CONGRES POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES : «Le jour où je voudrai démissionner du CDP, ça sera connu publiquement.» Mélégué Traoré, militant du CDP et ancien président de l’Assemblée nationale

Les listes des candidats aussi bien pour la présidentielle que les législatives sont désormais officielles. La campagne est même ouverte. On en sait un peu plus sur les candidats qui représenteront leur parti politique. Au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), la liste complète des candidats a été publiée le 24 septembre 2020. La grande surprise, l’un des
principaux soutiens du président du parti, Eddie Komboïgo, n’y figure pas : l’ancien président de l’Assemblée nationale, l’Ambassadeur Mélégué Traoré. Dès lors, les rumeurs allaient bon train sur une éventuelle démission de l’intéressé. Nous l’avons rencontré pour en savoir un peu plus. Il s’est prêté à nos questions le 16 octobre 2020 et s’est prononcé sur l’actualité politique et la situation nationale. Lisez !

Le Reporter : Le 24 septembre 2020, votre parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), publiait la liste complète des candidats aux élections législatives de 2020. Votre nom n’y figure pas. Qu’est-ce qui s’est passé ? N’étiez-vous pas candidat ?

Mélégué Maurice Traoré : Mon nom n’y figure pas parce que je l’ai retiré. Contrairement à ce que j’entends un peu partout, c’est moi qui ai retiré volontairement mon nom de la liste. Il n’y a pas lieu d’incriminer Eddie Komboïgo. Il n’y est pour rien. Tout le monde a été surpris évidemment de ne pas voir mon nom figurer sur la liste nationale du CDP, et j’entends toutes sortes de commentaires à ce sujet. Certains qui disent qu’il n’y a plus de confiance entre moi et Eddie Komboïgo, alors que je suis son principal soutien dans le parti.

La vérité est que c’est moi qui ai librement demandé qu’on retire mon nom de la liste nationale des candidatures pour les législatives. Si je l’avais voulu, j’aurais sans doute été le deuxième, au moins le troisième sur la liste après le président du parti. Le CDP a des cadres de grande valeur et d’expérience, comme les Achille Tapsoba, Salif Sawadogo, Sanou Boubacar, Luc Adolphe Tiao, Arsène Bognessan Yé et autres qui nous feront gagner. On n’a pas besoin de moi à l’Assemblée nationale. Le bureau exécutif compte à présent de grands et puissants leaders politiques.

Pourquoi avez-vous demandé à retirer votre nom ?

J’ai demandé qu’on retire mon nom parce que, voyez-vous, j’ai passé 22 ans au Parlement. Je suis rentré à l’Assemblée nationale en juin 1992 et j’en ai été le président de 1997 à 2002. Cette fois-ci, je n’étais pas candidat au départ, tous le savent. Ce sont les militants et des responsables du parti, et non des moindres, qui sont venus m’assaillir pour dire qu’ils ne comprennent pas et que l’opinion ne comprendra pas que je ne sois pas inscrit pour être candidat, compte tenu de mon action et de ma visibilité ces dernières années pour le parti. Ils ont fait beaucoup de pressions sur moi pour que je me porte candidat pour, disaient-ils, rehausser le niveau de la liste.

J’ai fini par accepter. Je n’avais même pas tous mes documents. J’ai dû envoyer quelqu’un spécialement à Banfora pour l’établissement de mon casier judiciaire. J’ai payé les 200 000 FCFA comme tout le monde. Une dizaine de jours avant la publication de la liste complète des candidats, j’ai informé mes principaux partenaires au CDP, comme l’ancien Premier ministre Luc Adolphe Tiao, le Président Bognessan Arsène Yé, les ministres Topan Sané Mohamed et Jean de Dieu Somda… qu’après mûre réflexion, finalement, j’allais retirer mon nom de la liste. Ils ont tous été d’avis qu’il fallait maintenir ma candidature. Selon eux, mon nom apporterait du poids à la liste. J’ai accepté, mais j’ai continué à réfléchir.

