AEROPORT INTERNATIONAL DE OUAGADOUGOU : Les travailleurs de SECURICOM Burkina sans salaire

Dans Le Reporter n° 296 du 15 au 31 octobre 2020, nous relevions des pratiques scandaleuses dans la gestion du personnel à SECURICOM Burkina. Depuis la fermeture de l’Aéroport international de Ouagadougou pour limiter la propagation de la Covid-19, les travailleurs de cette société ont été illégalement confinés dans un cycle interminable de chômage technique, disions-nous. Cette situation ayant engendré une diminution substantielle
de leur salaire a visiblement atteint les limites du supportable pour beaucoup de travailleurs.

La sérénité est loin d’être la chose la mieux partagée en ce moment à SECURICOM Burkina. Des travailleurs de cette société qui officie à l’Aéroport international de Ouagadougou ne reçoivent plus de salaire à la fin du mois et pourtant, ils travaillent chaque jour. Ayant reçu 30% de leur salaire par billetage pendant six mois, ces travailleurs sont passés à 50% à
la fin du mois d’octobre dernier, et là, sous forme de virement bancaire pour une période de trois mois. Dans ce contexte, pour ceux qui avaient déjà contracté des prêts dans les institutions bancaires, cette somme est engloutie directement par les banques et presque plus rien pour les travailleurs. Cette situation intenable, favorisée par ce que l’on pourrait qualifier de mauvaise foi de l’équipe de gestion de la société, est la résultante des graves irrégularités enregistrées dans les décisions de chômage technique.

En rappel, ces décisions de chômage technique ont été prises sans consultation préalable des travailleurs, encore moins des délégués de personnel. A cette irrégularité flagrante s’ajoute l’enchaînement irrégulier de trois périodes de chômage technique, chacune de trois mois. Cet enchaînement bute de front l’article 12 de l’arrêté de N°2006-43/MTSS/SG/DGT portant condition de mise en chômage technique qui impose seulement une période de trois mois renouvelable une seule fois.

A l’issue de cette période, si la situation qui a nécessité la prise de mesures de chômage technique ne change pas, la société doit acter le licenciement des travailleurs. Mais cela n’a pas été le cas. Au lieu de suivre cette procédure, SECURICOM Burkina va choisir d’exploiter le personnel. Après une première phase de trois mois de chômage technique totale commencée le 1er avril jusqu’au 1er juillet, s’en est suivie une autre phase de trois mois qui a pris fin le 1er octobre 2020.

Malgré ces 6 mois de chômage technique totale pendant lesquels les travailleurs percevaient 30% de leur salaire, SECURICOM Burkina a encore imposé une phase de chômage technique dite partielle de 3 mois durant laquelle la société va verser 50% du salaire à chaque employé. Cela s’explique difficilement, parce que les activités de SECURICOM ont repris à l’aéroport de Ouagadougou et malgré cette évolution notable qui met en évidence le besoin de personnel, les responsables de SECURICOM Burkina ont décidé de maintenir les travailleurs dans un nouveau cycle de chômage
technique dit partiel et ce, contrairement aux textes en vigueur qui imposent la régularisation de la situation des travailleurs.

Toutes ces gymnastiques pour ne pas payer convenablement les travailleurs sont en train de virer au cauchemar. Et voilà que les virements effectués à la fin du mois d’octobre ont été engloutis par les banques pour de nombreux travailleurs ayant contracté des prêts. Les travailleurs subissent actuellement une grande pression, car n’ayant rien pour se prendre en charge encore moins leurs familles. A ce qu’on dit, certains travailleurs commencent à s’absenter du travail et d’autres même ont été sommés d’écrire des lettres d’explication pour raison d’absence. Il faut craindre que la situation ne s’embrase à SECURICOM Burkina.

Soudaine recherche des délégués syndicaux

Par ailleurs, depuis les dénonciations faites sur l’absence de délégué syndical à SECURICOM Burkina, une société employant plus de 80 employés, les choses semblent bouger à pas de caméléon. Visiblement, les dénonciations sur l’absence de délégué de personnel à SECURICOM Burkina ont touché là où il fallait. Après la parution de notre article, les responsables de SECURICOM se sont lancés dans la recherche des délégués syndicaux. Dans une correspondance du 27 octobre dernier, le Directeur des Ressources humaines a adressé une lettre aux différents groupes syndicaux représentés à SECURICOM afin qu’ils présentent des candidats aux élections des délégués syndicaux qui seront organisées dans la société.

Un délai de 10 jours a été donné à ces organisations pour faire parvenir les noms. Les organisations syndicales auraient réagi dans le délai imparti mais depuis, rien ne filtre. Affaire à suivre !

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Simplice Zongo
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