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AN II DE L’INSURRECTION : L’hommage aux 42 âmes sur les ruines de l’Assemblée nationale

Le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, a présidé le 31 octobre 2016, la cérémonie d’hommage aux victimes de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et du putsch manqué de septembre 2015. Une foule moyenne a pris part à cette cérémonie. Les hommages ont été rendus. Les parents des victimes ont dit « merci » et sollicité encore plus d’actions. La foule exige justice. La cérémonie a été précédée d’une marche qui a débuté à la place de la Nation pour se terminer sur les ruines de l’ancienne Assemblée nationale.

Le 30 octobre 2014, il était environ 9h et demie. La dernière barrière du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avait commencé à faire marche-arrière avec la foule « en colère » qui avançait les bras en l’air. C’était la dernière étape à franchir. Et les hommes armés ont fini par céder. C’était aux environs du rond-point des Nations unies. Le 31 octobre 2016, au même endroit, la foule qui avait entamé sa marche depuis la place de la Révolution a entonné le Ditanyè, chanté en choeur. Une fois sur la place de l’ancienne Assemblée nationale, presqu’à la même heure qu’en 2014 quand la foule entrait dans la cour, une minute de silence a été observée pendant que la sirène de la mairie centrale sifflait. Puis commence alors la cérémonie d’hommage à proprement parler. Un collectif d’artistes prônant « Le Faso d’abord » passe sur la scène accompagné d’ovations. Le ministre d’Etat Simon Compaoré passe au parloir et égrène la liste nominative, les âges et les lieux où la mort a fauché les martyrs de l’insurrection populaire et du putsch. A chaque nom cité, des voix répondaient « mort pour la patrie » pendant que d’autres eux exigeaient « vérité et justice ». Une quarantaine de noms. Précisément 42 martyrs, dira le ministre Simon Compaoré. Le représentant des victimes,

Franck Sia, au cours de son adresse, s’est voulu reconnaissant à l’endroit des autorités qui ont fait des efforts pour que les victimes et les blessés aient plus d’égard. L’insurrection a été une manifestation de la volonté du peuple d’aller vers un Burkina plus fort. Si les grandes luttes ne se font jamais sans conséquences, l’espoir reste encore permis pour le pays. Les attentes sont toujours énormes chez les parents des victimes et des 129 blessés qui attendent toujours des soins adéquats. C’est dans ce sens que leur représentant a sollicité la mise en place d’un « fonds d’accompagnement au profit des victimes ». Des victoires ont été enregistrées dans la lutte, à savoir le refus du tripatouillage des textes et la tenue effective des élections. Mais il reste encore une victoire et c’est « la victoire judiciaire. L’émergence du Burkina est entre les mains de vous magistrats, de vous hommes du pouvoir judiciaire. Nous demandons la lumière sur tous les dossiers pendants », dira Franck Sia.

temoinsLe discours officiel a été livré par le ministre d’Etat Simon Compaoré qui a rendu hommage « aux hommes, aux femmes, aux jeunes qui ont su braver la soif, la fatigue, le feu, la mort pour que nous soyons tous aujourd’hui libres et fiers ». « Les martyrs sont tombés sous les balles assassines de ceux qui ramaient à contrecourant du cheminement du peuple », dira-t-il. Et dans ce sens, « un devoir de mémoire s’impose à tous les gouvernants et à tous les filles et fils de marquer l’arrêt du 31 octobre chaque année pour se rappeler de ceux qui sont tombés sur le champ de bataille.

Certes, le souvenir est douloureux mais le combat n’est pas terminé avec les agissements « de certaines personnes qui tentent de remettre en cause les acquis de l’insurrection pour replanter l’ordre ancien » que l’histoire a condamné. Le souhait du ministre est que d’ici l’année prochaine, la justice ait été rendue aux victimes. « Nous souffrons tous de ces libérations et ensemble nous allons faire bouger les lignes au niveau de la Justice pour que la justice soit rendue », martèle Simon Compaoré. Quid de la réconciliation ? « Quand la justice sera au rendez-vous, quand la vérité sera au rendezvous, nous pourrons sereinement parler de réconciliation. Et le peuple sera intraitable », a-t-il conclu.

Le président de la Transition, Michel Kafando, qui a pris part à la cérémonie, s’est prononcé à l’issue tout en mettant un point d’honneur sur la justice. Pour lui, « le gouvernement actuel est condamné à avoir une justice pour les victimes aussi bien de l’insurrection que du coup d’Etat ». Toutefois, le plus important n’est pas d’aller vite mais de se rassurer qu’il y aura « une vraie justice qui rétablisse les gens dans leur droit, qui fasse que nous ne puissions plus jamais nous livrer à ce qui s’est passé au Burkina aussi bien sous l’ère du Président Compaoré que ce coup d’Etat que nous avons tous déploré ». La cérémonie d’hommage s’est terminée par une visite des locaux par les personnalités avec le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré en tête.

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