SITUATION NATIONALE : Le Balai citoyen vent debout contre les maux de la gouvernance

«La recrudescence des attaques à caractère terroriste quasi hebdomadaires qui mettent à mal l’intégrité du territoire nous oblige à sortir du bois», a déclaré le porte-parole du mouvement Le Balai citoyen, Kinda N. Eric Ismaël. Le décor ainsi planté, le Balai citoyen livre sa lecture de la situation nationale. C’était au cours d’un point de presse tenu ce 11 juin 2020 à son siège national à Ouagadougou, qu’il passe au crible la gouvernance économique, sécuritaire et politique du pays.

Le Burkina Faso n’est plus ce havre de paix qu’on lui connaissait autrefois. Ce havre se délite alors que le pays peine à cerner cette situation du fait de manque de revendications de ces attaques, foi de Kinda N. Eric Ismaël, porte-parole du mouvement Le Balai citoyen. L’accroissement du nombre de victimes se passe de commentaire pendant que le régime actuel ne se lasse de crier à qui veut l’entendre que «le pays est géré». Mais «comment il est géré ?», s’interroge Le Balai citoyen. Il est clair que le régime actuel peine à doter notre armée d’une puissance de feu suffisante pour neutraliser les individus armés non identifiés, regrette le porte-parole du mouvement. 

A cette gestion scabreuse de la question sécuritaire, il faut ajouter la gouvernance économique calamiteuse dont certains acteurs ploient sous le poids des délits divers. A ce titre, Le Balai citoyen dresse une liste infinie de deals foirés : l’affaire charbon fin que certaines personnes font des pieds et des mains pour étouffer ; les dépenses folles du maire de Ouagadougou (que Le Balai citoyen dénonçait d’ailleurs dans une lettre ouverte le 26 février 2020, etc.). Mais comment un régime post-insurrectionnel peut se payer le luxe de s’offrir un tel record de dossiers sales et d’impopularité en si peu de temps, s’insurgent les leaders du mouvement.

Quant au volet politique, il a été noté que le régime s’illustre de la pire des manières. Il s’agit de la politisation à outrance de l’administration publique, des cellules du parti au pouvoir installées dans certains ministères, etc. Le mouvement a saisi l’occasion pour exiger le démantèlement de ces cellules sans délai, car, pour lui, l’administration doit s’affranchir des connotations politiques. Le Balai citoyen a également appelé à respecter scrupuleusement les textes fixant les échéances électorales. Il met d’ailleurs en garde les acteurs, tous bords confondus, contre un éventuel complot sur le dos du peuple. «Si dialogue il doit y avoir, il doit être un dialogue national qui est différent du dialogue politique qui n’est que l’œuvre des professionnels politiques, comme le préconisent certains acteurs», précise Nabi Paul, responsable adjoint au partenariat stratégique.

Pour conclure, les conférenciers du jour se sont réjouis des procédures judiciaires en cours contre certains acteurs politiques. Ils ont aussi félicité le Réseau national de Lutte anti-corruption (REN-LAC) et l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE-LC) pour leurs actions et les ont exhortés à plus de vigilance.

Sié KAMBOU (Stagiaire)

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