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PROCES DU PUTSCH MANQUE : Le Général Diendéré a d’incroyables talents !

Il était attendu par ses compatriotes qui ne l’ont plus entendu depuis que son ambition de diriger le Burkina Faso s’est évanouie, un soir de septembre 2015. «Le plus grand tort a été d’avoir fait ce putsch. Aujourd’hui, quand on parle de démocratie, on ne peut pas se permettre de faire des actions de ce genre. Nous avons su que le peuple n’était pas favorable. C’est pour ça que nous avons tout simplement abandonné. Le putsch est terminé, on n’en parle plus. Je n’ai pas peur d’affronter la Justice (…)  C’est du temps perdu. Je le reconnais ! Des moyens perdus; je le reconnais ! Ce sont des vies humaines perdues ; je le reconnais », avait-il confessé dans son ultime interview au soir de la fin de son aventure, précisément le 23 septembre 2015. Trois ans après, il a l’occasion de se défendre devant la Justice. Là, il sort une ligne de défense digne des grands scénarios de science fiction et qui déroute plus d’un Burkinabè. Tel un acteur d’une tragicomédie, le Général Diendéré déroule son incroyable talent de joueur qui a su traverser et surmonter tous les complots qui ont jalonné le règne de son mentor Blaise Compaoré et qui l’ont maintenu au pouvoir pendant 27 longues années.

«L’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 n’aurait sans doute pas produit autant de bouleversements si le Général Gilbert Diendéré et sa «horde d’insoumis»  (l’expression est du Président Michel Kafando) du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) n’avaient pas provoqué la colère de leur peuple à travers ce coup d’Etat stupide. En réaction à cette imposture digne d’une autre époque, le peuple burkinabè, appuyé par son  armée,  a  réaffirmé que personne n’usurpera son pouvoir. Il n’a pas chassé le maître (Blaise Compaoré) pour que l’élève (Gilbert Diendéré) puisse s’installer. Pour ne l’avoir pas compris, Gilbert Diendéré, après plusieurs tentatives déjouées, a persisté dans la félonie. Comme Blaise Compaoré, ses ambitions l’ont perdu. Et avec lui, les derniers soutiens politiques de Blaise Compaoré.

Triste fin de parcours pour celui qui a été au cœur de tous les complots au sommet de l’Etat depuis bientôt 30 ans. Pour avoir voulu sortir de l’ombre qui lui a bien réussi pendant toutes ces années, il a fait tomber le mythe. Celui que les médias français surnommaient, au lendemain de sa forfaiture, «le nouvel homme fort du Burkina» n’est finalement qu’un «officier félon» (c’est ainsi que l’a qualifié l’Ambassadeur de France au Burkina à l’époque des faits) prêt à sacrifier les autres au nom de ses ambitions et ses intérêts égoïstes. Gilbert Diendéré, c’est fini ! Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), c’est fini». Ainsi écrivions-nous dans Le Reporter N°175 du 1er au 15 octobre 2015.

Quand le Général tente de justifier le coup d’Etat !

En lieu et place du palais présidentiel, c’est dans une cellule de la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) qu’il séjourne depuis cette funeste entreprise qui a fait 14 morts et des centaines de blessés. Avec 84 autres, dont le Général de gendarmerie Djibrill Bassolé, il est désormais face à son destin. Et contrairement aux attentes de beaucoup de ses compatriotes qui espéraient le baroud d’honneur de cet officier discret et très craint aussi bien des milieux militaires que civils, c’est un Général apparemment plein d’amertume, de ressentiments, voire de frustrations qui comparaît à la barre du Tribunal militaire.

Après 4 jours d’audition du Général Diendéré, l’on peut retenir au moins trois éléments majeurs. Premièrement, le Général Diendéré en veut terriblement à son ancien «bon petit», Yacouba Isaac Zida, Premier ministre de la Transition, actuellement en fuite au Canada. Il a du mal à contenir la haine qu’il voue à celui qui s’est auto-proclamé chef de l’Etat avec pourtant sa bénédiction le 31 octobre 2014, après la fuite de Blaise Compaoré, en mettant au pas toute la hiérarchie militaire. L’on se souvient notamment que le chef d’Etat-Major général des armées de l’époque, le Général Honoré Nabéré Traoré, s’était lui aussi auto-proclamé chef d’Etat. Mais la puissance de feu du RSP l’a sans doute contraint à renoncer à ses ambitions. A en croire donc le Général Diendéré, tout ce qui est arrivé de mal à ce pays depuis  fin octobre 2014 est la faute de Zida. Même le coup d’Etat, c’est de son fait. Il voulait dissoudre le RSP. Il était ambitieux et voulait éliminer tous ceux qui pouvaient constituer des obstacles à son ambition. Il aurait tenté de faire assassiner le Général Diendéré. Il était mafieux et avait de la drogue dans ses bureaux au RSP. Il voulait même recruter des mercenaires angolais pour faire un coup d’Etat et rester au pouvoir. Zida a tout fait pour les pousser à bout. Et «ce qui devait arriver, arriva». Tout ça c’est Zida. C’est le Général lui-même qui l’affirme. En clair, le coup d’Etat devait arriver et il arriva les 16 et 17 septembre.

