DROIT AU LOGEMENT : L’autre nom de la bombe en retardement

Le droit au logement est en passe de devenir un luxe au Burkina Faso. La Coalition des associations pour la défense du droit au logement (CDDL) s’est mobilisée et ce, depuis des années déjà, afin d’œuvrer à l’effectivité de ce droit. Cependant, elle peine à trouver une oreille attentive auprès des autorités. Elle est une fois de plus montée au créneau au cours d’une conférence de presse ce 18 juin 2020, pour faire le point de sa plateforme revendicative qu’elle porte.

La spoliation des terres au Burkina et surtout à Ouagadougou et ses environs contraint des populations à squatter les zones non loties. Et là encore, elles sont persécutées par des sociétés immobilières jusqu’à leurs derniers retranchements. Certains sont simplement déguerpis, avec l’argument qu’elles se seraient installées injustement sur des propriétés privées, appartenant à des sociétés immobilières. Mais comment elles se sont procuré ses terres, les lotir, alors même que les lotissements sont suspendus ? Mystère, a précisé Nebié Pama, Secrétaire général de la Coalition des associations de défense du droit au logement (CDDL).

Pour rappel, la coalition a transmis une plateforme minimale revendicative au Premier ministre le 16 mai 2019, et engagement avait été pris d’apurer le passif foncier urbain conformément aux recommandations du Parlement. A un an un mois, aucune ligne n’a bougé. Mieux, les préoccupations des populations en matière foncière font face à l’indolence des autorités alors que le nombre des sociétés immobilières croît toujours et elles avalent des terres. «Nous ne pouvons pas acheter les logements dits sociaux que nous proposent lesdites sociétés, nous voulons juste des lopins de terre pour nous et nos enfants», a soupiré Bernard Compaoré, président de la CDDL.

«Au lieu de traiter nos légitimes revendications, le pouvoir MPP et ses alliés se sont érigés en pilleurs et exploiteurs des terres au détriment des populations qui croupissent dans une misère ambiante. Les pères de familles vivent avec la peur au ventre, car vivre dans une non lotie aujourd’hui, c’est courir le risque d’être déguerpi manu militari du jour au lendemain. Les exemples sont légion, les habitants de certains quartiers vivent le calvaire, ce sont les tracasseries juridico-policières à n’en pas finir». Telles sont les récriminations des responsables de la CDDL.

Ce point de presse s’est voulu interpellateur et en même temps une invite à se pencher sur les préoccupations des populations et à interdire l’action des sociétés immobilières, car la cohésion sociale est en mal dans les non loties. Si rien n’est fait d’ans l’urgence, la CDDL craint, car, «jusqu’à ce jour, nous réussissons tant bien que mal à calmer les populations, mais si rien n’est fait, les gens se défendront».

Les animateurs de la conférence de presse ont saisi l’occasion pour appeler les militants de la Coalition à ressouder les rangs, à se solidariser avec les fonctionnaires du public et du privé en lutte afin de «créer une union populaire face à ces oppresseurs d’un autre siècle», ont-ils conclu.

Sié KAMBOU (Stagiaire)

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