soldats

Des débuts prometteurs pour le triplet SY-Compaoré-Minoungou

Depuis trois ans, le Burkina Faso s’enlise dans une crise sécuritaire qui sape ses efforts de développement économique et social et en fait une destination à éviter pour les investisseurs et autres touristes. Le début de l’année 2019 aura été marqué par une spirale de la violence aveugle du fait des attaques terroristes dans plusieurs localités et les représailles communautaires à Yirgou. Ils ne se passait une journée sans que l’on ne signale des attaques par ci par là. Des centaines de terroristes auraient même jeté leur dévolu sur le détachement militaire de Nassoumbou où ils ont fait officiellement quatre morts et emporté d’importants matériels et armes.

En l’espace de quelques semaines, ce sont des dizaines, voire des centaines de Burkinabè qui sont tombés. Curieusement, le seul moment de répit a été la période comprise entre la démission du Premier ministre Paul Kaba Thiéba, le 18 janvier, et la formation du nouveau gouvernement le 24 du même mois. Mais à peine le gouvernement formé que les attaques ont repris, de plus belle. En attendant que des enquêtes approfondies nous situent sur ce timing des attaques avec l’agenda politique, l’on ne peut que s’interroger sur cette coïncidence troublante.

En attendant, les changements intervenus au niveau des départements de la Sécurité et de la Défense nationale semblent porter les fruits. Il y a eu également les réajustements au niveau du commandement, avec la nomination du Général Moïse Minougou à la tête des Forces armées nationales. Ce dernier a commencé par prendre des mesures courageuses qu’il faut saluer. Sur le terrain, l’on assiste, pour une fois, à des annonces de ripostes fortes face aux attaques terroristes. En effet, selon un communiqué de l’Etat-Major, les Forces de défense et de sécurité ont neutralisé
146 terroristes le 4 février dernier, suite à une attaque dans la Commune rurale de Kain dans la région du Nord, qui a fait 14 morts. Cette neutralisation de terroristes est le résultat de ratissages terrestres et aériens dans plusieurs localités. Le lendemain, suite à une autre attaque de la Brigade de gendarmerie de Oursi, qui a fait 5 morts, la riposte a permis de neutraliser 21 autres terroristes, a-t-on appris d’un autre communiqué de l’EtatMajor.

Dans la foulée, le nouveau patron de l’armée annonce des mesures devant pousser les hommes à ne plus laisser le terrain aux groupes terroristes. De nouveaux chefs sont nommés. Bref, les forces armées se réorganisent pour réussir le pari de la sécurisation du territoire national. Les promus seront-ils les hommes qu’il faut dans le contexte actuel ? Il faut l’espérer. Déjà, depuis les ripostes annoncées, le constat que l’on peut faire c’est que les attaques ont baissé. Est-ce une nouvelle stratégie que les forces
du mal ont adoptée ? Ou alors, a-t-on enfin trouvé la stratégie de riposte et les moyens offensifs nécessaires ? Le duo Chérif Sy (ministre de la Défense) et Ousséni Compaoré (ministre de la Sécurité) allié au Général Minoungou a-t-il commencé à impulser une nouvelle dynamique dans la lutte contre le terrorisme  ? Forment-ils le trio gagnant qui permettra à leurs compatriotes de retrouver un début de sérénité ? C’est tout le mal que l’on peut souhaiter au Burkina Faso qui a assez souffert de la barbarie de ces forces du mal.

Comme nous l’avons toujours écrit, le Burkina Faso a les hommes et les femmes qu’il faut pour faire face à tous les défis qui se posent à lui. C’est surtout la gestion de ce capital humain qui pose problème. Les changements doivent donc se poursuivre afin que sur toute la chaîne des acteurs impliqués dans la lutte contre le terrorisme, l’on
ait des hommes d’honneur, des patriotes capables de toujours mettre l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de leurs affaires personnelles. Il ne faut donc pas s’arrêter en si bon chemin. Il faut mobiliser toutes les capacités nationales pour restaurer l’intégrité et l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. Il faudra également débusquer toutes les complicités de ces terroristes partout où elles se trouvent.

Pour réussir la sécurisation du pays, il faut impérativement ouvrir un autre front, celui de la lutte acharnée contre la corruption, la mal gouvernance, la complaisance et le favoritisme dans tous les secteurs de la vie publique. Car certains Burkinabè sont devenus si cupides qu’ils sont capables de vendre leur pays. Tant que ces sinistres individus vont continuer à prospérer, le terrorisme continuera de prospérer.

Boureima OUEDRAOGO
Ecrit par
Boureima OUEDRAOGO

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Nunc rhoncus sagittis tortor, a posuere tellus cursus suscipit. Pellentesque euismod aliquam lectus vel aliquet.

Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Boureima OUEDRAOGO Ecrit par Boureima OUEDRAOGO

Nous suivre sur…