Par la suite, après que nous avons discuté avec le président du parti, Eddie
Komboïgo, je lui ai fait part de mon envie de me retirer. Il m’avait dit que c’était à moi de décider. Donc finalement, j’ai demandé qu’on déleste mon nom de la liste. Je pense qu’il faut laisser la place aux jeunes maintenant. J’ai quand même 69 ans. Toutefois, je me donne toute liberté de choix ou d’option dans l’avenir.

Mais, est-ce que ce n’est pas le fait que vous n’alliez pas être tête de liste qui vous a poussé à retirer votre nom ?

Non. Dans la mesure où le président du parti est lui-même candidat, je ne réclamais pas d’être tête de liste. Dans le système politique burkinabè, on voit toujours le président du parti comme le premier sur la liste nationale des candidats. Ce que j’ai, en revanche, refusé dès le départ il y a déjà plusieurs mois, c’est de me présenter dans la province de la Léraba, cela garantissait, disaient les uns et les autres, au CDP un poste de député dans la province, car depuis l’insurrection, notre parti n’a aucun député aux Cascades. Mais j’ai dit non. Pour moi, il n’était pas question d’aller bloquer encore les jeunes à la Léraba après avoir fait 22 ans à l’Assemblée nationale. Ces jeunes m’ont suivi pendant une trentaine d’années pour toutes les campagnes. Mon devoir est désormais de les soutenir. J’ai d’ailleurs fait des tournées le mois dernier jusqu’à la frontière de la Côte d’Ivoire, pour soutenir mes jeunes frères et mes fils et filles.

J’ai, me concernant, entendu tellement de rumeurs sur cette affaire, que ce soit au sein de mon parti le CDP, ou dans d’autres partis. J’ai été surpris d’entendre des choses que je n’imaginais même pas. Des gens affirmaient
que si je revenais au Parlement, c’était pour reprendre la tête de l’Assemblée nationale, et qu’on ne pourrait pas m’en empêcher. C’est ridicule de la part de ceux qui l’affirmaient. Si Eddie Komboïgo est au Parlement, je ne vais pas lui porter ombrage ou le concurrencer. C’est mal me connaître. J’ai aussi eu la confirmation que certains membres du parti avaient expliqué que c’était dangereux de me laisser retourner à l’Assemblée nationale, car je suis incontrôlable et que je dominerais tout. Une insulte à la vérité historique a même laissé entendre que dans la géopolitique nationale, l’Ouest c’est Bobo-Dioulasso. C’est de l’inculture absolue. Dans la géopolitique interne du Burkina Faso, les deux premiers leaders de l’Ouest ont été Ouezzin Coulibaly et Nazi Boni, tous deux de
Dédougou au Mouhoun. Puis, ce furent Ali Barraud et Traoré Djongolo de Orodara, et par la suite, Vinama et Malo Traoré de Bobo-Dioulasso en 1958-1959. Après, l’on a eu Palé Welté du SudOuest. Pour la période récente, on
peut citer Naboho Kounidoua du Tuy, Bognessan Arsène Yé des Balé, et sans fausse modestie, moi-même des Cascades. Il est mieux pour eux que les gens parlent de ce qu’ils connaissent, et qu’ils ne tombent pas dans les niaiseries de l’inculture.

Il y a eu une dernière chose. Les bruits couraient que l’on ne voulait pas de membres du Haut Conseil sur les listes, car à l’Assemblée, ils allaient écraser les jeunes et les reléguer au second plan. Or, des membres de la Direction avaient déjà promis des postes de ministre ou de président de Commissions parlementaires. Certains Secrétaires généraux de section
clamaient avec assurance qu’on leur avait donné l’assurance qu’ils seraient tête de liste provinciale. Je n’aime pas et ne suis pas habitué à ce type d’ambiance.

Des sources annoncent votre démission du parti, qu’en est-il exactement ?

