SOS: il faut sauver la commune de Pouni !

Les nouvelles en provenance de la commune rurale de Pouni, dans le Sanguié, ne sont pas du tout rassurantes. Depuis la condamnation, courant mars 2018, à une peine de prison ferme de 3 ans de son maire Dieudonné Ido, pour faits d’escroquerie, sur plus de 300 millions FCFA, tout semble tourner au ralenti dans cette commune. L’Exécutif local, apprend-on, est dans une situation d’intérim sans fin.

D’abord, lorsque le scandale a éclaté et le maire, empêtré dans ses déboires judiciaires, était  manifestement empêché et ne pouvait plus assumer son poste, on a mis beaucoup de temps pour le suspendre. La mairie est restée plusieurs mois dans une situation de flottement, sans direction véritable. Après sa condamnation, il a fallu  que des voix s’élèvent pour que l’on songe à le suspendre et nommer un intérimaire  à son poste. Cela fait aujourd’hui plus de 6 mois que cet intérim dure. Pourtant la loi, notamment le Code général des collectivités, prévoit en son article 271 que la suspension d’un maire ne saurait dépasser 3 mois. Ce qui peut s’interpréter comme l’intérim aussi ne devrait aller au-delà des 3 mois. Au terme des trois mois, en principe, on devrait prononcer la révocation définitive du maire et pourvoir au poste par l’élection d’un nouveau maire.

Mais curieusement, dans le cas de Pouni, la suspension du maire-prisonnier semble sans fin. L’intérim aussi. Contactée, l’ex-haut-Commissaire du Sanguié, qui vient d’être débarquée, soutient qu’en l’absence d’une décision de révocation du maire par le gouvernement, le niveau local ne pouvait rien faire pour pourvoir à son remplacement. Elle tente aussi d’expliquer le fait que le maire-prisonnier ne soit toujours pas révoqué par le fait qu’il aurait fait appel de sa condamnation. Mais cet appel le dispense-t-il vraiment de sa révocation, au regard de ce que dispose la loi ?

A cette question, elle dit ne pas être en mesure de donner une réponse et nous renvoie à son successeur. En tout cas, la loi dispose que la suspension ne peut excéder trois mois  et aucune circonstance n’est visiblement prévue pour y déroger. Alors, pourquoi le gouvernement ne révoque-t-il pas le prisonnier? Est-ce parce qu’il a la bonne carte ? Ils sont nombreux à se poser ces questions. Et pendant ce temps, la commune entière est en train de plonger. Inutile de dire que cette commune est prise en otage et son développement piégé.

A ce qui se dit, aucun de ses nombreux partenaires ne veut s’engager sur des projets de développement avec un Exécutif intérimaire. Lassés d’attendre la reprise du fonctionnement normal de la municipalité, certains auraient même fini par adresser des lettres pour signifier leur désengagement. Résultat, tous les chantiers de développement de la commune sont gelés. Impossible d’entreprendre quoi que ce soit. D’où viendra le salut de cette commune ? Vivement un sursaut salvateur pour cette commune qui n’a que trop souffert de l’incurie de certains petits  politiciens à la petite semaine et de petits calculs politiciens mesquins.

BYL

Y. Ladji BAMA
Ecrit par
Y. Ladji BAMA

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Nunc rhoncus sagittis tortor, a posuere tellus cursus suscipit. Pellentesque euismod aliquam lectus vel aliquet.

Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Y. Ladji BAMA Ecrit par Y. Ladji BAMA

Nous suivre sur…