. Le plus souvent, elles sont ensuite « enlevées » manu militari soit sur la route, soit à leur domicile, soit à leur lieu de travail, puis conduites vers des destinations inconnues d’où elles ne peuvent généralement pas communiquer avec leurs proches. Ce fut le cas entre autres du Dr Arouna Louré, porte-parole du « Collectif des journalistes, activistes et leaders d’opinion », de Bassirou Badjo et Rasmane Zinaba, membres du « Balai Citoyen », du Dr Daouda Diallo, Président du « Collectif contre l’Impunité et la Stigmatisation des Communautés (CISC) », de Gabin Korbéogo, Président de « l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) », des journalistes Issaka Lingani et Yacouba Ladji Bama, du Dr Ablassé Ouédraogo, Président du parti « Le Faso autrement ». Le Collectif syndical CGTB a annoncé que douze de ses militants ont aussi subi la mesure. Certains de ces « réquisitionnés » auraient même décidé de quitter le pays avant qu’on ne les « enlève ».

b)         Des civils et des militaires apparemment soupçonnés d’avoir pris part à des tentatives de déstabilisation ont été aussi arrêtés ou radiés des effectifs militaires. : Ce fut notamment le cas de Sansan Anselme Kambou (20 septembre 2023) dont la justice a clairement ordonné la libération, et plus récemment (janvier 2024) du lieutenant-colonel Evrard Somda qui fut jusqu’en octobre 2023 le chef d’Etat-major de la gendarmerie nationale.

c)         Des militants et responsables du MPP assurant une permanence au siège de leur parti ont fait l’objet d’arrestations le 04 décembre 2023 vers 20 h, comme si la présence dans les locaux de ce parti était illégale.

d)         L’avocat Me Guy Hervé Kam, Coordonnateur du « Mouvement Servir et non se servir (SENS) », a été arrêté le 24 janvier à sa descente d’avion à l’aéroport de Ouagadougou, alors qu’il revenait de Bobo-Dioulasso. Bien que le motif de cette arrestation soit encore officiellement inconnu, il a pu informer ses proches qu’il était détenu dans les locaux de la Direction de la Sûreté.

e)         Le Secrétaire général de la CGTB a fait l’objet, le 4 février 2024, d’une tentative d’enlèvement à son domicile par des individus armés, en civil, qui se réclamaient de l’ANR. C’est la présence et l’opposition ferme de militants présents qui ont convaincu les assaillants, venus sans mandat, de rebrousser chemin.

Toutes ces arrestations qui ne respectent pas les procédures prévues par la loi, et dont les motifs ne sont jamais annoncés, créent un climat dégradé d’insécurité et d’arbitraire. Persévérer dans de telles dispositions, contribue non seulement à multiplier sans raison les mécontents et les adversaires, mais aussi à éloigner tous ceux que leur bonne foi portait à chercher comment aider la transition à réussir le pari qui fait consensus, de chasser l’ennemi terroriste et de refonder l’Etat, afin qu’il serve plus efficacement le pays et le peuple.

Contrairement à l’idée obsessionnelle qui habite certains, très peu de gens recherchent le pouvoir ou sont désireux de l’exercer dans les conditions prévalant actuellement. Ce que recherchent pratiquement tous ceux qui se prononcent aujourd’hui sur la situation nationale, c’est de susciter « un sursaut patriotique en vue d’éviter à notre pays le chaos sécuritaire, humanitaire, économique et social ».

Le Front patriotique propose à nouveau au régime de la Transition et aux différentes forces sociales de notre pays, l’établissement d’un pacte républicain et moral, qui serait la base des fondations d’un Etat fort, victorieux contre le terrorisme, garant de la souveraineté du peuple et de la cohésion sociale, au service de la justice, de l’équité, de la solidarité nationale, de l’élimination de l’ignorance et de l’indigence, et garantissant à tous l’accès aux services sociaux de base.

Quand le peuple gagne, personne ne perd !

Ouagadougou le 18 février 2024

Pour le Front Patriotique

Le Coordonnateur

Germain Bitiou NAMA

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