On m’a beaucoup posé cette question ces temps-ci. Non, à aucun moment je n’ai démissionné du parti. Ce sont des spéculations. Il est vrai qu’à une période, il y a un an, j’avais indiqué que si le parti devait fonctionner depuis
Abidjan, j’allais démissionner. C’est la raison pour laquelle, lorsque Blaise Compaoré nous a convoqués en octobre 2019 à Abidjan, j’ai refusé d’y aller. J’avais expliqué que le congrès avait sanctionné des militants, et qu’il n’était pas acceptable d’aller discuter avec eux à Abidjan et non à Ouagadougou. Donc pour cela, j’avais préparé ma lettre de démission, elle est toujours là
d’ailleurs, je peux vous la montrer. D’ailleurs, ces militants ont tous démissionné du CDP aujourd’hui. Le jour où je voudrai démissionner du CDP, ça sera connu publiquement.

Vous pensez que le Congrès pour la démocratie et le progrès, avec les évènements qu’on a connus récemment au sein du parti, pourra faire un bon score au niveau des législatives ?

Je crois que nous ferons un bon score. C’est vrai, le parti a été secoué par des mini-crises à répétition pendant deux ans. Tant que cela se limitait au départ de Kadré Désiré Ouédraogo, ce n’était pas une grosse affaire. Il était parti avec quelques membres du Bureau politique national; donc ce n’était pas très grave. Mais dans un parti, même quand un militant quitte dans les conditions que l’on sait, ce n’est pas réjouissant. Les départs de Kadré Désiré Ouédraogo, Mahamadi Kouanda, Zambendé Théodore Sawadogo, Rasmané Sawadogo laissent des traces. Il faut ajouter aussi les départs de certains poids non négligeables comme Salia Sanou, Boureima Badini et Léonce Koné. En dépit de tout cela, la charpente du parti a tenu, et son
dynamisme est toujours là. C’est pourquoi, je suis optimiste pour le scrutin du 22 novembre en ce qui concerne le CDP.

Nous sommes à environ un mois de l’élection présidentielle, quelle appréciation faites-vous des différentes candidatures validées ?

Je pense que ces candidatures sont aussi valables les unes que les autres. Bien sûr, comme je soutiens Eddie Komboïgo, donc je vous dirai d’emblée que le meilleur candidat c’est lui. Il est jeune, il a de la tenue, il a de l’énergie, il ne traîne aucune casserole, il est populaire, et il est indépendant. Ce sont des ingrédients qui font un gagnant.

Le mardi 18 août 2020, les partis politiques de l’opposition signaient un accord politique pour les élections de novembre 2020 qui prévoit que les partis doivent soutenir celui des leurs qui arriverait au second tour (à la présidentielle). Que pensez-vous de cet accord, et croyez-vous que ces partis respecteront leurs engagements ?

En septembre 1957, il y a eu quelques accords du même genre, notamment, entre Joseph Conombo, Nazi Boni et Gérard Kango Ouédraogo pour créer le
MDV et faire chuter Ouezzin Coulibaly, mais aucun accord n’a atteint l’envergure de celui qui vient d’être conclu. Il est unique dans l’histoire politique du Burkina Faso. Cet accord clarifie la scène du jeu politique. Mais, il faut rester vigilant et prudent. D’abord, parce que la scène politique burkinabè est constamment mouvante dans notre pays. Ensuite, il faut savoir jusqu’où tient la discipline des militants à la base, et quelle est l’autorité réelle que les Directions nationales des partis exercent sur leurs structures dans les provinces. Or, cette discipline peut être toute relative et incertaine. D’ores et déjà, selon les informations qui se propagent, des sections provinciales d’un parti d’opposition que je ne nommerai pas ont passé des accords avec le MPP, ou avec des partis de l’Alliance de la majorité dans certaines provinces. Aucun accord politique n’est taillé dans du marbre, dans des pays où l’unique chose partagée par le plus grand nombre est la survie.

Mais pensez-vous que s’il y a un second tour, ils respecteront leurs engagements ?

