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Le Général Gilbert Diendéré jusqu’au bout du déni ?

Le procès du putsch manqué de septembre 2015 ou le coup d’Etat le plus bête au monde tire inexorablement vers sa fin, du moins, pour sa première étape. Car, la décision du Tribunal militaire est susceptible de recours. Le Général Gilbert Diendéré et compagnie ont refusé jusqu’au bout d’assumer. Mais les faits sont têtus. Les débats au prétoire ont également permis de lever un coin du voile sur ce qui s’est passé en ces jours sombres de l’histoire du Burkina Faso. L’histoire retiendra qu’un Général de Brigade, un certain Gilbert Diendéré, qui affirme n’avoir ni planifié, ni commandité, ni exécuté un coup, s’est pourtant autoproclamé président du Faso, chef de l’Etat. Il avait même affirmé devant les caméras du monde qu’il regrettait d’avoir fait ce coup d’Etat, après que son ambition a été contrariée par la forte  résistance populaire et d’une partie de l’armée.

Pendant cette longue semaine qu’a duré cette «bêtise», il était bien le chef de l’Etat, le «nouvel homme fort du Burkina», selon le qualificatif de nos confrères occidentaux, surtout français. Mais comme dirait l’autre, l’Homme n’est rien. Depuis bientôt quatre ans, il se débat comme un beau diable pour se décharger de toute responsabilité dans cette atteinte à la sûreté de l’Etat.

Depuis près d’un an et demi que le procès est ouvert, l’on a tout vu et entendu. Certains officiers se sont succédé à la barre pour rejeter toute responsabilité dans ce putsch manqué. S’ils n’ont pas fait qu’exécuter des ordres, ils n’ont jamais été associés ni de près, ni de loin à la prise du pouvoir par les armes. D’autres ont tenté, maladroitement, de justifier le putsch par les agissements du Premier ministre de la Transition, Yacouba Isaac Zida. D’autres encore ont fait des rétropédalages pour demander pardon au peuple et solliciter la clémence du tribunal.

Mais Diendéré et ses Avocats sont restés droits dans leur botte, fidèles à leur stratégie. Ils ont créé tous les incidents de procédures possibles, jusqu’à la plaidoirie. Et pour finir, c’est pour sortir le même refrain que l’on a entendu depuis le début. Le Général Diendéré n’est pas courageux officier supérieur de l’armée qui a pris sur lui la responsabilité d’assumer une «bêtise» commise par des sous-officiers pour éviter un bain de sang. Le tribunal saura apprécier cette grandeur de l’homme de main de Blaise Compaoré.

En tous les cas, ce procès, quelle qu’en soit l’issue, reste historique, surtout dans un pays où certains des accusés ont fait exécuter expéditivement d’autres officiers accusés de tentative de coup d’Etat. Ce procès, malgré toutes les insuffisances qu’on pourrait lui trouver, traduit en lui l’avènement d’une nouvelle ère où la volonté populaire converge vers la justice et non la vengeance. L’on ne fera pas aux accusés ce qu’ils ont fait subir à d’autres Burkinabè à d’autres époques. On les juge sur des faits pour lesquels ils ont été attraits devant le Tribunal militaire.

Le général Gilbert Diendéré va devoir assumer sa propre histoire. Il a fait la pluie et le beau temps dans l’armée burkinabè, à l’ombre de son mentor, Blaise Compaoré. Il aurait dû rester dans cette ombre qui lui a réussi pendant plus d’un quart de siècle. Il a voulu aller au-delà de ses capacités et s’est royalement trompé d’époque. Contrairement à son mentor qui se sentirait de plus en plus étroit dans son exil doré et qui cherche, par des contorsions politiques, à échapper à la Justice, lui, il est pris la main dans le sac. Il peut jurer de n’avoir rien fait de mal. Même s’il arrivait à convaincre le tribunal, son nom restera à jamais collé à ce putsch manqué de septembre 2015. L’histoire retiendra que la course de ce grand officier s’est arrêtée un soir du 29 octobre 2015, dans les locaux de la Nonciature à Ouagadougou. Et au vu de la piteuse image qu’il a donnée au cours de ce procès, il ne viendra plus à l’esprit d’un officier de vouloir utiliser les armes du peuple pour usurper le pouvoir qui appartient à ce peuple, encore moins tenter d’assumer la folie de quelques sous-officiers et soldats, trop gâtés et devenus pratiquement des mercenaires prêts à tout pour défendre leurs avantages, bassement matériels.

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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