Il faut arrêter ces réseaux de prédateurs

La question foncière est une véritable poudrière en instance d’explosion. Après les lotissements sauvages et les spéculations foncières de certains Maires et Conseillers municipaux sous l’ère Compaoré, voici venue l’ère des sociétés immobilières et autres rapaces qui écument les Communes rurales et s’octroient à moindre frais de vastes étendues de terres qu’elles morcèlent et revendent à prix d’or.

Ces opérations sont menées avec la complicité de Conseillers municipaux devenus des démarcheurs ou des agents de ces sociétés abusivement dites de promotion immobilière. Le procédé est simple. Elles profitent de la misère et de l’ignorance des populations, s’accaparent leurs terres contre des sommes dérisoires, des motos et des promesses de parcelles après viabilisation, parfois, la construction des maisons en dur des chefs de villages, etc. Elles dressent ensuite des procès-verbaux de cession de terres comme le prévoit la loi. Avec ces procès-verbaux, elles introduisent des demandes d’attribution aux niveaux des Conseils municipaux. Avec la complicité d’élus locaux et des pratiques corruptrices, elles obtiennent ces délibérations qui leur octroient des centaines, voire des milliers d’hectares. Et le tour est joué.

La suite, c’est le morcellement et la vente de parcelles, sans même obtenir les titres fonciers qui confirment que les superficies ainsi obtenues sont effectivement devenues leurs propriétés. La grande majorité n’est que des prédateurs de la terre. Elles n’ont aucun projet de promotion immobilière. La plupart d’entre elles ne prennent même plus la peine de se mettre à jour vis-à-vis de la règlementation en la matière. Elles vendent des terrains nus.

L’Etat et les collectivités territoriales mis devant le fait accompli, se contentent de publier des communiqués dénonçant des lotissements illégaux et invitent les populations à ne pas se laisser embarquer dans ces opérations. Si ce n’est le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme qui se
démarque de ces opérations, ce sont les Maires qui tentent de s’en laver les mains. Mais rien de sérieux n’est entrepris pour mettre fin à ces pratiques illégales et sanctionner leurs auteurs.

Pendant ce temps, les prédateurs continuent allègrement leurs forfaitures dans plusieurs localités du pays, notamment, au niveau des Communes rurales autour de la capitale Ouagadougou. Des citoyens ont acheté des parcelles et ne peuvent pas avoir des documents, notamment, les attestations d’attribution. Ils courent derrière ces sociétés qui ne peuvent pas avoir lesdits documents, parce que leurs lotissements ne sont pas conformes aux prescriptions légales. Et ni l’Etat central, ni les Communes ne se sentent pas responsables de leur désarroi.

En somme, c’est tant pis pour eux s’ils se sont fait arnaquer par des sociétés qui pourtant existent légalement, ont des adresses connues des services de
l’Etat et opèrent au vu et au su de tous. Et ça continue. Non seulement elles spolient les pauvres paysans de leurs champs et autres réserves foncières, mais pire, elles escroquent d’autres citoyens en plein jour.

Lentement mais sûrement, l’on est en train de construire une puissante
bombe sociale dont l’explosion risque de produire une énorme déflagration qui pulvérisera la paix et la cohésion sociale. Le gouvernement doit enfin assumer ses responsabilités et rompre définitivement avec cette irresponsabilité inacceptable. C’est incroyable ce qui se joue au pays des Hommes intègres. Des individus, sans foi ni loi braquent leurs compatriotes et le gouvernement ne fait rien. Pire, il ose décliner toute responsabilité dans ces actes de grand banditisme auxquels il assiste sans réagir. On est où là ?

Dans une République bananière ? Par son inaction, le gouvernement se rend complice de ces réseaux mafieux qui ont jeté leur dévolu sur la terre. Il sera donc tenu pour responsable de tout drame qui surviendrait des suites de cette vaste escroquerie organisée à son nez et à sa barbe. Il faut enfin arrêter ces réseaux mafieux de prédateurs impitoyables avant que l’irréparable se reproduise. Trop, c’est trop !

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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