Comme l’a relevé Me Prosper Farama, Avocat de la partie civile, Diendéré a indirectement laissé transparaître la préméditation de ce pronunciamiento. Bref, entre l’ex-PM et le présumé putschiste en chef, il s’est passé des choses inavouables et innommables qui sont restées en travers de la gorge du Général. Comme une réponse du berger à la bergère, le Général Diendéré s’est servi de son passage à la barre du Tribunal militaire pour répondre aux déclarations irrévérencieuses de Zida à son encontre dans son livre «Je sais qui je suis». En effet, Zida l’y traite pratiquement de lâche et s’en prend à son épouse qui serait celle qui manipule le Général pour assouvir sa boulimie du pouvoir. Certains partisans du régime déchu peuvent exulter que «leur Général félon» descende Zida en flamme. Mais au fond, Diendéré n’apprend rien aux observateurs avertis sur Zida. En dehors de Zida lui-même et ses quelques courtisans, tous les observateurs savaient que l’ex-N°2 du RSP était tout sauf un enfant de chœur, encore moins un parangon de la vertu. Zida a peut-être fait tout ce que le Général Diendéré raconte à la barre. Mais ce n’est pas son procès et l’on ne peut malheureusement que constater que pour le putsch objet du présent jugement, Zida était du côté de la République. Peu importe ce qu’il a pu faire, rien ne peut expliquer ce coup d’Etat. Qu’ils aient des problèmes entre anciens frères d’armes, compagnons, parents et amis qui se sont trahis, ça n’engage nullement ni le peuple burkinabè, ni la République. Zida,  c’est leur pur produit. Ce qu’il est devenu, c’est ce qu’ils lui ont appris!  Tant pis donc pour eux ! Le Burkina Faso ne peut pas et ne saurait souffrir des problèmes de  personnes qui ont comploté ensemble pour finir par se trahir.

L’amertume et les frustrations d’un Général en détresse !

Deuxièmement, tout comme beaucoup de prévenus dans ce procès, le Général Diendéré ne cache pas sa frustration et son sentiment d’une justice à deux vitesses. En effet, outre la haine contre son ancien protégé qui semble l’avoir profondément blessé, déçu ou trahi, «Golf» (surnom du Général Diendéré) a du mal à accepter de se retrouver à la barre sans les autres officiers supérieurs du commandement de l’époque. Ces  derniers, à  commencer par le chef d’Etat-Major général des armées de l’époque, le Général Pingrenoma Zagré, l’auraient accompagné et soutenu dans son aventure et devraient logiquement se retrouver dans le boxe des accusés avec lui. Avec insistance, il est revenu sur cette absence injustifiée, à ses yeux, de la hiérarchie militaire de l’époque parmi les accusés. Si lui a accepté d’assumer le coup d’Etat, c’est parce que personne ne s’est décidé et c’est surtout parce que la hiérarchie de l’armée a accepté de l’accompagner. Il affirme même qu’elle lui a promis d’assurer le maintien de l’ordre et lui a demandé du matériel à cet effet. Et c’est justement pour satisfaire leur doléance qu’il est allé chercher du matériel en Côte d’Ivoire et au Togo.

Mais le Général oublie de dire que malgré tout, aucune autre force en dehors du RSP n’a assuré un quelconque maintien d’ordre durant ces journées meurtrières. En outre, la vérité historique exige du Général Diendéré qu’il reconnaisse qu’au moins une grande partie de l’armée emmenée par de jeunes officiers et chefs de corps des autres unités avait rejeté son putsch et ont décidé de mater le RSP pour restaurer l’ordre républicain. Il a beau essayer de tourner en dérision, cette mobilisation des autres garnisons et régions militaires, l’histoire retiendra que leur mouvement sur Ouagadougou a été un élément déterminant dans la reddition de son RSP. Mieux, bien des acteurs politiques et leaders d’opinion qui se sentaient en insécurité ont dû trouver secours et protection auprès de certaines unités des Forces de défense et de sécurité à Ouagadougou. Il ne peut donc pas honnêtement prétendre que toute l’armée l’a soutenu. Il passe également sous silence la résistance populaire du peuple, notamment les jeunes qui ont donné du fil à retordre aux éléments du RSP. Sans doute que la hiérarchie a vite compris que contrairement à ce qu’elle croyait au début, le rapport de forces n’était pas du côté du RSP. Les autres officiers se sont vite ravisés et ont rejoint le camp des vertueux contre la «horde des insoumis»  pour diriger les opérations de désarmement du RSP.

