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Que faut-il encore espérer de la CEDEAO et de l’UA ?

L’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont définitivement discréditées auprès des peuples africains. En entérinant, toute honte bue, les forfaitures des troisièmes mandats en Guinée et en Côte d’Ivoire, ces deux organisations continentales et sous régionales envoient un très mauvais signal par rapport à l’ancrage de la démocratie en Afrique. Elles affirment en même temps leur impuissance face aux modifications constitutionnelles pour permettre aux
présidents en fonction de s’accrocher au pouvoir. La limitation des mandats est le dernier des soucis de ces organisations.

Pouvait-il en être autrement, quand on sait que les Commissions de la CEDEAO et de l’Union africaine sont dirigées respectivement par un ancien ministre ivoirien qui doit tout à Ouattara et par un ancien ministre des Affaires étrangères d’Idris Deby Itno, le Maréchal du Tchad, qui totalise 30 ans de pouvoir et ne semble pas prêt de prendre la retraite ? Mieux, les sommets de ces organisations réunissent encore de vieux dinosaures mais aussi de nouveaux potentats qui s’accrochent à leur fauteuil dans plusieurs pays du continent, notamment, en Afrique francophone du Centre et de l’Ouest.

Ces organisations ont assisté avec une extraordinaire indifférence aux luttes contre les troisièmes mandats d’Alpha Condé en République de Guinée et Alassane Dramane Ouattara en Côte d’Ivoire. Ces présidents, âgés respectivement de 82 ans et 78 ans, s’accrochent au pouvoir malgré les vagues de contestations qui ont déjà fait plus de 100 morts dans les deux pays. Et tout porte à croire que le pire n’est pas encore écarté, surtout en Côte d’Ivoire.

D’autant plus qu’après leurs forfaitures, les vieux briscards de Guinée et de Côte d’Ivoire ont reçu « les chaleureuses » félicitations de la CEDEAO qui,
hypocritement, les invite au dialogue avec leurs oppositions. Que peut-on attendre d’organisations dirigées par des hommes de main de tripatouilleurs de Constitutions ? Rien du tout.

Comme par hasard, cette indifférence des organisations panafricaines s’est accompagnée d’un silence complice de la fameuse communauté internationale. Elle aussi n’a pas levé le doigt face aux massacres des
populations qui manifestent les mains nues contre les 3es mandats. Les peuples ivoiriens et guinéens ont été abandonnés à eux-mêmes. Et les lignes de fracture semblent s’élargir, toujours dans l’indifférence de ces organisations promptes à envoyer des observateurs se balader d’élection en élection et à pondre des rapports sans intérêts.

Finalement, le message à retenir est qu’il ne faut plus rien attendre de ces organisations. Chaque peuple doit se donner les moyens de résoudre ses problèmes en interne, même s’il faut passer par des drames comme ceux qui se déroulent en Côte d’Ivoire et en Guinée. La CEDEAO, l’UA et la communauté internationale viendront faire les décomptes macabres et
jouer les médecins après la mort.

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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