QUALITE DE LA GOUVERNANCE AU BURKINA : Le Président Kaboré n’a pas la moyenne

Le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) et ses partenaires, dans le cadre du Présimètre, s’investissent depuis le début du quinquennat du Président Kaboré, à évaluer périodiquement la mise en œuvre du programme de sa gouvernance. Ce 11 juin 2020, un point de presse a été animé en vue de livrer les résultats du sondage d’opinion des citoyens effectué du 1er au 10  juin 2020. L’objectif de ce sondage  était de s’enquérir de la perception des populations sur la mise en œuvre  des engagements présidentiels. Les résultats sont sans appel : les Burkinabè, dans leur majorité, sont insatisfaits. Il a 4,53/10.

«Les opinions exprimées dans ces résultats ne reflètent pas nécessairement la position du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) ni celle de ses partenaires techniques et financiers», a précisé Dr Thomas Ouédraogo, directeur exécutif du CGD. Le choix du 11 juin pour livrer les résultats n’est pas fortuit. Il se veut d’ailleurs symbolique, car c’est le 11 juin 1991 que la Constitution de la 4e République a été promulguée, marquant ainsi une ère démocratique au Burkina Faso.

«Il convient de préciser qu’en milieu urbain, les populations sont plus exigeantes qu’en milieu rural et la note ici affichée traduit celle nationale», a souligné Dr Thomas Ouédraogo, directeur exécutif du CGD. La note ne reflétant qu’une partie de l’étude, il convient de mentionner les points de gestion du programme quinquennal qui ont recueilli des sentiments de satisfaction et de non-satisfaction.

D’emblée, à la date de juin 2020, 63% des citoyens sont insatisfaits de l’action du chef de l’Etat depuis son accession au pouvoir. Les raisons sont, entre autres, le manque de fermeté quand il le faut, le président peine à se hisser au-dessus des considérations politiques et n’arrive pas à mettre l’Homme qu’il faut à la place qu’il faut. A cinq mois de l’élection présidentielle, le président du Faso s’en tire avec la note de 4,53/10 au sondage d’opinion. Le désagrègement de cette note s’articule autour des engagements du président du Faso au début de son quinquennat et les niveaux de satisfaction des populations.

Sur les questions d’actualité, notamment, la réconciliation nationale, la question sécuritaire, l’opinion dominante est que le président du Faso balbutie. L’opinion se résout alors dans sa grande majorité à proposer un gouvernement d’union nationale, préalable à la réconciliation. Sur la question minière, l’opinion pense dans son ensemble que son exploitation n’enrichit que les sociétés minières. Malheureusement, elle peut même être source de conflit, se convainquent certains. La Covid-19 est aussi  passée en revue par les citoyens. 50,2% des enquêtés ne sont pas satisfaits de sa gestion. Quant à l’hydre terroriste, de 2017 à 2020, la courbe est décroissante sur la manière dont elle est gérée. Des bribes d’insatisfaction sont observées dans la mise en œuvre des engagements du chef de l’Etat. Et à ce titre 59,2% de la population enquêtée est insatisfaite.

Au-delà des éléments d’insatisfaction, il faut toutefois observer qu’il y a «des points de satisfaction et le président peut s’en réjouir», assure le directeur exécutif du CGD. La réduction des délestages, la promotion de l’énergie solaire, les infrastructures routières, la valorisation des produits locaux, notamment, le Faso Danfani, sont autant de points en vert à inscrire à l’actif du chef de l’Etat. Du point de vue des institutions, le niveau de confiance est beaucoup plus mitigé d’une institution à une autre. La CENI obtient 51,4% d’avis favorables et la Justice 47,3%, le gouvernement 38,2% (une évolution par rapport à l’année précédente), le Parlement joue presque la carte de la constance par rapport aux années précédentes, avec 39.7% en 2018, 30.6% en 2019 et 38.9 en 2020.

Au niveau de la satisfaction, l’Office national d’identification (ONI) s’en tire à bon compte, avec 59,2%, alors que les Conseils municipaux stagnent à 43,9%. La confiance accordée au gouvernement et aux partis politiques traduit une certaine méfiance. Pour cet exercice 2020, le pourcentage du niveau de confiance de la population au gouvernement se trouve à 38,2%, alors que les partis politiques se consolent avec 31,3%, d’où la nécessité d’une campagne électorale, foi du directeur exécutif du CGD.

Sié KAMBOU (Stagiaire)

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