Certes, cela ne les dédouane en rien dans leur refus d’assumer leurs responsabilités dès les premières heures face au Général Diendéré et les éléments incontrôlés et indisciplinés. Le tribunal saura apprécier les éléments en sa possession sur le niveau d’implication de chacun. Du reste, ils sont presque tous cités comme témoins et viendront certainement donner leur version des faits. Le Général va même jusqu’à faire croire que pour rendre justice aux victimes, il faut une justice équitable. Cette compassion pour les victimes et leurs familles ne semble pas suscité chez leurs représentants, un quelconque réconfort. Certains ont même pensé que c’était une foutaise.

L’histoire ne s’est pas répétée !

Troisièmement, le Général Diendéré se perd dans sa propre stratégie de défense. Il dit assumer l’usurpation du pouvoir mais rejette toute responsabilité des conséquences qui en ont découlé. Le président du mort-né Conseil national de la démocratie  (CND), président du Faso auto-proclamé le 17 septembre 2015,  jure aujourd’hui n’avoir «ni commandité, ni planifié, ni exécuté ce que d’aucuns appellent coup de force». Mieux, il ne sait même pas qui a réalisé le coup d’Etat qui le propulsait à la tête de l’Etat. Tout Général qu’il est, il n’a fait qu’assumer, avec la bénédiction de la hiérarchie militaire, la vacance du pouvoir. Pour montrer tout son sérieux, il affirme sans sourciller que si la haute hiérarchie de l’armée avait refusé de l’accompagner, il n’aurait pas accepté d’assumer cette forfaiture. Soit toute la haute hiérarchie militaire burkinabè de l’époque, y compris le Général Diendéré lui-même, était une bande d’irresponsables  propulsés à la tête de l’armée, soit le putschiste en chef présumé prend ses compatriotes pour des moutons. L’un dans l’autre, il ne peut aucunement prétendre dégager sa responsabilité dans ce coup d’Etat.

Maintenant, on comprend pourquoi c’était le plus bête au monde. Quand un Général, assis tranquillement chez lui, accepte que des sous-officiers arrêtent le président et viennent le chercher pour qu’il dirige les négociations avec les autres officiers afin d’avaliser l’attentat contre les institutions de l’Etat, l’on ne peut que s’inquiéter de l’état d’esprit d’un tel officier et de sa conception du rôle de l’armée dans une République.

Mais au fond, cette posture n’est pas inédite dans l’histoire du Burkina Faso. En effet, selon la version que le Général Diendéré (Lieutenant au moment des faits) et son mentor, le Capitaine Blaise Compaoré, avaient tenté de servir sur l’assassinat du Président Thomas Sankara, des soldats avaient pris sur eux la responsabilité d’aller arrêter le président du Faso pour l’empêcher d’exécuter ses compagnons de la Révolution. Cette tentative aurait mal tourné. Finalement, Sankara est assassiné et Compaoré se retrouve président du Faso à la tête d’un Front populaire, subitement sorti de nulle part et qui devient l’organe dirigeant du pays. L’histoire n’a pas voulu se répéter 28  ans plus tard. Des soldats ont arrêté le Président Kafando, son Premier ministre et d’autres membres du gouvernement. Diendéré se retrouve subitement à la tête d’un Conseil national pour la démocratie et auto-proclamé président du Faso. Ça ressemble à du déjà-vu. Sauf que cette fois, l’aventure a tourné court et même au vinaigre pour ceux qui avaient fini par croire que le Burkina Faso était leur propriété et pensaient pouvoir tout se permettre. Dans une armée digne de ce nom, il ne peut venir à l’idée d’un sous-officier de se lever sans ordre et à l’insu de ses supérieurs, aller cueillir le président en plein Conseil des ministres. Et si par extraordinaire, sous l’effet de stupéfiants ou dans un excès de zèle, ça arrive, l’on ne peut pas rêver de trouver un Général aussi fou ou trop ambitieux pour assumer cette forfaiture. Mais enfin, peut-être qu’avec le RSP, c’était une autre culture militaire acceptée de ses officiers et qui autorisait les sous-officiers et les soldats à perpétrer des attentats à la sûreté de l’Etat. Ce n’est donc que justice si un tel corps est dissout.

