ATTAQUE DU CAMP DE KOUTOUGOU : Le commando était dirigé par 2 Burkinabè et un Nigérien

Le détachement militaire de Koutougou a fait l’objet d’une très violente attaque dans la matinée du 19 août 2019 par des terroristes. Cette nième barbarie a fait 24 militaires tués et d’importants matériels détruits ou emportés. C’est le plus grand revers qu’a connu l’armée burkinabè. La situation a provoqué des manifestations de colère qualifiées de ressenti au sein de la troupe. Plus d’un mois après, on en sait plus sur les auteurs, la préparation et le mode opératoire de cette attaque. Les leaders terroristes qui ont planifié la descente sur le camp de Koutougou sont connus : ils sont Burkinabè et Nigérien. Comment ont-ils planifié cette descente sanglante?

Ce revers de l’Armée a eu un retentissement jusqu’à Ouagadougou, avec une grogne au Camp Guillaume Ouédraogo, le 23 août 2019. Des coups de feu ont encore troublé le sommeil de citoyens, entraînant une panique et de folles rumeurs. Sous le choc, beaucoup d’éléments des Forces de défense et de sécurité ont mis du temps avant de pouvoir parler de ce matin noir de Koutougou. Pour certains observateurs avisés des questions sécuritaires, il est difficilement explicable qu’un détachement, dans une position avancée et qui abrite plusieurs dizaines de militaires, se fasse cueillir de la sorte. Il faudra bien chercher à comprendre le déroulement de cette sanglante opération.

Le modus operandi des terroristes

Elle a été l’œuvre de chefs de bases ou de factions terroristes qui pullulent dans le Sahel. Différents leaders terroristes du Sahel ont été appelés à contribuer soit en logistique, soit en hommes ou les deux à la fois. Le commando était dirigé par plusieurs chefs de bases, dont Adama Garibou et Moussa Moumouni. Des informations sur une  possible attaque du détachement ont fuité quelques jours avant. Mais les éléments au front ne savaient pas précisément de quel côté viendra le danger. Dans tous les cas, il était imminent : «alerte rouge».

Les militaires auraient pris des dispositions. Une stratégie est mise en place. Et comme il fallait s’y attendre, très tôt le matin, un groupe de terroristes prend d’assaut le camp. Mais ils sont repoussés une première fois. Malheureusement, la victoire a été de courte durée.

Des assaillants abattus dans le camp

Quelques temps après, les terroristes chargent à nouveau. Koutougou est dans un tintamarre de coups de feu. Tout le monde se terre. et le pire est arrivé : 24 militaires sont tombés.

Du côté des assaillants, 15 terroristes vont également périr : six sur-le-champ  et 9 des suites de leurs blessures. en plus des 15 morts, 11 autres ont été handicapés « à vie », annonce une source sécuritaire. Mais ce n’est pas tout. Les éléments du camp de Koutougou ont réussi à mettre hors d’état de nuire, des cadres importants du terrorisme au Burkina. Il s’agit du Burkinabè Adama Dicko alias Adama Garibou, du Nigérien Ali Moumouni, le frère de Moussa Moumouni, chef d’etat- Major de l’etat islamique au grand Sahara (EIGS), et d’un autre Burkinabè, Goudoudou Moussa Dicko, qui  sévissait dans la zone de Béléhédé.

Une fois l’attaque terminée, les rescapés se sont très vite dispersés en deux groupes, à travers le désert, l’un en direction du sud avec les véhicules et d’autres matériels dérobés et l’autre groupe en direction de Filifala. Après l’attaque, des frappes aériennes ont également été opérées à la frontière malienne, apprend-on. Elles auraient permis de détruire des motos et de tuer deux autres terroristes. Au total, 17 terroristes ont pu être abattus.

Une revendication pour dérouter l’armée burkinabè ?

Les revendications des attaques sont toujours à prendre avec des pincettes. Quand il y a des revendications, elles entrent toujours dans les stratégies des terroristes ; c’est connu. C’est dans ce sens que les spécialistes confient que la revendication faite de l’attaque de Koutougou par le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) est très douteuse dans son contenu. Selon certains experts, en effet, le commando n’a pas été composé par le GSIM. Les chefs de bases qui ont planifié et mené l’opération sont issus d’une  branche de  l’EIGS (Etat islamique au grand Sahara) avec ses factions au Burkina.

Au total, ils ont fourni environ

100 binômes motorisés et 4 véhicules pour la descente sur le camp de Koutougou. Certaines sources n’hésitent pas à avancer le chiffre de plus de  200 combattants qui ont mené l’opération.

Aimé NABALOUM
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