MORCELLEMENT D’UNE RESERVE A L’ARRONDISSEMENT 12 : A quoi joue le CEGECI ?

Dans notre édition N°260 du 15 avril 2019, nous relevions que l’Arrondissement 12 de Ouagadougou était sur le point d’être privé definitivement d’un espace initialement réservé pour une école primaire. Le terrain, qui devrait abriter l’école, avait été detourné de sa destination initiale par le Centre de gestion des cités (CEGECI) qui a vendu une partie à des particuliers. Ces derniers y ont construit des logements. C’est après ce forfait que le CEGECI sollicite le Conseil d’arrondissement pour l’adoption d’un changement de destination en vue de la construction d’un immeuble sur la partie restante du terrain. Les conseillers ont, à l’unanimité, refusé la délivrance du document de changement de destination du terrain. Le Conseil d’arrondissement ira plus loin. Avec à sa tête le Maire Rasmata Compaoré, il a réclamé le terrain pour la construction de l’école primaire publique au profit de ses administrés, comme prévu sur les plans. Des démarches ont même été entreprises pour la mise à disposition du terrain par le CEGECI au bénéfice de l’Arrondissement. Mais celui-ci ne l’entend pas de cette oreille. Il tient mordicus à préserver son terrain. L’école primaire demandée et souhaitée par le Conseil municipal sera-t-elle construite un jour ?

A quoi joue le CEGECI? Pourrait-on se demander. Non content d’avoir vendu une partie du lot 8 de la parcelle 00, une réserve initialement prévue pour une école primaire publique dans l’Arrondissement 12 de Ouagadougou au secteur 53, le CEGECI ne semble pas vouloir collaborer avec le Conseil d’arrondissement en vue de la construction de l’infrastructure scolaire au bénéfice des populations. En effet, après le refus du Conseil d’arrondissement d’entériner le changement de destination de la seconde partie du terrain, car proscrit par la loi n°034-2012/AN portant réorganisation agraire et foncière du Burkina Faso en son article 120, le Maire de l’Arrondissement 12 de Ouagadougou, Rasmata Compaoré, a entrepris des démarches pour que l’espace soit rétrocédé à la Mairie.

C’est dans cette optique que le Maire Rasmata Compaoré a adressé une correspondance datée du 1er octobre 2019 au Directeur général du Centre de gestion des cités (CEGECI), Yacouba Salouka, en vue de solliciter la mise à disposition de l’autre partie du terrain non encore attribuée par le CEGECI au profit de l’Arrondissement 12. A défaut de l’entièreté du terrain donc, le Conseil souhaite disposer de la partie restante, toujours en vue de la construction de l’école. Mais le CEGECI tient mordicus à conserver la propriété du terrain en entier, car, estime-t-il, il l’a acquis auprès de la Société nationale des terrains urbains (SONATUR ). Il dit également détenir une quittance à lui delivrer par la SONATUR à cet effet.

Contacté, le premier responsable du CEGECI, Yacouba Salouka, explique ne pas être opposé à la construction de l’école primaire au bénéfice des habitants du secteur 53. Néanmoins, il émet un refus catégorique quant à la mise à disposition du terrain au profit de la Mairie. D’ailleurs, le CEGECI a également en perspective la construction d’une école primaire sur le même espace, à en croire son premier responsable. Puis, Yacouba Salouka invoque un manque de communication entre ses services et le Conseil d’arrondissement, car, souligne t-il, «si on arrive à s’accorder sur un préalable, on pourrait ensemble voir comment construire l’école primaire».

Au niveau de la Mairie, l’on est catégorique. L’on estime être dans son droit, et il n’est pas question de négocier. Selon eux, ce terrain ne devrait d’ailleurs jamais faire l’objet de morcellement, ni de vente, car il était initialement une réserve destinée à une infrastructure d’intérêt général. Toujours selon le Conseil d’arrondissement, le CEGECI, au moment de l’acquisition de l’espace, était bien au courant qu’il s’agissait d’une réserve. Il devrait en assumer les conséquences et s’en prendre à la SONATUR. Selon nos informations, le Conseil d’arrondissement pourrait saisir la Société nationale des terrains urbains (SONATUR) pour annuler la transaction et le cas échéant, rétablir la destination initiale du terrain.

En rappel, c’est dans les années 2000 que le centre de gestion des cités avait acquis, auprès de la SONATUR, le terrain constituant le lot 8 parcelle 00 d’une superficie de 9619 m2  dans l’Arrondissement 12 de Ouagadougou. Par la suite, le CEGECI a procédé à son morcellement en deux lots : le lot 48 et le lot 49. Dans un premier temps, le lot 48 a été morcelé et vendu à des particuliers en toute illégalité, puisque le changement de destination n’a jamais été documentée. Le lot 49 restant avait par la suite été sollicité par le CEGECI afin de construire un immeuble. Aujourd’hui, le CEGECI fait comprendre qu’il pourrait y construire une école. Est-ce l’immeuble en question ? Le CEGECI a-t-il changé d’idée ? Veut-il construire l’école pour l’Arrondissement ? Que de questions, sans réponse pour l’instant ! Affaire à suivre !

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Salifou OUEDRAOGO
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