Par ailleurs, l’on note qu’à ce stade du procès, on attend encore de savoir qui a commandité le putsch. Ceux qui ont reconnu avoir arrêté le président disent l’avoir fait sous les ordres du Général. Mais ce dernier nie avoir instruit l’arrestation du président. Curieusement, lorsque les sous-officiers sont allés le chercher après avoir arrêté le président et des membres du gouvernement, il a été conduit au camp Naaba Kom II, siège du RSP.  Là, il a rencontré les officiers du corps auprès de qui il s’est excusé de ne les avoir pas informés plus tôt. Car, dit-il, dans ce genre de situations, on ne peut pas informer tout le monde. Cette version est ressortie de façon constante dans les dépositions de presque tous les officiers qui ont comparu avant lui.

Le procès d’une culture militaire du complot

L’on peut également relever que le Général Diendéré, et il le reconnaît, avait déjà dans sa poche, une feuille contenant l’essentiel des griefs faits aux autorités de la Transition par la soldatesque du RSP. Et pour tout couronner, le Général Diendéré dit qu’il avait déjà noté ces griefs et savait qu’une telle situation pourrait se produire. Mieux, quand il va au ministère de la Défense pour rencontrer la hiérarchie militaire, c’était plus pour obtenir leur implication dans l’usurpation du pouvoir et non dans la résolution de la crise. Que pouvait-il espérer de ces officiers mis devant le fait accompli, tout comme ceux du RSP ? Enfin, l’on ne peut passer sous silence, cette tentative désespérée du Général de ternir l’image de certaines organisations de la société civile auxquelles il en veut d’avoir pactisé avec Zida, son ennemi juré. Il fait d’autres révélations qui n’apportent rien de nouveau à l’affaire du putsch.

En tous les cas, et en attendant donc la suite de la déposition du Général Diendéré mais aussi des témoignages de la hiérarchie de l’armée, l’on peut dire que le procès amorce un tournant de plus en plus décisif. Comme l’avait si bien relevé Me Farama, ce procès est celui d’une certaine conception de l’armée au Burkina Faso. Au fil de son développement, il lève un coin de voile sur l’armée républicaine que Blaise Compaoré a bâtie. Dans cette armée, des soldats et des officiers, au mépris de toute logique, s’opposent à la dissolution de leur unité, qui est pourtant née de la volonté du politique et devrait logiquement disparaître si le politique la juge par la suite sans objet ou non conforme à sa conception de l’armée nationale. Dans cette armée, des problèmes personnels peuvent suffire pour renverser l’ordre institutionnel établi.

Finalement, et comme nous l’avons écrit dans Le Reporter N°175, «Ce coup d’Etat irresponsable et anachronique n’était que l’aboutissement de toutes les tentatives entreprises depuis la fuite de Blaise Compaoré. Blaise Compaoré parti, le chef de sa garde prétorienne a voulu travailler à étouffer la soif de changement en propulsant ses hommes au sommet de l’Etat. Mais les choses lui ont échappé très vite avec d’abord son débarquement de son poste de chef d’Etat-Major particulier de la Présidence et les premières nominations à la tête du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) ainsi que son affectation au camp Guillaume Ouédraogo. Malgré les évidences, Diendéré et sa clique de politiciens pouvaient compter sur des éléments manipulables à souhait du RSP. Des soldats de cette unité qualifiée pompeusement d’élite étaient effectivement prêts à tout pour protéger des avantages indus. Autant dire que certains avaient plus des attitudes de mercenaires que de soldats de la République ».

Lentement mais sûrement, le procès avance. Il faut savoir lire entre les lignes. L’on découvre des choses. Et c’est déjà ça de gagné en attendant la vérité et la justice pour permettre aux victimes de reposer en paix.

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Les éléments du RSP étaient vraiment les enfants gâtés de  Blaise Compaoré

Pour la participation des éléments du RSP à la célébration de la fête de l’armée le 1er novembre 2014,  ce sont plus de 50 millions de francs CFA qui ont été mobilisés. C’est le Général Gilbert Diendéré, chef d’Etat-Major particulier de la Présidence du Faso sous Blaise Compaoré, qui en fait la révélation à la barre du Tribunal militaire. Combien étaient-ils ces éléments qui devaient faire la mission de Bobo ? A quoi étaient destinés ces 50 millions? A la gratification des éléments qui devaient défiler, leur restauration? Pour une mission de quelques éléments à Bobo en quelques jours, le Trésor public a casqué 50 millions de francs CFA. Voilà une raison valable pour dissoudre cette milice budgétivore qui plus est  dirigée par des officiers menés par des «soldats indisciplinés et incontrôlables». L’on apprend également avec les différentes auditions que beaucoup d’argent a circulé au RSP entre le 16 et le 23 septembre 2015. Le Général lui-même reconnaît avoir distri- bué près de 85 millions de francs CFA. Voilà donc l’unité d’élite de l’armée burkinabè.

Boureima OUEDRAOGO
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