REVOCATION DE 136 POLICIERS EN 2012: Trop de bizarreries !

En fin avril et début mai 2011, des policiers entraient en mutinerie dans leurs camps et commissariats. Une partie de la hiérarchie de la police avait subi le courroux des mutins qui n’avaient pas hésité à emporter armes, tenues et autres matériels de travail des magasins. Les flics réclamaient de meilleures conditions de travail. Ces conditions étaient, à en croire les mutins, devenues insupportables, d’où leur décision de protester violemment contre leur hiérarchie. Bien entendu, ces comportements n’ont pas manqué de susciter la colère de cette hiérarchie. Et la sanction tombera près de dix mois après les faits. 136 policiers sont révoqués des rangs de la Police nationale. Cinq ans après cette affaire, on continue de découvrir des pans cachés. Certains documents des services des finances donnent des informations étonnantes.

Par Aimé NABALOUM

 

Le 12 mars 2012, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité (MATDS), Jérôme Bougouma, signait l’arrêté n°2012-053/MATDS/CAB portant révocation des fonctionnaires de police. Sur ce décret, 136 policiers ont été reconnus coupables de participation à un acte collectif d’indiscipline caractérisé, d’insubordination, d’attitude ou comportements attentatoires à l’éthique ou à l’honneur du corps de police. Depuis cette date, ils ne font plus partie du corps de la Police nationale. Depuis lors, ils sont nombreux à contester la décision et revendiquent leur réintégration. La commission de discipline a été partiale, disent-ils. Elle a voulu se passer d’un certain nombre d’agents « indésirables » pour la hiérarchie, confient les porte-paroles des policiers révoqués. Au départ, une liste de 171 policiers avait été proposée pour être radiés par la commission de discipline. Mais finalement, ils ne seront que 136 sur la liste définitive. Où sont passés les 35 autres noms ?

Autre intrigue, c’est la situation financière des révoqués. Les motifs de la révocation sont clairs : « participation à un acte collectif d’indiscipline caractérisé, insubordination, attitude ou comportements attentatoires à l’éthique ou à l’honneur du corps ». Curieusement, dans les services du ministère des Finances, il ressort autre chose. On apprend que les fonctionnaires de police révoqués ont rendu leur démission et que ces démissions ont été acceptées. Plus curieuse est la période de cette prétendue démission des policiers. La situation financière de la plupart d’entre eux est qu’ils ont démissionné soit, en 2010 pour les uns, soit en 2009 pour les autres ; toute chose qui reste incompréhensible, puisque les faits à eux reprochés sont postérieurs à leur prétendue démission. Quelque chose ne va pas. Quelques exemples. Pour le matricule 109 4XX X par exemple, entré dans la police en 2006, il ressort que l’intéressé aurait déposé une « démission acceptée » en 2010. Son salaire aurait donc été suspendu depuis cette date « pour abandon de poste ». Toute chose qui est loin d’être conforme à la vérité. Interrogé, le fonctionnaire en question était toujours en service à Bobo-Dioulasso, jusqu’à la date de sa révocation par arrêté ministériel. Un autre exemple concerne le matricule 111 9XX X, entré à la police en 2007, il aurait démissionné en 2009. Lui également était toujours en fonction et n’a jamais subi une quelconque sanction. Ahurissant ! C’est à ne rien comprendre. D’aucuns pensent qu’il s’agit d’une erreur. Mais une erreur très grave, si toutefois erreur il y a. Car, si à la Solde des erreurs aussi grotesques peuvent arriver, il y a sans doute lieu de s’inquiéter sérieusement. « Il y a quelque chose d’illogique et de pas clair », nous apprend un habitué des questions de solde. On apprend également sur la situation salariale individuelle de certains policiers que les salaires ont été payés jusqu’au mois de mai 2012. Nous y reviendrons !

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