15e FESTIVAL CINE DROIT LIBRE : Pourquoi la démocratie ?

L’association Semfilms a organisé du 07 au 14 décembre 2019, la 15e édition du festival de films sur les droits humains et la liberté d’expression en Afrique francophone «Ciné Droit Libre». Cette édition a été parrainée par le Professeur Théophile Obenga et présidée par Michel Kafando, président de la Transition. Elle a vu la participation de plusieurs festivaliers nationaux et internationaux. Des films, des débats, des conférences, de la musique, de l’humour, des masters class, l’espace enfants, le concours débat, le village du festival et les expositions ont donné un plus grand éclat au festival.

«Pourquoi la démocratie ? » C’est autour de ce thème que le festival Ciné Droit Libre a orienté sa réflexion pour l’édition de 2019. Pour mieux clarifier le présent thème, des films ont été projetés et ont été suivis de débats pour permettre aux festivaliers de mieux cerner la quintessence. Pour Abdoulaye Diallo, coordonnateur du Ciné Droit Libre, ce thème a été choisi pour être en phase avec l’actualité.

L’Afrique est secouée par de multiples crises de gouvernance, avec une démocratie en danger. Des élections sont prévues dans plusieurs pays et aussi au Burkina Faso. Il faut noter les tentatives de modification des Constitutions, dont le cas actuel de la Guinée, les dictatures, la gabegie, le népotisme sous le couvert de la démocratie. «C’est pour cela que nous nous posons  la question pourquoi la démocratie ? En même temps, qu’est-ce que la démocratie ? Nous voulons, autour de ce thème, interpeller tout le monde », dira-t-il. Le film d’ouverture  «qu’est-ce que la démocratie ?» de Astra Taylor (Canada) est un voyage philosophique issu de la quête de la réalisatrice pour mieux comprendre les paradoxes, les joies et les problèmes de la démocratie. Entremêlant les exemples contemporains de lutte pour la démocratie et des conversations avec les grands politologues de l’heure, il met à jour et fouille des thèmes intemporels, fait le lien entre le passé et le présent, suscite la réflexion. Le film a été apprécié par le public et a permis aux festivaliers d’avoir un plus sur la notion de la démocratie.

S’en est suivie la projection-débat autour du film Factory of lies «l’usine à mensonges ». Ce film fait cas de la Russie qui s’est lancée dans une guerre de l’information introduisant une nouvelle arme : des jeunes russes propageant de fausses informations via les réseaux sociaux. Dans le but de semer la discorde, ces histoires inventées sont répandues aux Etats-Unis et en Europe. Mais de jeunes activistes et journalistes contre-attaquent afin  de discréditer ces « fake news ». L’occasion a été saisie pour poser le débat sur les fake news avec Salouka Boureima (DWA), Arnaud Rodrigue Tagnan, journaliste indépendant, et Hyacinthe Sanou de la radio Oméga. Pour ces journalistes, les fake news ont connu un « boom » avec l’avènement des réseaux sociaux. Le fact-checking devrait alors permettre de démêler les fausses informations qui inondent l’espace communicationnel. Pour certains panelistes, la quête du scoop ou de l’instantanéité peut être considérée comme l’une des causes des fake news. Hyacinthe Sanou ne partage pas ce point de vue et pense plutôt que c’est la source qui peut souvent vous amener à diffuser des fausses informations.

En ce qui concerne les hommes politiques, la bataille électorale, la conservation du pouvoir poussent les acteurs politiques à diffuser des informations erronées. Pour éradiquer la diffusion des fausses nouvelles dans les Rédactions, il faut plus un travail de vérification des informations et de la rigueur et aussi avoir moins de certitude dans son approche avec l’information.

Ciné Droit Libre a connu son apothéose le 14 décembre, avec la projection du film lauréat « Le mal conjoint » de Ismaël Tall, un film qui révèle le phénomène de mode d’avant les années 2000 : boire ou fumer pour se montrer plus civilisé ; ce qui est devenu aujourd’hui plus qu’un drame. Son film a remporté la somme de 500.000  FCFA plus un trophée. Le 2e prix est revenu au film « Le loup d’or de Balolé »  de Aïcha Boro, un documentaire qui retrace les conditions déplorables des travailleurs sur un site de granite de Ouagadougou. Elle a reçu la somme de 250.000 FCFA.

En rappel, Ciné Droit Libre a été initié en 2005 par l’association Semfilms. Ce festival a pour objectif de contribuer au respect des droits humains, particulièrement, au Burkina, et de façon générale, en Afrique, afin de permettre aux détenteurs de droits d’être eux-mêmes les premiers défenseurs de leurs droits.

Salomée SIMPORE (Stagiaire)

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