AFFAIRE ESCROQUERIE AU TGI DE OUAGADOUGOU : Le Juge Bilgho révoqué !

Dans  notre livraison n°190 du 15  mai 2016, nous relations une  affaire d’extorsion de sous par deux  magistrats au Tribunal de Grande instance (TGI) de Ouagadougou au cours d’une instruction. La victime est un jeune commerçant du nom  de  Harouna. Ses PUH  (Permis  urbains  d’habiter) récupérés,  contraint  de  vendre une  de  ses maisons  pour commencer le remboursement d’une dette qu’il dit ne pas reconnaitre puisque n’ayant jamais contracté avec la personne qui se plaint. Sa voiture a aussi été saisie. Par la suite, il a connu la prison, la liberté provisoire, etc. Une  fois notre article paru, une citation directe en diffamation nous avait été envoyée par l’un des magistrats, le juge d’instruction à l’époque des faits, Rodrigue Bilgho. Il réclame 50  millions FCFA pour laver son honneur. Aujourd’hui, le Conseil de discipline a décidé de sa révocation du corps de la magistrature. Mais il y a eu bien d’autres choses dans cette affaire. Comment la parcelle du commerçant a été vendue ?

Au départ, le juge d’instruction avait fait saisir les biens du commerçant Harouna afin de rembourser à un autre commerçant, une prétendue dette envers ce dernier. Il nie qu’il  ne connait  ni d’Adam ni  d’Eve,  le  commerçant  à qui il devait de l’argent. Sa parcelle a été mise en vente. Qui a assuré cette vente ? Selon un témoin des faits, celui qui tenait le dossier de la parcelle lors de la transaction est « un homme de la Justice ». Mais le commerçant lui-même déclare qu’il n’a jamais confié à un démarcheur ou à un quelconque acheteur que sa cour était en vente. L’on sait tout de même que Harouna a été conduit par cet «homme de la Justice » au guichet unique de Ouagadougou et par les soins  du  cabinet  d’instruction n°4 du TGI de Ouagadougou, afin de formaliser la vente, puisqu’un acquéreur a été trouvé. « Les papiers étaient entre les mains d’un « homme de la Justice »  et non  entre les mains de Harouna », explique le témoin.

Une fois les vérifications faites au guichet unique, la vente pouvait s’opérer. La maison a été achetée à 17 millions FCFA comme nous le disions dans le premier article. L’acheteur veut signer un chèque pour finaliser son achat. L’homme venu du palais fait  savoir  qu’il  préfère plutôt de la liquidité au lieu d’un chèque. Que faire ? L’acheteur ne dispose pas de liquidité. Ils prennent ensemble alors la direction d’une banque de la place. Plus précisément une agence située à la périphérie est de la ville. L’acheteur y fait un retrait et, ils se rendent au domicile de ce der- nier, comptent ensemble l’argent avant de remettre le pactole à l’ « homme  de la Justice ». Selon un autre témoin  de  la  scène, Harouna s’exprimait difficilement, lui qui venait d’être contraint  de vendre sa par- celle ; il tremblait. Une fine sueur tombait  de son front, ajoute le témoin.

Les décharges à problème

Nous apprendrons par d’autres sources qu’une fois retourné au cabinet après la vente, des décharges ont été dressées afin  d’attester que des montants  d’argent   ont été versés en guise de début de remboursement. Trois décharges au total ont été donc  dressées sur-le-champ. Le commerçant, la main sur le cœur, explique que toutes les décharges ont été signées séance tenante. Mais comment ? Chose curieuse,  on constate  que les dates desdites décharges sont différentes. Pourquoi a- t-on antidaté les  décharges ? Le commerçant  a été invité à signer la première décharge. Quant à la deuxième, elle a été signée par son employé de commerce et la troisième par un petit  frère  du  même  commerçant Harouna.

« Aujourd’hui, l’opinion publique nationale et internationale  est témoin de la réalité. Le  Juge  Bilgho  est cité parmi  les 37 magistrats qui ont, selon leurs propres collègues, eu des comportements contraires à l’éthique de leur profession. Il lui est particulièrement reproché d’avoir reçu indûment de l’argent, d’avoir refusé de poser des actes de procédures, d’avoir  vendu une parution n°4 du TGI de Ouagadougou, afin de formaliser la vente, puisqu’un acquéreur a été trouvé. « Les papiers étaient entre les mains d’un « homme de la Justice »  et non  entre les mains de Harouna », explique le témoin. Une fois les vérifications faites au guichet unique, la vente pouvait s’opérer. La maison a été achetée à 17 millions FCFA comme nous le dis- ions dans le premier article. L’acheteur veut signer un chèque pour finaliser son achat. L’homme venu du palais  fait  savoir  qu’il  préfère plutôt de la liquidité au lieu d’un chèque.

Aux dernières nouvelles, le Juge Bilgho est entendu par le Conseil de discipline  lors de sa dernière session. Et la sanction  est  tombée.   Pour des faits en porte-à-faux avec l’éthique  et la déontologie de la magistrature, le Juge Rodrigue Bilgho a été révoqué du corps de la magistrature.  Il peut attaquer la décision devant les juridictions administratives. Affaire à suivre !

Aimé NABALOUM
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