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33e ANNIVERSAIRE DE L’ASSASSINAT DE THOMAS SANKARA : Une victoire de plus en plus éclatante sur la mort !

Il est arrivé au pouvoir, un soir d’août 1983. Il allait avoir 71 ans, le 21 décembre prochain. Cela fait 33 ans qu’il a été assassiné. Mais cela fait également 33 ans que le mythe ne fait que monter, de plus en plus inaccessible. Chaque année, sa victoire sur la mort devient de plus en plus
éclatante. Il s’appelait Thomas Sankara, Capitaine de l’armée burkinabè mais surtout père de la Révolution démocratique et populaire (RDP). Comme dirait Dr Rasablga Ouédraogo, «Sankara partout et Sankara nulle part».

Ses assassins ont tout fait pour souiller son nom, son œuvre et son image. En vain. En le tuant, ils ont réussi à l’élever au rang de ces hommes et femmes que l’histoire bonifie, chaque année. Il demeure une étoile scintillante dans le ciel ténébreux d’Afrique où beaucoup de dictateurs ont tout fait pour se proclamer héros nationaux, grands timoniers, pères de la nation pour finir dans les poubelles de l’Histoire. Toujours imité mais jamais égalé. Que de partis politiques, de mouvements citoyens, d’individus se réclament de son nom et de son idéal !

Mais finalement, Sankara, c’est plus que le discours ! Il est à la fois le rêve et
l’action. C’est l’idéal mais aussi la réalité. Il est Sankara, unique à son genre comme l’ont été Nelson Mandela, Patrice Lumumba, Kwamé Nkrumah, Che Guevara, etc. Nul ne peut faire comme eux. Il faut juste s’inspirer des valeurs qu’ils ont incarnées, de l’idéal qu’ils ont défendu, de leur engagement. Bref, 33 ans après sa mort, Sankara continue d’être réhabilité.

Depuis l’insurrection populaire d’octobre 2014, l’anniversaire de son assassinat, le 15 octobre, n’est plus une affaire de partis sankaristes et des associations. Il y a de plus en plus des hommages nationaux dus à son rang, pas par d’anciens chefs d’Etat, mais par des icônes de la jeunesse panafricaine et des peuples opprimés à travers le monde. Sankara est de plus en plus célébré comme il se doit dans son pays. Après l’affront du Baptême d’une ruelle du quartier Koulouba de la capitale
Ouagadougou, son nom trônera désormais au portillon d’une des universités du pays : l’Université Thomas Sankara.

Et là où il est tombé, renaîtra un grand espace qui n’existe nulle part ailleurs au pays des Hommes intègres : le mausolée Thomas Sankara. Le sinistre Conseil de l’entente sera transformé en espace de recueillement mais aussi de détente, de remémoration de l’histoire vraie de ce pays.

En ce jour anniversaire de son élimination physique, plusieurs cérémonies présidées par le président du Faso en personne et son Premier ministre sont au programme. D’autres acteurs ont choisi de lui rendre hommage en remettant au goût du jour la facette humaine de l’homme. Un film documentaire intitulé «Sankara, l’humain», réalisé par le journaliste burkinabè Richard Tiéné, sera également lancé.

Mais il reste l’autre grande victoire : la vérité et la justice sur ce crime contre le peuple burkinabè et la jeunesse panafricaine à travers l’assassinat de leur espoir. Mais comme il l’avait lui-même affirmé, «là où s’abat le découragement, s’élève la victoire des persévérants». Alors, la lutte continue.

Pour la réconciliation nationale vraie, il faut la vérité et la justice sur cette tragédie. Ceux qui prêchent la réconciliation nationale doivent avoir au
moins la décence de se rappeler qu’un président du Faso a été assassiné et depuis 33 ans, sa femme et ses enfants, ses frères et sœurs, son père et sa
mère qui étaient encore vivants, ses amis, ses proches, ses collaborateurs et son peuple n’ont jamais vu son corps. Suprême méchanceté, on a tout fait pour effacer jusqu’à son existence.

Dans tous les cas, le mythe Sankara est en train d’enseigner la réconciliation. Il est en train d’entrer à nouveau dans le quotidien de la jeunesse. Rien ni personne ne pourra désormais détruire ce mythe. Pour la gloire et l’honneur de son peuple, il s’est sacrifié. Pour l’honneur et la dignité de la patrie, il est en train d’être réhabilité et de triompher de toutes les honteuses tentatives d’en faire un renégat.

Hommage au Président Thomas Sankara et à tous les dignes fils de ce pays, tombés les armes à la main dans la défense de la dignité, la liberté et le progrès pour le peuple !

Par Neewatta KAFANDO

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