S’il y a un second tour, je pense que tous respecteront cet accord, car c’est leur unique chance d’exercer le pouvoir. Le respect de l’accord sera bénéfique pour toute l’opposition. Beaucoup croient et affirment que l’accord ne tiendra pas ; moi je pense le contraire. Le fait d’aller en rang dispersé pour le premier tour peut être un avantage, parce que s’il y a un
second tour, le candidat de l’opposition disposera d’une réserve de voix qu’il pourra récupérer à partir de l’électorat des autres candidats. Mais, comme vous le savez, nous sommes en Afrique. Admettons que Roch Kaboré soit réélu, et qu’il appelle une personnalité d’un parti d’opposition au poste de Premier ministre. Que pensez-vous qu’il va se passer ? Il y a de fortes chances qu’il accepte. Bien sûr, il nous dira que c’est dans l’intérêt du Burkina, et son parti s’enorgueillira d’avoir mis un chef de gouvernement au service de la nation. On l’a vu avec mon frère et compagnon de lutte, Dabiré Christophe, un pur produit du CDP, et avec mon parti, il y aura bientôt deux ans.

Le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), prévoit un coup K.O à l’élection présidentielle du 22 novembre 2020, qu’est-ce que vous en pensez ?

De telles affirmations sont de bonne guerre. Le score que le MPP a eu en 2015 sera très difficile à renouveler, parce que d’abord, le CDP n’avait pas pris part à ces élections, du fait d’une loi inconstitutionnelle et inique. Ensuite, la tenue effective de ces élections était une surprise. A bien réfléchir, on peut penser que le MPP aura du mal à faire le même score. Mais de l’autre côté, un parti qui est au pouvoir pendant cinq ans a toujours une longueur d’avance sur les autres, rien que grâce aux moyens de l’État, sans compter les aides de l’international qu’un chef d’État en exercice a toujours beaucoup de facilité à mobiliser. De ce point de vue, le MPP a des atouts. Un coup KO ? Je suis dubitatif, mais de toute évidence, s’il n’y a pas de second tour, ça sera un coup. Il revient aux partis de l’opposition d’empêcher la survenue du coup KO. Et puis, considération faite du paysage
politique si éclaté du Burkina, il peut y avoir coup, mais certainement pas KO.

Quel commentaire faites-vous sur les démissions en cascades observées ces temps-ci dans les différents partis politiques.

Vous savez, à la veille des élections, tous les partis rencontrent des difficultés dans la confection des listes. C’est le cas cette fois-ci encore. Par exemple, ceux qui avaient des prétentions, et qui se voient écartés d’une liste sont tentés d’aller voir ailleurs. Il y a certains qui tiennent le coup, mais il y en a qui partent. Les crises ne peuvent pas manquer. Il y a trop d’ambitions. Les jeunes pensent aujourd’hui que lorsqu’on veut réussir, il faut créer un parti. Beaucoup parmi eux viennent à la politique pour avoir de l’argent ou des postes. D’autres se voient déjà ministres, au cas où leur champion viendrait à gagner les élections. Je peux vous citer l’exemple d’un jeune qui est venu me demander il y a quelques jours, comment il doit faire pour avoir la démarche d’un ministre ! En tout cas, si vous observez bien, tous les grands partis sont atteints par la saignée.

Que dites-vous sur les démissions récentes au sein de l’Union pour le progrès et le changement, à savoir celle du 1er vice-président, Nathanaël Ouédraogo, et Justin Compaoré, 5e vice-président du parti ?

Je ne commente jamais les faits de démission au sein d’un parti autre que le mien. Mais aucune démission n’est intéressante pour un parti. Certaines démissions peuvent cependant avoir un caractère salutaire parce qu’elles clarifient la situation. Elles sont parfois nécessaires pour cette raison. De ce
point de vue, les choses peuvent être plus claires pour Zéphirin Diabré et l’UPC. Mais de l’autre côté, les démissions laissent toujours des traces. Les problèmes de positionnement sur les listes pour les élections frappent tous les partis. Il faut aussi observer qu’il existe des figures emblématiques dans
chaque parti politique. Elles sont de véritables symboles. Et le parti doit savoir gérer leur cas avec prudence. Je n’aimerais pas être à la place des
leaders politiques à la tête des partis actuellement, parce que souvent, ils
sont en face de choix difficiles à certains moments.

Le contexte national est actuellement marqué par une crise sécuritaire sans précédent, avec ses conséquences désastreuses, et du coup, la cohésion sociale s’en trouve menacée avec des crises communautaires. Quel est votre point de vue sur cette question ?

