MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : Que se passe-t-il avec les élèves des classes préparatoires ?

Créées le 7 août 2017 par arrêté 2017-323/MERSI/SG/UO2, les classes préparatoires d’entrée dans les grandes écoles (CPGE) ont pour vocation de préparer les meilleurs élèves burkinabè, détenteurs d’un Baccalauréat séries C, D et E au bout de deux ans de formation, à intégrer des grandes écoles d’Afrique et d’Europe dans les secteurs de la science, de la technologie, de l’économie et de la finance. La première promotion a été recrutée en 2017. au bout des deux ans de préparation, tous ceux ayant franchi la deuxième année préparatoire ont bénéficié d’une bourse pour une formation de leur choix à l’extérieur du pays. La deuxième promotion, recrutée en 2018, nourrissait également le même espoir. Mais la création de l’Ecole Polytechnique de Ouagadougou (EPO), désormais en charge des Classes préparatoires d’entrée dans les grandes écoles (CPGE), pourrait être un frein à ce rêve. Ils sont inquiets et se posent une seule question : bénéficieront-ils des bourses de l’Etat tout comme leurs aînés ?

Dans le cadre de sa politique de doter le Burkina Faso d’une main d’œuvre qualifiée à travers une formation de pointe, surtout dans le domaine des sciences et de la technologie, le gouvernement a créé, en août 2017, des classes préparatoires d’entrée dans les grandes écoles à travers l’arrêté 2017-323/MESRSI/SG/UO2.

Pour la première année en 2017, ils étaient au total une soixantaine. Les meilleurs «élèves» ont tous bénéficié d’une bourse de l’Etat burkinabè pour leur formation à l’extérieur du pays. En août 2018, le ministère a procédé au recrutement de 73 étudiants pour la deuxième promotion. Ils ont pour la plupart pu valider leur première année et effectuent présentement leur deuxième année préparatoire qui constitue d’ailleurs la dernière.

Par la suite, ils devraient subir des tests en vue d’intégrer de grandes écoles à l’extérieur, à travers des bourses de l’Etat. Mais les choses risquent de ne pas se passer comme prévu. Le rêve de ces «élèves» est fortement menacé. En effet, l’Etat a créé l’Ecole Polytechnique de Ouagadougou dont relève dorénavant les classes préparatoires. Cette école, ouverte en 2018, héberge  deux instituts : l’Institut du génie des systèmes industriels et des textiles et l’Institut du génie informa- tique et télécommunications. Cette école devrait accueillir tous « les élèves » ayant achevé leurs classes préparatoires. Il se pourrait alors que les élèves ne soient plus affectés hors du pays pour la poursuite de leurs études.

Selon les dires des « élèves », il se murmurerait déjà que leur promotion ne pourra pas bénéficier de bourses pour poursuivre dans leur filière à l’extérieur du pays cette année. Pourtant, selon eux, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Alkassoum Maïga, lors du lancement des classes préparatoires d’entrée dans les grandes écoles, le 30 novembre 2018, aurait donné des assurances.

Pour ces « élèves », les deux instituts de l’EPO ne prennent pas en compte certaines formations de leur choix. Ils ont alors entrepris des démarches avec l’administration de l’Ecole polytechnique de Ouagadougou (EPO) en charge des classes préparatoires, pour être mieux situés sur leur sort. Une audience leur a été accordée le 27 mai 2020. Mais, cette entrevue n’avait pu dissiper les inquiétudes des élèves. L’administration leur aurait promis de transmettre leurs doléances au ministre de l’Enseignement supérieur.

Pour avoir la version de l’administration sur la situation de ces élèves de la deuxième promotion des classes préparatoires, nous avons approché le premier responsable de l’Ecole polytechnique de Ouagadougou (EPO), Dr Issa Tapsoba. Il évoque un problème de communication. En effet, selon ses dires, les « élèves » inscrits actuellement en deuxième année des classes préparatoires à l’école polytechnique peuvent intégrer l’un des deux instituts pour le cycle d’ingénieur.

Par ailleurs, il soutient que rien ne les oblige à choisir un des deux instituts. Il note que ces derniers peuvent également passer des tests d’entrée dans d’autres grandes écoles, hors du pays. Quant aux bourses octroyées à tous les « élèves » de la première promotion des classes préparatoires, les premiers responsables de l’école polytechnique se défendent. Ils expliquent que cette décision d’octroyer la bourse à tous les « élèves » de la première promotion avait été prise de façon exceptionnelle, lors d’un Conseil des ministres sur propositions du ministre de l’Enseignement supérieur. Il justifie cette décision par le fait qu’à cette époque, les cycles ingénieurs de l’EPO n’étaient pas encore opérationnels.

Salifou OUEDRAOGO et Salomé SIMPORE (stagiaire)

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