Mena: Les dotations des élèves en manuels scolaires prises en otage !

Que se passe-t-il au ministère de l ’Education nationale et de l’alphabétisation (MENA) ? La question mérite d’être posée, car depuis plus d’un an la production des manuels scolaires est bloquée. Ce blocage a privé les enfants burkinabè des dotations de manuels scolaires par l’Etat au cours de l’année scolaire 2015-2016. Cette année encore la situation risque de se répéter. A l’origine de ce blocage, il y a un litige sur la passation du marché de production desdits manuels lancé en juin 2015. Quatre (4) entreprises burkinabè ont été attributaires de tous les lots. Des entreprises étrangères étaient également soumissionnaires audit marché. Mais leurs offres n’étaient pas, techniquement, conformes. On pouvait y retrouver des entreprises du Liban, de l’Inde et de la Tunisie.

Parmi celles-ci, l’entreprise tunisienne a décidé d’introduire un recours auprès de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) pour contester les résultats; estimant que les motifs, pour lesquels elle a été écartée, n’étaient pas valables. En délibéré, l’Organe de Règlement à l’Amiable des Différends (ORAD) a demandé à ce que la Direction des Marchés Publics du MENA écrive en Tunisie pour vérifier la conformité du chiffre d’affaires de l’Entreprise tunisienne et en tirer les conséquences de droit. Après plusieurs mois d’attentes des suites de cette demande surprenante de l’ORAD, l’on apprend que la réponse à cette requête est parvenue par voie diplomatique et qu’elle confirme le chiffre d’affaires (mise en cause) de l’entreprise tunisienne.

Cette affaire suscite le mécontentement chez les imprimeurs nationaux attributaires du marché qui ne comprennent pas l’inaction des autorités ou le double-jeu de certains acteurs. Celles-ci estiment qu’elles contribuent au développement du Burkina Faso parce qu’elles importent les matières premières en toutes taxes comprises (Douanes et TVA + transport) et aussi à travers l’emploi de personnels burkinabè, les impôts uniques sur le traitement des salaires (IUTS), le Bénéfice industriel et commercial (BIC), les cotisations à la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS), etc.

Après plusieurs interpellations, ils ont réussi à faire réagir, par deux fois, le Premier ministre sous la Transition, demandant aux ministres en charges de l’Education et des Finances de résoudre, dans l’urgence, le problème. Mais les ministres n’ont pas suivi les recommandations de leur chef. Pourquoi ? Tout porte à croire que certains semblent avoir des intérêts inavoués à défendre dans ce dossier. En attendant, le gouvernement est interpellé sur l’urgence de résoudre ce problème qui porte préjudice aux enfants du Burkina Faso qui risquent une fois de plus d’être privés de leurs dotations en manuels scolaires. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions. Affaire à suivre donc !

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