Vous savez, à tout point de vue, le pays n’était pas préparé à affronter cette situation. Et ce qui est inquiétant, c’est qu’il n’y a pas de véritables perspectives actuellement. C’est précisément maintenant qu’il nous faut le plus de cohésion possible dans le pays, pour faire face à l’ennemi. Or, c’est le contraire qui se produit. Les terroristes parviennent à monter les communautés les unes contre les autres, dès lors qu’une communauté peut soupçonner une autre d’être partie prenante au jeu de la déstabilisation. Il faut tenir bon. Pour la gestion de la crise terroriste, quoi qu’on dise, le G5 Sahel doit jouer un rôle important. Il sera extrêmement difficile, à court
terme, de vaincre les terroristes sans l’implication de l’Algérie. Certes, nous finirons par vaincre, mais la lutte sera longue, avec beaucoup de dégâts. Dans ces conditions, il faut mettre en place un système de coopération avec l’Algérie. Les Algériens sont la clé de beaucoup de problèmes dans de pareilles situations. Ils ont l’expérience dans la lutte contre le terrorisme, ils ont un système de renseignement performant, et disposent d’une armée puissante. À cela, on doit ajouter la position géopolitique de l’Algérie.

Quelle est votre opinion sur ceux qui proposent qu’on négocie avec les terroristes ?

Nul ne peut être contre la négociation par principe. Mais quelques questions sont incontournables. Nous allons négocier avec qui ? Que voulez vous négocier ? Vous voulez qu’on négocie l’application de la charia dans notre pays ? Est-ce que nous allons négocier pour savoir s’il faut interdire l’école aux filles ? Allons-nous négocier pour accepter l’arabe comme la langue d’enseignement ? Personne n’est contre la négociation, mais il faut
savoir de quoi on parle. Si la négociation consiste simplement à atténuer certaines exactions, là, il y a des possibilités. Mais pour le reste, notamment, les questions de fond, je ne vois pas sur quoi on négocierait.

Que pensez-vous de la situation en Côte d’Ivoire ?

On n’entend plus parler que de la Côte d’Ivoire et de la Guinée ces temps-ci. Mais, les deux situations, malgré les apparences, ne sont pas comparables. Sur ce plan, je me démarque de la plupart des analystes. Alassane Dramane Ouattara est celui qui a relevé la Côte d’Ivoire et l’a reconstruite. Qui aurait parié en 2011 que la Côte d’Ivoire aurait retrouvé ses marques et son dynamisme économique en quelques années ? Souvenez-vous, au cœur de la grave crise que le pays traversait entre 2001 et 2002, on pronostiquait que la Côte d’Ivoire mettrait au moins deux décennies pour se relever. La
reconstruction a été spectaculaire, il faut l’admettre.

Beaucoup soulèvent la question de la légalité de la candidature d’Alassane Dramane Ouattara à la Présidence.

Il y a trop de confusions et d’approximations à ce sujet. Cette candidature est parfaitement constitutionnelle. Car, la loi fondamentale ivoirienne actuelle est bien une nouvelle Constitution. Si l’on avait procédé à une simple révision de la Constitution, le reproche qu’on fait au Président
Ouattara se justifierait. Mais on ne peut pas lui appliquer une règle posée par une Constitution qui n’existe plus. Il faut enfin considérer les circonstances spéciales qui ont amené le Président Ouattara à reconsidérer sa position, et à vouloir se présenter, alors qu’il s’était publiquement engagé à ne pas le faire. J’ai suivi étroitement l’évolution de cette affaire depuis le début. N’eût été la disparition du Premier ministre, il ne l’aurait absolument pas fait. Le président ivoirien n’est pas le genre d’homme à se dédire. Mais, il sait bien qu’au RHDP, il est la seule personnalité à pouvoir battre Henri Konan Bédié à une élection comme celle-là. Vous savez, en Côte d’Ivoire, il faut toujours compter avec le facteur de la géopolitique interne. L’élection du 31 octobre 2020 à venir aura lieu, et Alassane Dramane Ouattara succèdera sans doute à lui-même.

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Salifou OUEDRAOGO
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