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Affaire étrange à La Police nationale

policeL’affaire est invraisemblable et indispose énormément au sein de la police nationale. Mi-août 2016, des usagers de la voie publique se voient retirer leurs motos par des éléments de la Police nationale, pour non-respect du Code de la route. Les engins sont envoyés en fourrière au commissariat de Tampouy. Les intéressés sont invités à passer une semaine plus tard pour retirer leurs engins contre payement d’une contravention. C’est le début du calvaire pour les infortunés. Lorsqu’ils se présentent au commissariat, point de motos. Après moult va et vient, on finit par leur faire savoir que leurs engins seraient volés. Dans les locaux de la Police. Puis quelques temps après, les engins sont retrouvés. Mais il y a problème.

J’ai été pris au feu et on m’avait dit que c’est une semaine après que je pouvais passer au commissariat deTampouy récupérer ma moto 135. Quand je suis allé après la semaine pour récupérer ma moto, la police m’a dit qu’elle ne la retrouvait. On m’a donné un autre rendez-vous.Je suis reparti et ils n’avaient toujours pas retrouvé ma moto. C’est au troisième rendezvous qu’on l’a retrouvée, mais elle avait subi des dégradations : la plaque d’immatriculation avait été démontée et la peinture refaite.Il y a des parties qui sont rayées. J’avais mis le plein de carburant. Il y a aussi une trousse des clés qui a été enlevée et les autocollants que j’avais placés sur la moto au niveau de la devanture avaient été décollés… ». C’est la confidence que nous a fait un usager. Difficile pour lui et d’autres compagnons d’infortune d’admettre que leurs engins se retrouvent dans un si piteux état, alors qu’ils étaient censés être en lieu sûr dans les locaux de la police.

motoMais la police ne leur a pas dit tout de suite ce qui était arrivé aux motos. Certains propriétaires ont vite pensé que leurs engins avaient été volés. Les responsables de la police du Centre finissent par se confesser : « lesmotos ont subi un vol dansles locaux de la police ». En effet, les motos avaient été parquées dans la cour du Service régional de la circulation et de la sécurité routière du centre, situé à Tampouy. « Dans la nuit du17 août, à la faveur d’unegrande pluie, quatre motos ont été volées »,a confié le chef dudit service, le commissaire Bangré Moussa Kaboré. Mais fait bizarre, le lendemain 18 août, les agents de police qui étaient de garde la nuit de l’infraction, n’ont pas fait le point routinier à ceux qui devaient les relayer. Il a fallu attendre une semaine. Et c’est au moment où les propriétaires des motos se sont présentés que le service de sécurité s’est rendu compte de l’absence de quatre engins du lot. Une victime de ce vol pas comme les autres raconte : « J’ai acquis mamoto il y a environ quatremois. Quand l’informationselon laquelle elle a étévolée m’est parvenue, je mesuis mis à crier devant lespoliciers en leur disant quej’allais faire appel aux« koglwéogo » pour qu’ilsm’aident à trouver monengin ». Face à cette situation bien embarrassante, la police s’est lancée à la recherche des engins. En moins d’une semaine les motos sont retrouvées mais dans un piteux état. De sorte qu’il était parfois difficile pour les propriétaires de les reconnaître. Les présumés auteurs du vol auraient été appréhendés et seraient en détention à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Foi de la police.

La gestion de la situation

moto2Tout porte à croire que les motos avaient déjà été dépiécées et mais en vente. Ils auraient été reconstitués pour être remis à leurs propriétaires. Mais ces derniers ne pouvaient pas s’en contenter ainsi, tant les dégâts étaient énormes pour certains. Face aux multiples plaintes, les agents de police ont demandé aux victimes d’évaluer le coût des dégradations de leurs engins et leur envoyer les devis. Un premier usager s’est présenté avec un devis de près de 40 000 FCFA, le remboursement a été fait, sans discussion. Ce qui ne sera pas le cas pour une deuxième victime qui n’a pas eu la même chance. En effet, l’usager en question qui a estimé que son engin a été sérieusement dégradé, a présenté un devis d’environ 147 000 F CFA. Une somme que les autorités régionales de la police du centre auraient jugée trop élevée et ont proposé à l’usager deux options. La première, l’usager devrait déposer une plainte contre l’auteur du vol, une procédure judiciaire qui exige l’audition de l’usager et la mise sous scellé de la moto volée jusqu’au procès pour une contre-expertise. La deuxième option, l’usager repart avec sa moto sans déposer plainte et l’affaire restera sans suite. « Moi j’aidécidé de partir avec mamoto, parce que la moto aété volée dans les mains despoliciers et c’est eux qui disentqu’ils ont appréhendé levoleur donc j’estime qu’il leurrevient de le poursuivre », a fait savoir la victime. Les victimes ne croient pas aux versions données par la police. Elles se demandent comment des voleurs ont pu sortir des motos dans un service où travaillent des agents de police censés veiller au grain. Ces victimes n’excluent pas une complicité entre les voleurs et des agents indélicats qui travaillent dans ce service de la Police nationale.

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