LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE 2020 : L’Etat revoit ses ambitions bugétaires à la baisse

Analyser le projet de budget rectifié 2020 assorti de propositions alternatives en guise de contribution, telle est la dernière activité du Centre d’études et de recherche appliquée en finances publiques (CERA-FP) tenue le vendredi 10 juillet 2020. Il ressort de l’analyse une baisse globale des prévisions des recettes totales et dépenses totales entre la loi des finances initiale et la loi des finances rectificative. Ces modifications ont des répercussions sur l’ensemble des secteurs dits de priorité.

Dans le cadre de la mise en œuvre de son projet «Renforcement                     du contrôle citoyen des politiques publiques par les OSC pour une gouvernance favorable aux populations du Burkina Faso», le CERA-FP a produit les résultats de son analyse du projet de budget rectifié 2020. L’analyse a permis de cerner l’impact de la Covid-19 sur le budget 2020. De façon globale, selon le CERA-FP, le projet de budget rectifié de l’Etat gestion 2020 est arrêté en recettes à 2 038,85 milliards FCFA et en dépenses à 2 507,62 milliards FCFA, avec un déficit budgétaire de 468,778 milliards FCFA. Selon le centre, ce gap de financement sera entièrement couvert en faisant recours aux emprunts obligataires, si l’on s’en tient aux déclarations du gouvernement.

L’analyse comparative des grandes masses effectuée indique que les recettes sont passées de 2 233,31 milliards FCFA à 2 038,85 milliards FCFA, soit une baisse de 194,46 milliards FCFA des prévisions de recettes totales de l’Etat entre la loi des finances initiale et la loi des finances rectificative 2020. Pour ce qui est des dépenses, l’analyse comparative des grandes masses de dépenses indique qu’elles sont passées de 2 518,45 milliards FCFA à 2 507,62 milliards FCFA, soit une baisse de 10,83 milliards FCFA des prévisions de dépenses totales de l’Etat entre la loi de finances initiale et le projet de loi de finances rectificative. L’analyse comparative des grandes masses de dépenses budgétaires entre la loi des finances initiale et celle rectificative révèle également que les dépenses courantes ont connu une légère hausse de 0,15%. Par contre, les dépenses d’investissement, c’est-à-dire les investissements exécutés par l’Etat et les transferts en capital ont connu une baisse de 1,51%.

Selon les chercheurs du centre, cette situation s’expliquerait par la prise en charge de nouveaux besoins dictés par le contexte de la maladie du Coronavirus au niveau des dépenses courantes. L’ensemble de ses prévisions de modification ont des répercussions sur les budgets alloués aux secteurs dits de priorité. L’analyse des allocations budgétaires  sectorielles montre que la part allouée aux secteurs de priorité dictée par le contexte de la loi de finances rectificative représente globalement 57,87% du projet de budget rectifié 2020, contre 59,03% pour le budget  initial.

Le secteur de la santé dans sa globalité représente 12,84% du budget rectifié, contre 13,96% du budget initial 2020. Cette analyse révèle une baisse de 1,12 point de pourcentage de la part du budget consacré au secteur de la santé entre les prévisions initiales et les prévisions rectifiées. Le secteur de l’éducation, englobant les ministères en charge de l’enseignement (MENAPLN et MESRSI) et le programme consacré à la formation professionnelle représente 21,53% du budget rectifié, contre 22,16% du budget initial. Cette analyse révèle une baisse de 0,63 point de pourcentage de la part du budget consacré au secteur de l’éducation entre les prévisions initiales et les prévisions rectifiées.

Pour ce qui est de la sécurité, le Burkina Faso étant confronté à une insécurité grandissante depuis 2015, avec des attaques terroristes répétitives, le gouvernement a érigé ce secteur en priorité. Ainsi, la part budgétaire allouée à ce secteur est de 12,91% dans la loi de finances initiale et 13,07% dans le projet de loi de finances rectificative.

Au regard de ces analyses, le CERA-FP a formulé un certain nombre de recommandations à l’endroit du gouvernement, à savoir l’anticipation et la diligence dans l’élaboration des projets de loi de finances rectificative et le renforcement du contrôle parlementaire des projets de loi de finances rectificative.

Le CERA-FP est un centre citoyen d’analyses et de suivi des politiques publiques axées principalement sur les questions de finances publiques, notamment, sur la gestion budgétaire. Il a pour mission la promotion de la bonne gouvernance économique à travers une meilleure gestion des ressources publiques par le développement et la valorisation de la recherche, des études ainsi que la mise en œuvre de pratiques novatrices sur la gestion budgétaire.

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Salifou OUEDRAOGO
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