SECURICOM BURKINA : Pratiques scandaleuses dans la gestion du personnel

Le climat n’est pas serein en ce moment à SECURICOM Burkina, une entreprise intervenant dans le domaine de la sûreté
aéroportuaire aux aéroports de Ouagadougou et de Bobo. La gestion du personnel depuis l’apparition de la crise sanitaire
de COVID-19 a multiplié des incohérences. Les responsables de la structure ont décidé d’embarquer le personnel dans un
cycle interminable de chômage technique et ce, en violation flagrante des textes en la matière. Logiquement, ces agissements ne rencontrent pas l’assentiment des travailleurs. Las d’assister à ces pratiques illégales et autres tentatives maladroites, les travailleurs vont refuser d’exécuter certaines décisions. Et voilà la tension qui monte.

Pour limiter la propagation du Coronavirus, le président du Faso a procédé, le 21 mars 2020, à la fermeture des aéroports de Bobo et de Ouagadougou. Cette décision a eu un impact considérable sur tous les acteurs intervenant dans ce secteur. C’est le cas de la société SECURICOM BURKINA qui, dès le 24 mars 2020, a décidé d’envoyer son personnel affecté aux postes d’agents de sûreté aéroportuaire en chômage technique total pour compter du 1er avril et ce, pour une durée de trois mois renouvelable. La raison invoquée, une conjoncture économique défavorable. Durant cette période de chômage technique, ces derniers seront rémunérés à hauteur de 30% de leur salaire. Obligés de supporter dans le silence cette nouvelle donne qui va chambouler leur vie, les travailleurs ne comprennent pas certains agissements de leur employeur.

Il faut noter que cette décision de chômage technique a germé dans l’illégalité totale. La procédure prescrite par les textes n’a pas été respectée. Selon l’article 5 de l’arrêté N°2006-43/MTSS/SG/DGT portant conditions de mise en chômage technique des travailleurs et de leur indemnisation, toute décision de mise en chômage technique est subordonnée à la consultation préalable des délégués du personnel. Ce qui n’a pas été le cas à SECURICOM. A en croire des sources bien introduites, il n’y a eu aucune consultation préalable des délégués de personnel, encore moins des travailleurs avant de prendre cette décision. Plus grave, apprend-on de sources bien introduites, l’entreprise SECURICOM ne dispose pas de délégués de personnel et ce, contrairement aux prescriptions des textes en la matière, notamment, l’article 2 de l’arrêté N°2009/MTSS/SG/DGT/DER relatif aux délégués de personnel qui oblige toute entreprise assujettie au Code du travail en
vigueur à faire élire des délégués de personnel dans les entreprises et ce, à partir de 11 travailleurs. Et pourtant, SECURICOM compte plus de 80 travailleurs et sans délégués de personnel.

Plus grave, la décision de mise en chômage technique total contient des affirmations mensongères. Sur la note officielle n°001-0320/G portant décision de mise en chômage technique signée du gérant de la société,
Ismaël Sanon, il est formellement marqué que la décision a été prise après consultation des délégués de personnel. Cette première décision de chômage technique cachait mal les signes annonciateurs de lendemains tumultueux pour les travailleurs.

Enchaînement Illégal des cycles de chômage technique

A peine la période de trois mois terminée que l’entreprise se fend d’une décision de renouvellement de la période de chômage technique le 30 juin
2020. Ainsi donc, la première phase de chômage technique, qui devrait prendre fin en juin, a été renouvelée avec toutes les limites relevées, pour
une période de trois mois. Cette seconde phase devra prendre fin en septembre. Mais c’était sans compter avec l’intention des responsables de
SECURICOM d’exploiter abusivement les travailleurs. Alors même que les
activités ont repris à l’aéroport, la société va vouloir maintenir les travailleurs dans un cycle indéfini de chômage et ce, en violation des textes en la matière.

Après six mois de chômage technique total, les responsables de SECURICOM Burkina reviennent avec une autre trouvaille. Ils vont décider d’un autre cycle de chômage technique mais cette fois-ci, partiel. Cette pilule aura du mal à passer. Et pour cause, cette décision de renouvellement ne respecte pas l’arrêté N°2006-43/MTSS/SG/DGT portant condition de mise en chômage
technique des travailleurs et de leur indemnisation. L’article 12 dudit arrêté précise clairement : «La durée de la période de chômage technique est limitée à trois mois. Elle est renouvelable une seule fois lorsque les circonstances l’exigent».

Sous réserve de vérifier si les circonstances exigent un renouvellement, la période de trois mois imposée pour le chômage technique ne peut être renouvelée qu’une seule fois. Alors que SECURICOM a non seulement
renouvelé une première fois, mais veut encore commencer un autre cycle de chômage technique qu’il dit partiel, dans lequel les travailleurs seront
rémunérés au prorata du temps effectif de travail, sans que cette rémunération ne soit inférieure à 50% du salaire qu’il percevait. Tout cela, au mépris des textes en la matière.

Selon des sources concordantes, les travailleurs n’ont pas hésité à manifester leur ras-le-bol face à tous ces mesures illégales des responsables de SECURICOM Burkina dont l’objectif, selon eux, est de profiter de la situation pour les exploiter. Ces derniers refusent d’être embraqués dans ce cycle de chômage technique partiel. Le gérant de l’entreprise va multiplier des rencontres pour convaincre les travailleurs mais que nenni. Ces derniers ne demandent que le respect des textes par leur employeur.

Nous avons cherché à rencontrer le gérant de SECURICOM Burkina. Mais à la date fixée pour notre entretien, ce dernier a argué de contraintes de dernière minute pour se rétracter.

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Simplice Zongo
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