Rompre définitivement avec les inconséquences et les appétits suicidaires

Le 22 mai dernier, à l’aube, l’Unité spéciale d’intervention de la Gendarmerie nationale (USIGN) a démantelé une cellule terroriste qui projetait d’endeuiller le pays dans le courant de ce mois béni de Ramadan. Mieux, les Burkinabè découvrent avec stupeur que les ennemies du peuple sont à recruter parmi ses fils. Ils habitaient dans un quartier périphérique de Ouagadougou, au milieu de paisibles citoyens. Une fois de plus, les Forces de défense et de sécurité ont démontré leur net progrès en matière de lutte contre le terrorisme. L’on se souvient que lors des attaques du 2 mars dernier à l’Ambassade de France et à l’État-major, elles ont mis moins de temps pour neutraliser les assaillants sur deux sites que lors des précédentes attaques en 2016 et 2017 sur un site.

Cette fois-ci, il s’agissait d’une offensive. On pourrait dire : de mieux en mieux. Avec dextérité, les éléments de l’USIGN ont neutralisé les présumés terroristes. Sur le champ d’honneur, un brave soldat, MDL Chef François de Salle Ouédraogo, y a laissé la vie pour sauver d’autres. Que la terre libre du Faso pour laquelle il est tombé, les armes à la main, lui soit légère. Dans cette offensive, l’un des présumés terroristes a été capturé. Ce qui pourrait permettre à l’enquête d’avancer rapidement. Il serait bon que du côté de la Justice aussi, les Burkinabè sentent que les choses bougent.

Depuis 2016, l’on nous a habitués à des premières conférences de presse sans suites concrètes. Où en est-on avec tous ces dossiers ouverts depuis l’attaque de Samorogouan en octobre 2015 jusqu’à l’attentat du 2 mars, en passant par les assassinats ciblés et autres attaques dans les régions du Sahel, l’attentat du 16 janvier 2016 et du 13 août 2017 à Ouagadougou ?

Par ailleurs, le renforcement des capacités opérationnelles des éléments de l’USIGN ne semble pas susciter un équivalent d’effort dans la gouvernance du secteur de la sécurité. En effet, il est difficilement compréhensible qu’en dépit de toutes les menaces qui pèsent sur les représentants de l’Etat dans la région du Sahel, un préfet puisse se retrouver sans protection. Le cas du préfet de Oursy ressemble fort à une impardonnable négligence, d’autant plus que l’intéressé avait déjà échappé à une première tentative. C’est après ce drame que les autorités ont pris la décision de prendre des mesures pour protéger les représentants de l’État dans ces zones.

Tout comme c’est après l’attaque du 2 mars que le pouvoir a consenti à organiser la première session du Conseil de défense et de sécurité. Pourtant ce Conseil a été créé depuis 2015. Le président du Faso semble avoir du mal à porter sa tunique de chef suprême des armées dans un contexte de guerre déclarée par des forces du mal qui menacent l’intégrité du territoire mais également toutes les institutions républicaines sur toute l’étendue du territoire.

S’ils ont osé attaquer le centre de commandement de l’armée qu’est l’État-major, aucune cible n’est inaccessible pour eux. Les Burkinabè ont besoin de sentir que le pays est gouverné et qu’il y a un chef toujours prompt à prendre toutes les mesures idoines pour assurer leur sécurité. C’est à ce prix qu’ils peuvent être rassurés et pourront collaborer avec les FDS sans crainte. Dans le même ordre d’idées, il apparaît impératif de renforcer les capacités opérationnelles des sentinelles dans les institutions et autres lieux publics à pouvoir faire face aux attaques. En règle générale, ces éléments des sentinelles fuient aux premiers coups de feu et abandonnant les lieux et leurs occupants aux terroristes.

C’est un autre défi qu’il faut relever. Il faut repenser les règlements d’engagements en tenant compte du contexte actuel et des exigences pour tous ceux qui s’enrôlent dans les différents corps des Forces de défense et de sécurité. Enfin, les populations doivent se rendre à l’évidence qu’elles doivent contribuer à leur protection en collaborant avec les forces de l’ordre et en signalant tout mouvement suspect autour d’elles. Ce n’est qu’avec l’engagement de tous que l’on peut espérer venir à bout de ces forces du mal et tous ceux qui, par cupidité, les soutiennent dans leurs funestes desseins. Ce n’est pas seulement une affaire des pouvoirs publics et des autorités militaires. Tout le monde doit s’impliquer, partout sur toute l’étendue du territoire.

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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