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ETAT DE LA CORRUPTION EN 2019 : Le rapport du REN-LAC flingue la Police municipale

Le Réseau national de Lutte anti-corruption (REN-LAC) a officiellement lancé, le 9 octobre 2020, son rapport sur l’état de la corruption en 2019. Incontournable rendez-vous annuel pour les acteurs de la lutte contre la corruption, le lancement du rapport 2019 a dévoilé le classement annuel de services publics les plus en vue en matière d’actes de corruption. La Police municipale a pris la tête parmi les services qui ont fait l’objet de corruption, au contact avec les populations. 1990 personnes se sont prononcées à travers le questionnaire.

Dans la soirée du 9 octobre 2020, les premiers responsables du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) ont dévoilé les résultats de l’enquête annuelle de leur structure sur l’état de la corruption au Burkina. Examen critique de la gouvernance du pays, le rapport a été conduit dans un contexte national marqué par les défis liés au terrorisme, la précampagne et sans doute, les questions de corruption toujours présentes
dans la gestion des affaires publiques. A ce titre, les témoignages des enquêtés en disent long. «La corruption est devenue l’essence de toute activité au Burkina. De nos jours, elle est comme une culture, une habitude dont il est difficile de s’en défaire. En 2019, j’en ai été victime lors des contrôles sur les axes routiers et aussi témoin», déclare un citoyen de 46 ans, même si l’on note que la perception de la corruption varie d’une ville à une autre.

Un chiffre majeur ressort, en outre, dans le rapport 2019. Selon les enquêtés, les rétributions illégales en numéraires constituent 97,6%. Quant aux rétributions en nature, elles ont représenté 2,4%. Les montants de la corruption vont de 500 FCFA à 600.000 FCFA. 1990 personnes se sont prononcées à travers le questionnaire. Comme chaque année et pour la 19e fois, le plus attendu de ce rapport, outre les témoignages d’actes de corruption, est l’habituel classement fait à l’issue de l’enquête terrain. La
Police municipale arrive en tête et doit son rang au contrôle de la circulation urbaine. Elle est suivie par la Douane, la Police nationale, la DGTTM, la Gendarmerie nationale, le CCVA, l’Education nationale, l’Action sociale, la Justice, les Impôts, etc.

Le Secrétaire exécutif du REN-LAC, Nacanabo Sagado, commentant le rapport, a expliqué que le pouvoir en place devrait faire plus pour éradiquer la corruption. Il ressort donc que le gouvernement n’a pas montré sa ferme volonté de lutter contre la corruption, comme l’a professé le candidat du MPP à la présidentielle, Roch Marc Christian Kaboré, devenu président du Faso depuis 2016. Certes, l’Exécutif est impuissant, mais c’est la volonté qui manque le plus, estime le rapport. En conséquence, «l’année 2019 a été une image fidèle des années précédentes, celle d’accompagnement et d’encouragement de la corruption par l’Exécutif au grand dam des populations burkinabè».

Emettre des ordres de recettes à l’endroit des ministres

Aux services mal classés dans le rapport, il est de la responsabilité de ceux qui les dirigent de mettre urgemment en place des contrôles réguliers au
niveau des activités perçues comme étant celles qui offrent le plus d’opportunités aux pratiques corruptrices, tout en sensibilisant et en dénonçant les faits et les agents fautifs. A ce titre, Nacanabo Sagado dit que
le REN-LAC est disposé à accompagner les services qui le souhaitent pour la mise en place de cellules anti-corruption. L’Etat devra renforcer les dispositifs juridiques de prévention et de répression, émettre des ordres de recettes à l’endroit des ministres ayant perçu des sommes à titre de rémunération au-delà de la rémunération prévue par le décret 2008.

Quant aux acteurs non étatiques, le REN-LAC recommande qu’ils soient incisifs dans la traque de la corruption, et mettent en place des réseaux de veille et d’alerte, etc. Selon les données, 22,3% des personnes enquêtées estiment que la corruption est en régression, comparativement à l’année 2018. Le rapport, dans son ensemble, fait ressortir une remontée de la corruption au Burkina. L’enquête a couvert les 13 chefs-lieux de régions
en plus de la ville de Pouytenga. Les résultats de l’enquête n’ont pas occulté le bilan des actions menées par le REN-LAC dans la traque de la corruption.

Il est ressorti 329 activités de sensibilisation (114 conférences publiques, 68 vidéos-débats, 53 émissions radio et télé, 46 thé-débats et 42 formations) menées par le REN-LAC. En outre, la Bande dessinée (BD) Kouka pour les jeunes, les 14e Journées de refus de la corruption (JNRC) et bien d’autres actions ont été menées par le REN-LAC.

Aimé NABALOUM
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