ouattara

La Côte d’Ivoire au piège de la boulimie meurtrière !

Il doit y avoir un virus dangereux dans le pouvoir qui fait perdre la tête à certains esprits boulimiques. Ce virus parvient à transformer des hommes d’Etat ou prétendus comme tels en de vulgaires assoiffés de pouvoir. Ceux-ci en viennent à y noyer toute leur lucidité au point de conduire leur pays
dans de graves crises institutionnelles. Ce qui arrive avec les 3e mandats en
Guinée et surtout en Côte d’Ivoire illustre tristement cette malheureuse réalité.

Elle montre comment des hommes longtemps considérés comme des victimes de l’oppression des pouvoirs établis dans leurs pays respectifs et dont l’arrivée au pouvoir avait été annoncée, d’une part, comme une juste
récompense de leurs combats pour la démocratie et l’Etat, et d’autre part,
comme une opportunité de changement profond dans la gouvernance de
leurs pays peuvent rater complètement leur entrée dans l’histoire des grands hommes d’Etat africains.

Le cas de la Côte d’Ivoire est encore plus alarmant. Contre vents et marées,
Alassane Ouattara, qui est arrivé au pouvoir après l’une des crises post-
électorales les plus meurtrières de l’histoire du continent, tente maladroitement de s’accrocher au pouvoir par un mandat de trop. Il a organisé et remporté un scrutin de la honte et de la violence. Cet entêtement bovin risque de lui coûté trop cher et plus encore à
la Côte d’Ivoire.

Depuis quelques mois, le pays ne finit pas de compter ses morts. L’issue de ce scrutin fait planer le spectre des violences post-électorales de 2010 qui avaient fait plus de 3000 morts que Ouattara a enjambés pour s’installer au palais de Cocody. 10 ans après, l’histoire est en train de se répéter, il risque fort d’enjamber encore d’autres cadavres pour quitter le palais présidentiel.

L’opposition conduite par les anciens Présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, les anciens Premiers ministres Pascal Affi Nguessan et
Guillame Soro, ainsi que tous les déchus de l’entêtement boulimique de
Ouattara ne va certainement pas abandonner un combat dont elle est convaincue de la victoire finale. Pour elle, il n’y a pas eu d’élection en Côte
d’Ivoire et depuis ce 31 octobre en Côte d’Ivoire, elle ne reconnaît plus
Ouattara comme président de la République. Elle appelle donc à la mise
en place d’une Transition civile en vue d’organiser de réelles élections présidentielles inclusives, équitables, transparentes et crédibles.

Pendant ce temps, Ouattara tente de s’accrocher jusqu’au bout. Même s’il faut passer par l’enfer de 2010, il ne lâchera pas prise tant qu’il aura le choix. Seulement, pourrait-il tenir face à l’intransigeance de l’opposition ? Autant dire que Laurent Gbagbo avait raison. A deux jours des élections, il avait, dans une interview exclusive accordée à TV5, averti que la Côte d’Ivoire courait à la catastrophe et demandait de surseoir au scrutin pour
organiser un dialogue entre tous les acteurs en vue de préserver la paix. Mais Alassane Ouattara, sans doute instruit de toutes les manigances que lui et ses soutiens avaient orchestrées pour évincer Gbagbo du pouvoir de
2002 à 2010, a voulu éviter le piège du dialogue qui aurait pu aboutir à son
retrait forcé de la course à la présidentielle.

Fidèle à sa stratégie et sa culture politique, il fait le choix du forcing pour essayer ensuite d’instaurer le dialogue. Ainsi, la Commission électorale poursuit le dépouillement en dépit des violences qui ont empêché la tenue du scrutin dans plusieurs localités du pays, du boycott de l’opposition. Les premières tendances lui donnent un score trop flatteur de plus de 90%. Il va donc remporter ce scrutin taché de sang. Il n’a pas fait tout ça pour s’arrêter en si bon chemin. Mais c’est une démarche à la limite suicidaire et il risque d’en payer le prix fort. Malheureusement, la Côte d’Ivoire tout entière en pâtira. Inutile de le rappeler qu’une crise en Côte d’Ivoire engendrera des conséquences incalculables dans la sous-région.

Malheureusement, les organisations régionales et la communauté internationale ont laissé le diable entrer dans la maison avant de refermer la porte. La Côte d’Ivoire, les amis de la Côte d’Ivoire et toute la sous-région retiennent leur souffle, les yeux rivés vers le maître de l’univers et les mânes des ancêtres. Mais comme le dirait Albert Einstein, «la folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.»

Comme en 2010, tout le monde a vu venir le danger et a fermé les yeux et ce qui devait arriver arriva. En 2020, la même folie semble avoir gagné la classe politique ivoirienne et la communauté africaine et internationale. Vivement que ces comportements de 2020 ne produisent pas les mêmes résultats qu’en 2010 !

Boureima OUEDRAOGO
Ecrit par
Boureima OUEDRAOGO

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Nunc rhoncus sagittis tortor, a posuere tellus cursus suscipit. Pellentesque euismod aliquam lectus vel aliquet.

Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Boureima OUEDRAOGO Ecrit par Boureima OUEDRAOGO

Nous suivre sur…