ARRONDISSEMENT 3 DE OUAGADOUGOU : Vive tension autour d’une parcelle

Dans le quartier Tampouy, au secteur 16 de l’arrondissement 3, à quelques encablures de l’échangeur du Nord (Borg-bila), prévaut en ce moment une vive tension autour d’un espace non aménagé. Certains habitants vivant dans la zone avaient été réinstallés dans un espace aménagé. D’autres, par contre, y sont restés. Les autochtones du village avaient octroyé, suite à une demande, une portion de cet espace à une dame et ses fidèles pour en faire un lieu de culte. Elle est pasteur, apprend-on. La cohabitation était bonne. Seulement, après trois ans de cohésion, la sérénité ne semble plus être de mise entre les riverains et la nouvelle venue. Malheureusement, ce manque de cohésion s’est transformé en un conflit ouvert. La tension est montée sur le terrain. La situation pourrait virer au pire à tout moment.

L’heure n’est pas à la sérénité au secteur 16 dans le quartier Borg-bila de Tampouy, entre les riverains et des membres d’une église vénus demander un espace pour la célébration de leur culte. Tout a débuté en 2016. Les nouveaux arrivants avaient été accueillis dans la bonne ferveur. Tout allait bien. La cohésion était au rendez- vous. Les riverains avaient même facilité l’installation de ces derniers avec la construction du hangar devant abriter le lieu de culte. Après trois ans de cohabitation pacifique, les responsables de l’église décident d’agrandir le cadre au regard du nombre croissant des fidèles. Les riverains vont encore apporter main forte à la communauté pour l’agrandissement du hangar devant servir d’église. L’élargissement du lieu de culte va drainer du monde. Un des riverains y voit une opportunité d’affaire. Il décide d’installer un kiosque de vente de café et autres aux alentours de l’église. C’est le début de la discorde. En effet, un kiosque appartenant à l’église avait été construit par la première responsable. Alors, il n’est pas question pour elle « de laisser implanter un autre kiosque concurrent aux alentours de l’église ».

Le kiosque de la discorde

La responsable de l’église estime que l’espace sur lequel est construit le kiosque du riverain lui appartient. Très vite, elle somme le riverain de déguerpir. Elle entreprend même de poser des bornes de délimitation sur l’espace. Les riverains, n’en revenant pas, décident de déterrer les bornes. Ils demandent également à la  «femme de Dieu»  de leur prouver que l’espace tant réclamé lui appartient. Impossible de le prouver. Alors, elle décide de passer à la vitesse supérieure. Un ultimatum de quatorze jours est donné aux riverains de déterrer le hangar et de déguerpir. Pour les riverains, il n’en sera pas ainsi. Ils décident alors de ne pas s’exécuter.

La Police municipale s’ingère

Le 7 mai 2019, après expiration de l’ultimatum, c’est la Police municipale qui débarque sur les lieux et emporte les chaises et les tables entreposées dans le kiosque appartenant au riverain. Ce sont au total 16 chaises et 7 tables qui ont étés emportées. Une convocation a également été remise par la Police municipale centrale au propriétaire du kiosque. Sur les lieux, la Police municipale intime l’ordre au riverain propriétaire du kiosque de déguerpir parce qu’il ne possède pas de «papier». De plus, selon la Police municipale, la responsable de l’église possèderait ses «papiers», et de ce fait, elle n’est pas concernée. Mais, de quels « papiers  » parle la Police municipale ? Auprès de quelle autorité, les responsables de l’église ont pu acquérir ces fameux «papiers», surtout qu’il s’agit d’une zone inondable non aménagée ?

Une semaine plus tard, soit le mardi 14 mai, la Police municipale a encore débarqué sur les lieux. Cette fois-ci, les hangars servant de kiosque sont saccagés par l’équipe de la Police municipale qui invoque des raisons de sécurité dans la zone de l’échangeur. En effet, pour la Police municipale, la distance qui sépare le lieu d’implantation du kiosque et l’échangeur du Nord ne serait pas en règle. Est-ce la vraie raison du déguerpissement ? Difficile de comprendre. Révoltés, et soupçonnant la responsable de l’église d’être à l’origine du déguerpissement de leur frère par la Police municipale, des habitants du quartier ont décidé, à leur tour, de saccager l’église : une véritable razzia. Il ne restera plus rien de l’église.  Les membres  de cette église et les riverains sont actuellement sur le qui-vive. Franchiront-ils une autre étape ? Le Conseil municipal est  interpellé. Affaire à suivre ! Nous y reviendrons.

Salifou OUEDRAOGO

Avatar
Ecrit par
Le Reporter
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Avatar Ecrit par Le Reporter

Nous suivre sur…