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PRESIDENCE DU FASO : Où sont passés les millions FCFA des prestataires de sécurité privée ?

Il se passe des choses surprenantes à la Présidence du Faso. Des prestataires privés appelés au cours de l’année 2016 pour assurer la sécurisation des infrastructures à la Présidence du Faso enregistrent beaucoup de factures
impayées, évaluées à plusieurs millions FCFA. Alors que les premiers paiements ont été acquis sur fond de protestation et avec beaucoup de difficultés, cela fait plus de deux ans que la première institution de la République n’arrive plus à payer ses prestataires. Las d’attendre et sous la pression des employés qui n’arrivent plus à percevoir leurs salaires, ces prestataires vont se tourner vers le maître des lieux, le Président Roch Marc Christian Kaboré, mais toujours rien.

Les activités de sécurisation ont commencé dans le deuxième trimestre de l’année 2016. Sept prestataires en sécurité privée ont été appelés pour cette tâche. Sous l’ombre de la procédure d’entente directe particulière, des liens contractuels seront établis verbalement avec l’institution publique pour permettre à ces prestataires de commencer le travail. Ces derniers vont
poster des vigiles pour surveiller les différentes infrastructures de la Présidence au prix unitaire de 70 000FCFA par mois et par agent posté. Mais les choses vont se compliquer.

L’enthousiasme suscité par le fait d’accomplir cette mission à la plus prestigieuse des institutions va vite faire place à la déception. Les paiements tarderont à rentrer. Alors qu’ils ont commencé à exécuter le service, c’est finalement dans le deuxième trimestre de l’année 2017 que les
premiers paiements vont intervenir et ce, après de multiples démarches vers la Présidence. Cette première phase de paiement va révéler une autre
manière de faire dans le système de passation des marchés publics. Selon des témoignages concordants, dès le début, lorsque les parties se sont accordées sur le prix, les prestataires ont immédiatement commencé le travail avant la signature du contrat. Et c’est une année après, au moment du paiement, que les contrats seront signés et enregistrés aux Impôts.

Mais ces prestataires ne seront pas au bout de leur galère. Ils vont continuer les prestations et ce, jusqu’en 2018, avec les mêmes insuffisances. Les paiements tarderont encore à venir. Après plusieurs démarches infructueuses, le groupe de prestataires va finalement adresser une lettre au président du Faso pour lui demander d’intercéder afin que les services
compétents puissent procéder au règlement de leurs factures. C’est après toutes ces péripéties que les prestataires verront le règlement de leurs factures. Cependant, ce paiement ne va pas marquer la fin du calvaire.

Plus de deux ans de prestations, sans copeck

Toujours sans engagements formels, ces prestataires vont continuer à assurer le service. Et de 2018 à ce jour, ils n’ont rien perçu en termes de paiement. A ce qu’on dit, ces derniers ont arpenté les couloirs de la
Présidence du Faso sans suite. Pendant ce temps, les vigiles en poste à la
Présidence menacent d’exprimer leur ras-le-bol, car ne recevant plus de salaire. C’est dans cette ambiance visiblement tendue que les prestataires seront reçus par la Secrétaire générale de la Présidence. A cette occasion, apprend-on, la Secrétaire générale, accompagnée de certains collaborateurs, va rassurer les prestataires du paiement diligent des factures. Mais la suite sera une succession de tâtonnements sans résultat
concret. L’on fera signer des protocoles d’accords aux prestataires. Dans ces
protocoles, la Présidence se propose seulement de régler une partie du montant total des impayés.

Selon les mêmes sources, cette somme proposée a été jugée très insignifiante par les prestataires qui, dans un premier temps, avaient refusé, mais face à la pression de leurs employés qui n’arrivent plus à percevoir convenablement leur salaire et de celle des banques, ces derniers se sont vus contraints de signer les différents protocoles d’accords en attendant que l’intégralité de ce qui leur revient soit payée. Sur les 7
prestataires de sécurité privée, tous ont des factures en souffrance. Certaines sociétés sont à plusieurs dizaines de millions FCFA d’impayés.

Pour ceux qui sont au parfum, la facture des 7 sociétés est bien au-déla de
la centaine de millions. Pourquoi cette gymnastique? Toujours est-il que nous apprenons que les protocoles d’accords, après signature par les prestataires, ont été acheminés pour signature également chez le ministre de l’Economie et des Finances. Mais trois mois après, aucun paiement. Pire, aucune information n’est donnée pour situer les prestataires. Ces derniers se sont récemment tournés une fois de plus vers le chef de l’Etat pour demander son implication dans la gestion de leur situation. En attendant, les infortunés continuent leur chemin de croix dans le silence.

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Simplice Zongo
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